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Bibliographie générale
Sources de chaque cours, telles que vérifiées au corpus (RAG Weaviate, certitudes
indiquées) ou signalées « non indexées — à vérifier ». La méthode de la série : aucune citation
textuelle qui ne vienne d'un passage vérifié ; tout le reste est de la paraphrase prudente,
marquée comme telle dans le cours lui-même.
Saison 1 — Liminaire : carte, méthode, lexique mondial
- Catriona Mackenzie, Wendy Rogers, Susan Dodds (dir.), Vulnerability: New Essays in Ethics and Feminist Philosophy (Oxford University Press, 2014) — introduction : dérivation depuis vulnus (« wound ») et « the capacity to suffer that is inherent in human embodiment » ; « To be vulnerable is to be fragile, to be susceptible to wounding and to suffering » ; Fineman (2008, p. 8) : « a universal, inevitable, enduring aspect of the human condition » ; Turner : « an organic propensity to disease and sickness » ; Butler (2009, p. 31) : « The body is constitutively social and interdependent » ; Butler (2004) : « We come into the world unknowing and dependent… » ; structure triadique « x is susceptible to y being inflicted by z », exemple du caillou et de l'artefact ; les trois zones de débat (care : Held, Kittay, MacIntyre, Nussbaum, Goodin ; bioéthique : UNESCO 2005, Commission européenne, Kemp 1999 : « those whose autonomy or dignity or integrity are capable of being threatened ») ; synonymes « defenseless, liable, imperfect… » (Schroeder & Gefenas 2009, p. 114) et définition du New Oxford Dictionary. (Vérifié au RAG, cert. 0,81-0,85.)
- Wendy Rogers, « Vulnerability and Bioethics » (chap. 2 du même volume) — « Vulnerability is a key concept in bioethics » ; « Research ethics guidelines identify the need for protection of vulnerable participants » ; les deux conceptions (« two conceptions of vulnerability at work » : « universal vulnerability » / « contextual factors ») ; « an ontological feature of embodied existence » / « a characteristic that arises in specific contexts, affecting some more than others » ; origine des codes (Nuremberg) ; « lack of conceptual clarity… leads to confusion about who the vulnerable are and what duties are owed them » ; littérature « critical of the way that vulnerability is conceived and used in research ethics ». (Vérifié au RAG, cert. 0,84-0,85.)
- Judith Butler, Precarious Life (2004) — discussion d'Agamben : « We are all potentially exposed to this condition » (vie nue) ; réplique de Butler : « such general claims do not yet tell us how this power functions differentially, to target and manage certain populations » ; la souveraineté différenciant les populations selon l'ethnicité et la race ; la déréalisation de l'humanité des sujets ; la détention indéfinie. (Vérifié au RAG, cert. 0,80.)
- Non indexés, signalés dans le cours : attestations latines de vulnerabilis (Gaffiot, Thesaurus Linguae Latinae — valeur active chez Sidoine Apollinaire à vérifier) ; absence d'entrée dans le Lalande (à vérifier sur édition) ; chronologie d'usage moderne (registres militaire, assurantiel, épidémiologique) ; Gilson ; Mackenzie & Stoljar, Relational Autonomy (2000) ; Held (1987), Kittay (1999), Goodin (1985), MacIntyre (1999), Nussbaum (2006), Fineman (2008), Turner (2006), Kemp (1999) en texte original (cités ici uniquement via le volume de 2014) ; généalogie néolibérale élargie (hypothèse de lecture).
- Martha Nussbaum, The Fragility of Goodness: Luck and Ethics in Greek Tragedy and Philosophy (1986), ch. 1 « Luck and ethics » — « the aspiration to make the goodness of a good human life safe from luck through the controlling power of reason » ; la définition de la fortune (luck/tukhē) : « what does not happen through his or her own agency, what just happens to him, as opposed to what he does or makes » ; le débat avec Bernard Williams (la poursuite de l'autosuffisance « bizarre », les problèmes tragiques qui ont « disparu » de l'œuvre des philosophes) ; la citation de Nietzsche relayée par Williams (« Among the greatest characteristics of the Hellenes is their inability to turn the best into reflection ») ; la réponse de Nussbaum : continuité tragédie-philosophie, Platon voyant les problèmes de l'exposition « so clearly that only a radical solution seems adequate to their depth », le coût reconnu (« giving up much of human life and its beauty, as we empirically know it »), l'autocritique du dernier Platon, l'autosuffisance aristotélicienne « appropriate to a limited human life », « the Greeks did, pace Nietzsche, turn their best into reflection ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,77-0,78.)
- Martha Nussbaum, The Therapy of Desire: Theory and Practice in Hellenistic Ethics (1994) — les passions comme jugements (« not blind surges of affect… intelligent and discriminating elements of the personality… modified by the modification of belief ») ; l'« extirpation totale » stoïcienne ; la philosophie établissant « its own practical sovereignty » en montrant qu'elle peut guérir ; Lucrèce : l'angoisse ténèbre de l'âme, la philosophie sa lumière, les aurea dicta qui « set to flight the terrors of the mind ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,81.)
- Catriona Mackenzie, Wendy Rogers, Susan Dodds (dir.), Vulnerability: New Essays in Ethics and Feminist Philosophy (2014), chapitre bioéthique — la liste des « populations vulnérables » (forces armées, personnes âgées, résidents de maisons de retraite, bénéficiaires de l'aide sociale, chômeurs, patients des urgences, sans-abri, nomades, réfugiés, malades incurables, « individuals who are politically powerless ») ; « not many potential research participants are not classified as vulnerable » ; le concept « so broad as to be meaningless » ; « Lumping people together under the vulnerability label can stereotype whole groups as incapable of caring for their own needs or of being self-determining » ; les « unwarranted and unjust paternalistic policies » ; Hurst (2008) sur le défaut de guidage de l'action. (Vérifié au RAG, cert. ~0,80-0,83.)
- Non indexés, signalés dans le cours : Euripide (Les Troyennes, 415 av. n. è. — saison 2), le Therīgāthā (saison 4), formulations coraniques et soufies (Coran 4,28, faqr — saison 6), correspondance Descartes-Élisabeth, Valladolid (Las Casas/Sepúlveda), Wollstonecraft (Vindication, 1792) (saison 7), Spivak (« Can the Subaltern Speak? »), littérature critique sur les lectures de Nussbaum.
- Therīgāthā, traduction anglaise indexée au corpus sous le titre Psalms of the Sisters — glose de « Signless » : « I am free from all attachment to anything 'marked' as impermanent, evil, or having a soul » (les trois marques) ; Dantikā (l'éléphant au sortir du bain, « I saw the untamed tamed, I saw him bent / To master's will ») ; Muttā (fille d'un brahmane pauvre, mariée à un brahmane bossu, quitte le monde). (Vérifié au RAG, cert. ~0,73-0,74. Citations données en traduction française nôtre depuis l'anglais du corpus.)
- Emmanuel Levinas, Autrement qu'être ou au-delà de l'essence, chapitre « L'Exposition » — « Elle s'attachera à la proximité que signifie la vulnérabilité » ; « la passivité la plus passive, l'inassumable — subjectivité ou sujétion même du sujet » ; « Maternité, vulnérabilité, responsabilité, proximité, contact » ; « L'exposition à autrui est désintér-essement ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,80-0,81 ; accents restitués depuis l'OCR du corpus.)
- Mackenzie, Rogers, Dodds (dir.), Vulnerability: New Essays in Ethics and Feminist Philosophy (Oxford, 2014) — discussion de la définition de Goodin (1985), « being under threat of harm » ; « while we are all always vulnerable to some degree, we are not always dependent » ; « Both vulnerability and dependence are inherent features of human existence arising from our embodiment, neediness, and social and affective natures » ; vulnérabilité pathogène et critique de Fineman ; recoupement avec l'« institutional precariousness » de Turner (2006). (Vérifié au RAG, cert. ~0,81.)
- Mencius, Meng Tzeu, trad. Séraphin Couvreur (Les Quatre Livres, 1895) — 2A.6, « sentiment de crainte et de compassion » (ceyin zhi xin). (Vérifié au RAG — sourçage complet dans S5c2.)
- Non indexés, signalés dans le cours : Homère (Iliade — Achille, absence du talon magique) ; Aristote, Éthique à Nicomaque et Rhétorique (requête « passions de l'âme, crainte, pitié » sans résultat au corpus) ; Cicéron, Sénèque (fragilitas) ; attestations tardives de vulnerabilis ; Daodejing 76 ; Coran 4, 28 ; tradition soufie du faqr ; Motoori Norinaga (mono no aware) ; lexicographie allemande (Verletzlichkeit / Verwundbarkeit) ; Judith Butler (precariousness / precarity, Frames of War) ; Said (orientalisme).
- Mackenzie, Rogers, Dodds (dir.), Vulnerability: New Essays in Ethics and Feminist Philosophy, Oxford University Press, 2014 — Introduction : les deux réponses à « What is vulnerability? » et l'association critiquée avec « victimhood, deprivation, dependency, or pathology » ; « We propose a taxonomy of three different sources… and two different states » ; « Inherent vulnerability refers to sources of vulnerability that are intrinsic to the human condition… our corporeality, our neediness, our dependence on others, and our affective and social natures » ; « These two sources… are not categorically distinct » ; « ultimately all vulnerability is experienced in the body » ; « it is because we are beings of flesh and blood… » (Butler, Turner) ; « Both inherent and situational vulnerability may be dispositional or occurrent » ; « more than ordinarily vulnerable ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,78-0,83.)
- Même introduction — vulnérabilité pathogène : Goodin 1985, p. 203 (« all those morally unacceptable vulnerabilities and dependencies which we should, but have not yet managed to, eliminate ») ; « a response intended to ameliorate vulnerability has the paradoxical effect of exacerbating existing vulnerabilities or generating new ones » ; l'exemple des personnes avec déficiences cognitives exposées aux abus de leurs soignants ; « A key feature of pathogenic vulnerability is the way that it undermines autonomy or exacerbates the sense of powerlessness » ; recoupement avec Turner 2006 (« dynamic and dialectical relationship between institutional precariousness and ontological vulnerability », p. 32) ; le cas Ali (demandeur d'asile en rétention : sources situationnelles, aggravation pathogène par les politiques d'accueil, distinction dispositionnel/occurrent appliquée à la maladie mentale) ; soutien au revenu des mères isolées vs vaccination ; vulnérabilité comme signal d'obligations plutôt que source (seconde réponse jugée plus plausible). (Vérifié au RAG, cert. ~0,78-0,83.)
- Mackenzie, chapitre 1 du même volume : discussion de Fineman (2008, 2010, « vulnerability analysis of citizen–state relations », le rôle de l'État) ; « coercive or objectionably paternalistic social relations, policies, and institutions… compound rather than ameliorate the vulnerability of the persons or groups they are designed to assist » ; « prevailing cultural conceptions of autonomy as self-sufficient independence are misguided » ; autonomie relationnelle ; Anderson 1999, p. 316 (« necessary for functioning as an equal citizen in a democratic state ») ; capabilités, « corrosive disadvantage », déficits composés, l'exemple du sans-abrisme comme produit de réponses pathogènes ; critiques de Goodin par Walker et Kittay (renvoi au chapitre 7 de Dodds). (Vérifié au RAG, cert. ~0,81-0,83.)
- Non indexés, signalés dans le cours : Fineman 2008 et 2010 (textes originaux — restitués via la discussion de Mackenzie), Goodin 1985 et Turner 2006 (hors les citations reprises dans le volume), Butler (Precarious Life, Frames of War — cours S10c5), les textes réglementaires de la bioéthique (Belmont, CIOMS), Florencia Luna (couches de vulnérabilité), Kittay (Love's Labor — cours S9c6).
- Emmanuel Levinas, Autrement qu'être ou au-delà de l'essence (Martinus Nijhoff, 1974), chapitre « L'Exposition », section « Vulnérabilité et contact » — « La sensibilité est exposition à l'autre… plus passive encore : comme une inversion du conatus de l'esse, un avoir-été-offert-sans-retenue, ne trouvant pas de protection dans une quelconque consistance ou identité d'état » ; « le pour-l'autre de sa propre matérialité » ; « non pas don du cœur, mais du pain de sa bouche, de sa bouchée de pain » (avec Isaïe 58) ; « Maternité, vulnérabilité, responsabilité, proximité, contact » ; « obsession par la responsabilité pour l'opprimé autre que moi » ; « la proximité que signifie la vulnérabilité ». (Vérifié au RAG, cert. 0,84-0,85 ; coquilles OCR de l'édition numérisée silencieusement corrigées.)
- Judith Butler, Precarious Life (Verso, 2004), « Violence, Mourning, Politics » — « By insisting on a "common" corporeal vulnerability, I may seem to be positing a new basis for humanism » ; « A vulnerability must be perceived and recognized in order to come into play in an ethical encounter… » ; la reconnaissance qui « change le sens et la structure de la vulnérabilité elle-même » ; la vulnérabilité « toujours articulée différemment… hors d'un champ différencié de pouvoir » ; « une version de Hegel… mais aussi un départ ». (Vérifié au RAG, cert. 0,79.)
- Mackenzie, Rogers, Dodds (dir.), Vulnerability: New Essays in Ethics and Feminist Philosophy (OUP, 2014) — l'opposition réponse ontologique / réponse situationnelle ; le résumé de Goodin 1985 (susceptibilité relationnelle, capacité moindre de se protéger) ; l'étiquetage (« discrimination, stéréotypes, interventions paternalistes injustifiées ») ; la critique de Fineman (autonomie et vulnérabilité non oppositionnelles) ; le chapitre handicap (vulnérabilités spéciales comme « manifestations » de la condition commune ; « gérer plutôt qu'éradiquer »). (Vérifié au RAG, cert. 0,82.)
- Non indexés, signalés : Goodin, Protecting the Vulnerable (1985) ; Fineman, « The Vulnerable Subject » (2008) — tous deux cités via MRD ; Hegel (reconnaissance, S7c10/S9c10) ; Spinoza (conatus — au corpus mais non requis ici).
- Mackenzie, Rogers, Dodds (dir.), Vulnerability: New Essays in Ethics and Feminist Philosophy (OUP, 2014) — introduction : la critique de la personne libérale (« fails to acknowledge the inevitable primary dependency on others that is a condition of embodied human existence ») ; le refus de rejeter l'autonomie tout court (importance de l'autodétermination pour les groupes dominés) ; l'échafaudage social de l'autonomie (confiance en soi, respect de soi, préférences adaptatives) ; définition des conceptions relationnelles contre les modèles atomistes (« the cognitive and practical conditions of possibility »). (Vérifié au RAG, cert. 0,82-0,84.)
- Catriona Mackenzie, chapitre « Relational Autonomy and Capabilities » (même volume) — l'accord/désaccord avec Fineman (« the rhetoric of individual autonomy… functions to mask social injustice » ; l'autonomie comme capacité ET statut, « crucial for a flourishing life ») ; la grille du paternalisme répréhensible (surveillance ciblée, non-consultation, visée du risque social) et les « pathogenic forms of vulnerability » ; les protections non paternalistes (capabilités, citoyenneté égale) ; Smiley contre la définition millienne (restreindre vs violer la liberté). (Vérifié au RAG, cert. 0,80-0,82.)
- Eva Feder Kittay, Love's Labor (Routledge, 1999/2020) — la dependency critique : citation de Rawls (« Equal justice is owed to those who have the capacity… ») ; « masks the inevitable dependencies and asymmetries that form part of the human condition » ; « a pie composed of the dreams and aspirations of men is not sufficiently nourishing » ; le travail de dépendance qui « makes one vulnerable to domination » ; « the independent individual is always a fictive creation of those men sufficiently privileged to shift the concern for dependence onto others ». (Vérifié au RAG, cert. 0,84-0,85.)
- Non indexés, signalés : Rawls, Théorie de la justice (cité via Kittay) ; Mackenzie & Stoljar, Relational Autonomy (2000) ; Fineman 2008/2010 ; Mill ; Smiley 1989 ; Walker 1998 (naturalisation des responsabilités).
- Mackenzie, Rogers, Dodds (dir.), Vulnerability (OUP, 2014) — chapitre Mackenzie : le Northern Territory National Emergency Response Act 2007 (« invokes the vulnerability of children in remote indigenous communities to justify coercive forms of state paternalism ») ; le « vulnerable adult » britannique (Dunn, Clare & Holland) ; les critères de Smiley (auto-imposition, universalité, conditions de la liberté, responsabilité publique) ; les protections paternalistes créant des « pathogenic forms of vulnerability » ; l'analyse de Fineman qui « unsettles the contrast » entre les autres vulnérables et les citoyens prétendument invulnérables. (Vérifié au RAG, cert. 0,82-0,84.)
- Judith Butler, Precarious Life (Verso, 2004) — Daniel Pearl (« His story takes me home and tempts me to stay there. But at what cost do I establish the familiar as the criterion by which a human life is grievable? ») ; les schèmes normatifs d'intelligibilité (« what will be a livable life… a grievable death ») ; les deux pouvoirs normatifs : identification du visage à l'inhumain / effacement radical (« no image, no name, no narrative, so that there never was a life, and there never was a death ») ; « establish modes of public seeing and hearing ». (Vérifié au RAG, cert. 0,78-0,79.)
- Martha Nussbaum, The Fragility of Goodness (CUP, 1986, éd. révisée) — préface : ce que la philosophie contemporaine gagne à la tragédie ; « some human values simply open the human being to risk… at the mercy of luck » ; chapitre 1 « Luck and ethics » : l'aspiration à être libre de la fortune comme « deep part of humanness » en « complex tension » ; les trois questions du livre, les biens extérieurs « as ends in themselves ». (Vérifié au RAG, cert. 0,81-0,83.)
- Non indexés, signalés : Gilson, The Ethics of Vulnerability (2014 — argument restitué, à sourcer) ; Smiley 1989, Altman 2010, Dunn-Clare-Holland 2008 (via MRD) ; Williams/Nagel (moral luck) ; Mahmood (S10c8).
- Catriona Mackenzie, Wendy Rogers, Susan Dodds (dir.), Vulnerability: New Essays in Ethics and Feminist Philosophy (Oxford University Press, 2014) — la critique de l'étiquetage : la liste des « populations vulnérables » (« members of the armed forces or police; elderly persons; residents of nursing homes… members of communities unfamiliar with modern medical concepts ») ; « not many potential research participants are not classified as vulnerable » ; le concept « becomes so broad as to be meaningless », il « obscures rather than enables the identification of the context-specific needs of particular groups ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,85.)
- Mackenzie, Rogers, Dodds (dir.), Vulnerability — la vulnérabilité pathogène : « Pathogenic vulnerabilities may also arise when a response intended to ameliorate vulnerability has the paradoxical effect of exacerbating existing vulnerabilities or generating new ones » ; l'exemple des personnes en situation de handicap cognitif exposées « to sexual abuse by their carers » ; la vulnérabilité pathogène comme ce qui « undermines autonomy or exacerbates the sense of powerlessness ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,80.)
- Judith Butler, Precarious Life: The Powers of Mourning and Violence (Verso, 2004) — la vie pleurable : « the conditions under which a grievable life is established and maintained, and through what logic of exclusion, what practice of effacement and denominalization » ; Daniel Pearl (« His is a familiar name, a familiar face… ») et « at what cost do I establish the familiar as the criterion by which a human life is grievable? » — le visage : « the paradigmatically human is understood to reside outside the frame… not the one [to] which you are asked to identify » ; « we have to ask what scenes of pain and grief these images cover over and derealize ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,78.)
- Non indexés, signalés dans le cours — (à vérifier sur les éditions avant tout usage) : Arthur Kleinman (la distinction disease / illness, les « explanatory models », le récit du malade comme savoir) ; Veena Das (la douleur qui demande reconnaissance plutôt qu'explication, le deuil dans le quotidien, les violences de la Partition) ; Nancy Scheper-Hughes (les mères des bidonvilles du Brésil, le retrait du deuil comme condition de survie) — thèses restituées de mémoire, non retrouvées au RAG. Traditions sans texte, conceptuellement évoquées et non indexées : oralités griotiques ouest-africaines, traditions amérindiennes, traditions océaniennes — aucune source ethnographique spécialisée n'a été vérifiée ici. Boucles internes à la série, non indexées : S1c2 (l'histoire écrite par les invulnérables), S1c4 (les taxonomies Mackenzie-Rogers-Dodds), S1c7 (le paradoxe de la valorisation), et l'ouverture de la Saison 2 (la Grèce). (Tous non indexés au corpus — à vérifier.)
Saison 2 — Grèce : finitude, pathos, fragilité du bien
- Homère, Iliade, trad. Leconte de Lisle (1866) — chant V (la pierre de Diomède : « là où le fémur tourne dans le cotyle… une nuit noire couvrit ses yeux » ; Aphrodite enveloppant Énée « des plis de son péplos éclatant ») ; chant XVI (reproche de Patrocle : « tu es implacable !… La mer bleue t'a enfanté et ton âme est dure comme les hauts rochers » ; les chefs blessés) ; chant XVIII (« Je mourrai donc… », Héraclès dompté par la Moire, « ployons notre âme à la nécessité », « inutile fardeau de la terre », la colère « plus douce que le miel liquide ») ; chant XIX (reprise de « soumettons notre âme à la nécessité », dépôt de la colère) ; chant XXIV (Priam : « plein de pitié pour cette tête et cette barbe blanche », « le deuil ne nous rend rien », les deux tonneaux au seuil de Zeus, Pélée comblé et frappé). (Vérifié au RAG, cert. 0,74-0,77.)
- Martha Nussbaum, The Fragility of Goodness (CUP, 1986, éd. révisée), préface — l'objet du livre (l'écart entre bonté et vie florissante, eudaimonia) ; Socrate : « a good person cannot be harmed » comme « étape dans un débat anxieux » sur la fortune (Ve-IVe siècles, poètes et philosophes) ; « a book about disaster » ; le retour contemporain à la littérature pré-platonicienne ; Williams, « the subtlest modern champion of the tragic poets ». (Vérifié au RAG, cert. 0,75-0,76.)
- Non indexés, signalés : Stace, Achilléide (légende du talon, tardive) ; Bernard Williams, Shame and Necessity (controverse instruite en S2c3) ; Platon, Apologie 41d (la sentence socratique — Platon partiellement au corpus, passage à vérifier au moment de S2c5).
- Martha Nussbaum, The Fragility of Goodness (CUP, 1986, éd. révisée) — ch. 1 : « A raw sense of the passivity of human beings… a response of both horror and anger at that passivity » ; « the belief that reason's activity could make safe, and thereby save, our human lives » ; « this splendid and equivocal hope » (la raison gouvernant le reste, « saving the whole person from living at the mercy of luck ») ; interlude 2 : la théorie des émotions (« composite of a feeling… and a particular type of belief » ; « anger… the belief that one has been wronged » ; « the belief is the ground of the feeling » ; émotions « rational or irrational, "true" or "false" ») ; la tukhē « interne » des passions ; ch. 11 : la corruption du désir (« It takes a long time to restore to the slave a free person's sense of dignity and self-esteem… ») ; ch. 12 : la critique de l'application aristotélicienne aux femmes (« …the sustained care that he devoted to the lives and bodies of shellfish »). (Vérifié au RAG, cert. 0,79-0,84.)
- Aristote, Éthique à Nicomaque, trad. Thurot (1823), livre III — le courage distingué de la colère ; les formules homériques (« La colère redouble ses forces », « Son sang bouillonne ») ; l'âne affamé. (Vérifié au RAG, cert. 0,78.)
- Non indexés, signalés : Aristote, De l'âme et Rhétorique II (lecture serrée en S2c6 — à ingérer, trad. DP disponibles) ; les vers homériques cités par Aristote (non localisés dans notre Iliade Leconte de Lisle) ; présocratiques (voix moyenne, pathos cosmologique).
- Sophocle, Œdipe Roi, trad. Leconte de Lisle (1877) — le récit du messager : Jocaste pendue, les agrafes d'or, « ses prunelles saignantes coulaient sur ses joues… comme une pluie noire, comme une grêle de sang » ; « L'ancienne Félicité était ainsi nommée de son vrai nom ; mais, à partir de ce jour, rien ne manque de tous les maux qui ont un nom ». (Vérifié au RAG, cert. 0,72.)
- Sophocle, Antigone, trad. Leconte de Lisle — le débat des sœurs (Ismène : « Il faut penser que nous sommes femmes… soumises à ceux qui sont les plus forts » ; Antigone : « Ayant commis un crime pieux… j'aurai plus longtemps à plaire à ceux qui sont sous terre ») ; le rapport du gardien (« entièrement couvert d'une poussière légère afin d'échapper à toute souillure ») ; la lamentation au sépulcre (« Ô sépulcre ! ô lit nuptial !… vierge, sans hyménée », l'argument du frère irremplaçable). (Vérifié au RAG, cert. 0,72-0,73.)
- Martha Nussbaum, The Fragility of Goodness — pathei mathos (Agamemnon 177, 250) : « hard cases… may bring progress along with their sorrow » ; Néoptolème (« does not know what it is to respect another person's pain until he, too, is made to cry in pain ») et Admète (« Now I understand ») ; contre la lecture instrumentale (« trivialize the poets' claim against the (anti-poetic) philosophers ») ; la littérature comme « extension of our experience » (contexte Alcibiade) ; l'essai final : « metaphysical resignation would be relatively good news… we are as culpable as Zeus in the Trachiniai… As Philoctetes knew, pity means action ». (Vérifié au RAG, cert. 0,79-0,80.)
- Non indexés, signalés : Eschyle, Agamemnon (à ingérer — trad. Leconte de Lisle DP) ; Sophocle, Philoctète ; Euripide, Alceste ; Aristote, Poétique (hamartia) ; Hegel (lecture de l'Antigone — S7c10).
- Euripide, Les Troyennes, trad. Artaud — prologue et thrène d'Hécube (« Ma voix, semblable à celle d'un oiseau plaintif… », « Il y a aussi un charme pour les malheureux à faire retentir leurs plaintes ») ; le partage des captives (« comme le lot qui lui revient ») ; Talthybius à Andromaque (« montre ta sagesse en te résignant… songe à ta faiblesse… tu obtiendras des Grecs un traitement plus doux ») ; le débat Andromaque-Hécube (« Ne pas naître équivaut à mourir… », « l'autre a encore l'espérance ») ; Astyanax précipité, enseveli dans le bouclier d'Hector (« pour que tu le couvres de voiles et de couronnes, autant que tu en as le pouvoir dans ta présente fortune ») ; finale (« pourquoi invoquer les dieux ? depuis longtemps ils n'entendent plus », l'élan vers le bûcher, « Troie n'existe plus »). (Vérifié au RAG, cert. 0,73-0,80.)
- Martha Nussbaum, The Fragility of Goodness — lecture des Troyennes 1158-1207 (le deuil d'Hécube comme délibération : « proper response… can be just as much a virtuous act as a big heroic deed » ; « Narrowing the scope for movement does not always remove the opportunity for excellent perception ») ; valeurs « distinctes et incommensurables », sans « échelle de mesure » ; chapitre Hécube : « good character is a firm and stable thing » (illusion initiale), le passage des sols (« the noble anything but noble »), « It was Hecuba's very strength… her unsuspicious faith » ; contre Nietzsche sur la vengeance (« the most sustained and remarkable » mais aveugle aux nobles) ; « Neither of them could endure to be human, with the openness to risk that that condition requires ». (Vérifié au RAG, cert. 0,80-0,81.)
- Non indexés, signalés : Sappho (fragments — à ingérer) ; Thucydide V (Mélos) ; Euripide, Hécube (la pièce — à ingérer pour S2 mise en série) ; Nietzsche (Généalogie — au programme de S6c9/S8c2).
- Martha Nussbaum, The Fragility of Goodness (CUP, 1986, éd. révisée), chapitre sur le Banquet (« The speech of Alcibiades ») — l'uniformité de la beauté dans l'enseignement de Diotime : la beauté d'Alcibiade distincte de celle de Socrate « not qualitatively, but only in terms of contingent spatio-temporal location (and perhaps in quantity as well) » ; la révélation pour l'initié au-delà de ce que Socrate comprendrait seul (209E5-210A2, via Nussbaum) ; le guide « correct » (210A6-7) ; « the beauty in any one body is family-related (adelphon) to the beauty in another body… it is great mindlessness not to consider the beauty of all bodies to be one and the same » (210A-B). (Vérifié au RAG, cert. ~0,81.)
- Nussbaum, ibid. — le cadre du projet : « personal affection may not be in control of its world. We turn now to the speech that attempts to restructure that world, making it safe for practical reason » ; Socrate rapportant l'enseignement d'une femme, d'abord « dubious about its truth » (208B), convaincue « like a perfect sophist » ; « it took an external intervention to convince him that clinging to certain beliefs required abandoning others. Without this, he might have continued living with incompatibles, not seeing how they clash. » (Vérifié au RAG, cert. ~0,81.)
- Nussbaum, ibid., chapitre Protagoras / continuité — la « réceptivité érotique » de Socrate à « the particularity of a single bodily individual » ; « such everyday eroticism will figure in his Symposium speech only as an unacceptable way of living that philosophy helps us to avoid » ; l'ascension « promised freedom from the slavish love of unpredictable individuals » ; la beauté de la sagesse « more beautiful » que le charme d'Alcibiade, « along a single quantitative scale » — « a crucial feature both of the Protagoras science of measurement and of the Symposium ascent, and a salient element of continuity between them » ; l'inversion ultérieure des rôles amant/aimé entre Socrate et Alcibiade. (Vérifié au RAG, cert. ~0,81.)
- Nussbaum, ibid., chapitre « Madness, reason, and recantation in the Phaedrus » — l'amant de l'ascension « was, like Creon, a hunter, out to immobilize the beauty of his object (203D), a master of devices and stratagems » ; l'imagerie végétale, « the receptivity and growth of the entire soul » ; « the growing wings belong to the soul as a whole » ; « the person feels no gap between thought and passion, but, instead, a melting unity of the entire personality » ; « it may happen only once in a lifetime » ; la recherche sans garantie, comme les créatures d'Aristophane ; « warm and wet and illuminated all at once, everywhere » ; « instead of being like a dry beam of light looking upon dry light, he receives a mysterious substance ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,81 ; les renvois Stéphanus du chunk présentent des coquilles d'OCR — 232c pour 251c, 262E pour 252E probablement — donnés ici avec réserve.)
- Nussbaum, ibid. — la motivation de l'ascension : « considerations of truth are very closely interwoven… with motivational appeals based on need. The ascent is true; but it requires us to sacrifice "truths" that we deeply know » ; « the deep demand of our nature… for self-sufficient love » ; l'accord avec Aristophane sur « the misery and the irrational tumult of personal erotic need » (« we would willingly give up everything else, even health, even life ») ; « Such a life is not "livable"; we must find another way. Instead of flesh and all that mortal rubbish, an immortal object must, and therefore can, be found. Instead of painful yearning for a single body and spirit, a blissful contemplative completeness. It is, we see, the old familiar erōs, that longing for an end to longing. » (Vérifié au RAG, cert. ~0,81.)
- Non indexés, signalés dans le cours : Platon, Banquet (texte primaire — entrée d'Alcibiade, silènes, congé de la flûtiste, degrés supérieurs de l'échelle) et Phèdre (texte primaire — palinodie, attelage ailé) ; Sappho (fragments — toujours à ingérer, cf. S2c4) ; Vlastos (« The Individual as an Object of Love in Plato ») ; A. W. Price ; G. R. F. Ferrari ; C. Rowe ; Plotin ; Augustin ; Freud (sublimation).
- Aristote, Éthique à Nicomaque, trad. Thurot (1823), livre III — les mercenaires (« ayant reconnu leur infériorité, ils prirent la fuite, craignant plus la mort que la honte. Tel n'est pas l'homme d'un véritable courage ») ; « les hommes d'un vrai courage n'agissent que par un sentiment d'honneur ; seulement la colère seconde leur action, ou du moins s'y joint, au lieu que les animaux ne sont touchés que de la douleur ». (Vérifié au RAG, cert. 0,78 — passage distinct de celui exploité en S2c2 : les formules homériques et l'âne affamé, cités là-bas, ne sont pas repris ici.)
- Martha Nussbaum, The Fragility of Goodness (CUP, 1986, éd. révisée) — méthode des phainomena (« Aristotle's announced intention to philosophize within the confines of the phainomena », « connection with language and ordinary belief », « the return to appearances: the role of the competent judge ») ; ch. 9 « Rational animals and the explanation of action » (« a "common explanation" for all animal movements », le modèle platonicien « that isolates intellect from the other faculties of the animal », « a generic conception of desiring. The word orexis ») ; interlude 2 (« the two tragic emotions, pity and fear » ; la tragédie : « a place of honor, attributing to it both motivational and cognitive value » dans la Poétique et la Politique ; les émotions « both as parts of a virtuous character and as sources of information about right actions »). (Vérifié au RAG, cert. 0,83-0,84.)
- Théorie des émotions (composé sentiment-croyance, « the belief is the ground of the feeling », émotions vraies/fausses) : citée intégralement en S2c2 depuis l'interlude 2 — rappelée ici sans recitation.
- Non indexés, signalés — paraphrase sur références Bekker, à vérifier : - Aristote, De l'âme : I, 1, 403a-b (double définition de la colère, logoi enuloi) ; I, 4, 408b11-15 (ce n'est pas l'âme qui s'apitoie, c'est l'homme par l'âme) ; II, 1, 412a-413a (l'âme entéléchie première, l'œil et la vue) ; II, 5, 416b-418a (sentir comme pâtir ; les deux sens de l'altération, 417b2-16) ; II, 12, 424a17-28 (la cire et l'anneau ; la destruction de l'organe par l'excès des sensibles). - Aristote, Rhétorique : I, 2, 1356a (les trois preuves) ; II, 1, 1378a20-23 (définition générale des pathē) ; II, 2, 1378a30-1380a (la colère, les trois espèces de mépris) ; II, 5, 1382a-1383b (la crainte, la phantasia, ceux qui ne craignent pas, la crainte qui fait délibérer) ; II, 8, 1385b13-1386b (la pitié, ses trois clauses, les exclusions symétriques). - Aristote, Éthique à Nicomaque II, 6, 1106b18-23 (le « quand il faut, envers qui il faut, comme il faut ») — seul le livre III est indexé (Thurot). - Aristote, Poétique 1449b (catharsis par crainte et pitié) — évoquée via Nussbaum, non citée. - Littérature secondaire : W. W. Fortenbaugh, Aristotle on Emotion (1975) ; débat cognitivisme/composé (Sorabji, Cooper) — mentionnés sans citation. - Stoïciens (les passions comme jugements, Chrysippe) — anticipation S3, non indexés.
- Aristote, Éthique à Nicomaque, trad. Thurot (1823) — VIII, 1 : « L'amitié est une vertu… il n'est personne qui consentît à vivre privé d'amis, dût-il posséder tous les autres biens » ; le riche et l'indigent ; VIII, 3 : l'amitié parfaite des hommes vertueux (« bienveillance fondée sur le mérite propre… le propre de la vertu, c'est d'être durable »), le modelage réciproque et Théognis ; IX, 9 : l'objection de l'autosuffisance et sa réfutation (« le bonheur consiste dans une certaine activité… qu'on n'en jouit qu'à mesure qu'on l'exerce » ; le miroir : « nous sommes plus capables d'observer ceux avec qui nous vivons… » ; « l'isolement absolu est la source de bien des peines » ; les jours passés ensemble, « à traiter ensemble des questions de philosophie »). (Vérifié au RAG, cert. 0,80-0,81.)
- Martha Nussbaum, The Fragility of Goodness, ch. 11-12 — philoi « the greatest of the external goods » (1169b10) ; un cinquième des deux éthiques ; la traduction de philia par love (mère-enfant paradigmatique, composante passionnelle) ; 1169b3 sqq. (« it is peculiar to make the makarios person a solitary… the human being is a political creature ») ; le critère du livre I (« choiceworthy and lacking in nothing », 1097b14-15) et la conclusion constitutive (« constitutive of, rather than just instrumental to, its self-sufficiency ») ; « Nobody calls Priam eudaimōn » (1100a7-8) ; la définition avec clause externe (1101a14-15) ; Éthique à Eudème VIII, 2 sur la fortune cause du bien-agir. (Vérifié au RAG, cert. 0,79-0,81.)
- Non indexés, signalés : Éthique à Eudème, Magna Moralia (via Nussbaum) ; Théognis ; Cicéron (De amicitia — réception romaine, hors champ).
- Aristote, Éthique à Nicomaque, trad. Thurot (1823), livre III — la crainte : « on définit la crainte, l'attente d'un mal. On craint donc tous les maux, comme le déshonneur, la pauvreté, la maladie, le manque d'amis, la mort » ; les peurs vertueuses (« qu'il est beau de craindre… par exemple, le déshonneur ; car celui qui le craint est un homme estimable, et qui a de la pudeur ; tandis que celui qui le brave est impudent ») ; les généreux « capables de supporter avec beaucoup de fermeté la perte de leur fortune, quoique timides d'ailleurs » ; la mort : « ce qu'il y a de plus terrible, puisqu'elle est la fin de tout… » ; la restriction (« ne soit pas celui qui brave tous les genres de mort : par exemple, dans un naufrage ou dans une maladie » ; « On appellera donc proprement courageux celui qui ne redoute point une mort honorable… ») ; les gens de mer (« il désespère de sa vie, et s'indigne d'une telle mort » ; « Les hommes ont aussi de la fermeté, toutes les fois que la valeur offre quelque ressource, ou lorsque la mort doit être glorieuse ; mais rien de tout cela n'a lieu… ») ; chapitre VII (« ce qui est au-dessus de la force humaine, et que redoute nécessairement toute personne qui n'a pas perdu le sens » ; « Le vrai courage… parce qu'on n'est qu'un homme… par un sentiment d'honneur ; car telle est la fin de la vertu »). (Vérifié au RAG, cert. 0,77-0,78 — passages distincts de ceux exploités en S2c2 (formules homériques, âne affamé) et S2c6 (mercenaires, colère secondant l'action) : aucune recitation.)
- Martha Nussbaum, The Fragility of Goodness (CUP, 1986, éd. révisée), ch. 1 « Luck and ethics » — l'aretē comme plante contre la raison chasseresse : « a kind of human worth that is inseparable from vulnerability, an excellence that is in its nature other-related and social, a rationality whose nature it is not to attempt to seize, hold, trap, and control, in whose values openness, receptivity, and wonder play an important part » ; « the picture of reason as hunter is opposed, criticized, constrained by variants of this other picture, which urge on us the value of just that exposure that métis seeks to eliminate. (This, I believe, is the point that Williams finds in tragedy: the recognition not just of the fact of exposure, but also of its value.) » ; « hunting and trapping are not merely difficult: they are inappropriate aims for a human life ». (Vérifié au RAG, cert. 0,78.)
- Nussbaum, ibid., note sur l'imagerie végétale — tradition de l'image (Hymne homérique à Déméter, Iliade XVIII, Pindare et la tradition épinicienne, Nagy sur plante et lamentation) ; « a picture of human excellence that is unavailable in, and contrasted with, the condition of a self-sufficient or needless being » ; le contraste héraclitéen (article de Nussbaum, 1972) « between the self-sufficient excellence of gods and the needy excellence of vulnerable humans » ; Platon, Timée 90a (les hommes plantes célestes, non terrestres — via cette note, texte primaire non indexé). (Vérifié au RAG, cert. 0,78.)
- Nussbaum, ibid., ch. Hécube — la thèse d'Hécube sur la stabilité du caractère formé par les nomoi : « Human virtue is incorruptible, more stable by far than a plant » ; la réfutation : « We wonder whether the internal fragility of a plant can really be separated off from the other features of the plant image » ; « our ethical practices, and adult ethical goodness itself, may be more vulnerable, in times of general upheaval, than Hecuba has acknowledged ». (Vérifié au RAG, cert. 0,80.)
- Nussbaum, ibid., préface de l'édition révisée — l'autolimitation de la thèse : la fragilité extrême (« lacking food, shelter, bodily safety ») « not connected with any important value » ; « this should not make us say that assault, rape, hunger, and disease are conditions of genuine goods. Clearly, they are not; and if we got rid of them we would be losing nothing of value » ; « The tragedies show us plainly that even the wisest and best human beings can encounter disaster. But they also show us, just as plainly, that many disasters are the result of bad behavior » ; la référence à Cicéron (« surely Cicero is correct when he observes that the person who does no active wrong cannot take… » — phrase tronquée dans notre extrait, citée telle quelle, non complétée). (Vérifié au RAG, cert. 0,77.)
- Non indexé — manque connu de ce cours : Hippocrate (corpus hippocratique : La maladie sacrée, Airs, eaux, lieux, De l'art, Aphorismes I,1, Pronostic) — tout le développement médical procède par paraphrase prudente sur tradition savante, aucune citation ; à ingérer (trad. Littré, domaine public) et à vérifier avant mise en série.
- Non indexés, signalés : Bernard Williams, Moral Luck (échange avec Thomas Nagel, années 1970) et Shame and Necessity — controverse restituée de mémoire d'historien, à vérifier ; Platon, Apologie (sentence socratique — rappelée de S2c1 sans recitation) et Timée (via note Nussbaum) ; Pindare (odes épiniciennes — via note Nussbaum) ; Cicéron (phrase tronquée) ; Nussbaum, The Therapy of Desire (fil annoncé de la saison 3 — sera sourcé là-bas).
- Le chunk Job 16 présent dans
_sources/S2c8.md (bruit de la recherche RAG) n'est pas exploité : hors corpus grec, il appartient à la saison 6.
Saison 3 — Réponses antiques : l'invulnérabilité comme programme
- Martha Nussbaum, The Therapy of Desire (Princeton, 1994) — Introduction : le soupçon d'ensemble (« by simply lowering people's sights, denying that material conditions have importance, and renouncing the political work that might effect a broader distribution of these conditions ») ; les stoïciens « whose commitment to the intrinsic value of justice is plain » ; « we hear less about how to alter the political fact of slavery than about how to be truly free within, even though one may be (politically) a slave; less about strategies for the removal of hunger and thirst than about the unimportance of these bodily goods in a wise life; less about how to modify existing class structures… than about the wise person's indifference to such worldly distinctions » ; « the truly good and virtuous person is held to be radically independent of material and economic factors: achieving one's full humanity requires only inner change ». (Vérifié au RAG, cert. 0,82.)
- Nussbaum, Therapy of Desire, chapitre sur l'extirpation des passions — la négation de la pertinence morale de la chance (« committed to denying the moral relevance of luck and external circumstance… judging people for what their intentions and motives and thoughts are, quite apart from what happens out there ») ; « no moral difference at all between the criminal who never gets a chance to commit his crime and the one who does » ; « The only virtue we can safely applaud is a pure error-proof virtue, virtue without any counterbalancing inner forces » ; « the only wise person is one who never errs at all, and that all others are fools » ; « It becomes difficult to distinguish the person who has but masters murderous wishes from a conflicted and reluctant murderer » ; « The boundary between agent and world, the decisive wall that for us now separates the two, is taken away: it is permitted to have no moral relevance at all ». (Vérifié au RAG, cert. 0,81-0,84.)
- Nussbaum, Therapy of Desire — la passion comme jugement portant sur « vulnerable external things, things that can fail to be present, that can arrive by surprise, that are not fully under our control » (terrain commun Chrysippe / tradition antérieure) ; Chrysippe via Galien, PHP 4.5.25 : l'« infirmité chronique » qui naît « when one holds that money is the greatest good and even supposes that life is not worth living for the man who has lost it » ; le reproche de Posidonius (fr. 164 Edelstein-Kidd) : le sage « ascribes the highest possible value to his wisdom, and yet does not feel fear for its loss, longing for its presence » ; les élèves « like Nikidion, who start out with another conception of good ». (Vérifié au RAG, cert. 0,82.)
- Nussbaum, Therapy of Desire — la vertu seul bien : aucun échange d'« a piece or part of virtue, however "small," for even the largest possible amount of any other good » ; les externes « things that have no power for living happily or wretchedly » (Cicéron, Fin. 3.50, cité par Nussbaum) ; « Virtue by itself is self-sufficient, sufficient for eudaimonia » ; les biens extérieurs « have no intrinsic value at all » ; les indifférents préférés et la stratégie interprétative du « lexical ordering ». (Vérifié au RAG, cert. 0,81.)
- Marc Aurèle, Pensées pour moi-même, trad. Barthélemy-Saint-Hilaire (1876) — « Le principe qui nous gouverne ne se donne jamais à lui-même le trouble d'aucune passion… Le principe directeur peut être indépendant… Il peut à cet égard être toujours sans trouble et sans embarras, tant qu'il ne se trouble pas et ne s'embarrasse pas lui-même » ; l'émeraude (« Quoi qu'on dise, quoi qu'on fasse, il y a nécessité que je sois émeraude, et que je conserve la couleur que j'ai ») ; « Que viens-tu donc faire ici, ô imagination aux décevantes apparences ? Va-t'en, au nom des Dieux, ainsi que tu es venue. Je n'ai que faire de toi. » (Vérifié au RAG, cert. 0,72.)
- Non indexés, signalés dans le cours : Diogène Laërce, Vies et doctrines des philosophes illustres, livre VII — source doxographique majeure (naufrage de Zénon, le libraire et Cratès, « sans Chrysippe, point de Portique », les centaines de traités, les eupatheiai — DL VII, 116 —, la rareté du sage) : tout est traité en paraphrase prudente, à vérifier ; à ingérer en priorité (trad. fr. DP existante). Cicéron, De finibus III et Tusculanes (le sage sur le chevalet) — cités via Nussbaum ou en topos signalé. Galien, PHP, et Posidonius, fr. 164 E-K — cités via Nussbaum. Épictète, Manuel (indexé au corpus, trad. Guyau 1875, mais réservé au cours S3c2).
- Épictète, Manuel, trad. Guyau (1875), corpus Weaviate (cert. 0,80) — fin du chapitre I : « [porte ton aversion sur les choses qui, dépendant de toi, sont contraires à la nature] et tu ne tomberas point dans ce que tu fuis. Mais si tu veux éviter la maladie, ou la mort, ou la pauvreté, tu seras misérable. » ; chapitre II intégral : « Écarte donc ton aversion de toutes les choses qui ne dépendent pas de nous… Quant au désir, supprime-le tout-à-fait en ce moment… Borne-toi donc à t'approcher ou à t'éloigner des choses par un mouvement volontaire, mais peu énergique, avec des réserves et en modérant ton élan. » ; chapitre III intégral (le vase d'argile, l'enfant et la femme embrassés : « C'est un être humain que j'embrasse — ; car, s'il meurt, tu n'en seras pas troublé ») ; titres des chapitres III et IV (« on doit examiner la nature de chaque objet dont on se sert » ; « on doit examiner la nature de chaque action qu'on entreprend »). (Vérifié au RAG.)
- Martha Nussbaum, The Therapy of Desire (Princeton, 1994), corpus Weaviate (cert. 0,77) — le stoïcisme mouvement complexe et divers (« exercised a deep and broad influence on two societies over a period of more than five hundred years, shaping poetry and politics as well as explicitly philosophical thought ») ; « the therapy of desire and judgment is its central focus in ethics » ; « their emphasis on the self-governing and self-critical powers of the soul gives rise to a distinctive conception of philosophical education, aimed at extending the benefits of philosophy to all human beings » ; les passions « to be extirpated from human life ». (Vérifié au RAG.)
- Nussbaum, Therapy of Desire (cert. 0,77) — Nikidion et l'indépendance rationnelle : « there might conceivably be a tension between these two interests. Her attachment to critical independence might or might not lead in the direction of a therapeutic cure, understood in a particularly Stoic fashion » ; « They respect the rational independence of the pupil, and are anxious to show that participation in no way entails subservience. Nikidion can argue as they recommend, while rejecting every conclusion they put forward — if she comes up with sufficiently powerful arguments of her own. » (Vérifié au RAG.)
- Nussbaum, Therapy of Desire (cert. 0,76) — l'indépendance relative des engagements stoïciens (« To some extent, these commitments really are independent of one another: one may continue to pursue many of the Stoic goals investigated in this chapter… without accepting the anti-passion side of Stoicism ») ; le reproche d'incohérence (« Many people, they charge, claim that they are committed to their own integrity and practical reason, while living lives of subservience to passion that conflict with and undercut that commitment ») ; « the commitment to rational self-determination, properly understood, actually entails the extirpation of the passions. And in the account of self-reliance that I have just given, one can already see some strong suggestions of the anti-emotion view » ; la contre-proposition : « one could imagine a further unpacking of the notion of practical rationality itself that would allow emotions such as love, sympathy, and grief to play a guiding role ». (Vérifié au RAG.)
- Non indexés, signalés dans le cours (tous traités en paraphrase prudente, à vérifier) : ouverture du Manuel (ch. 1, les deux colonnes — hors extraits) ; Manuel ch. 5 (« ce ne sont pas les choses qui troublent les hommes… »), ch. 8-9 (maladie/boiterie, empêchement pour le corps non pour la volonté), ch. 11 (« je l'ai rendu »), ch. 30 (les devoirs selon les rôles) ; Épictète, Entretiens (Arrien) — la jambe entravée et la prohairesis invincible (I, 1), l'école-dispensaire (III, 23), le citoyen du monde ; biographie : Aulu-Gelle, Simplicius (Commentaire du Manuel — rhumatisme, sens d'encheiridion), Origène (Contre Celse VII — la jambe brisée), la Souda ; Marc Aurèle, Pensées (IV, 41 — la petite âme portant un cadavre, attribuée à Épictète ; VIII, 48 — l'âme acropole) ; Pierre Hadot, La Citadelle intérieure (1992) et Exercices spirituels et philosophie antique (triple discipline, exercices spirituels, débat avec Foucault) ; Michel Foucault, technologies de soi ; Musonius Rufus. Ingestion prioritaire : Entretiens trad. fr. domaine public (Courdaveaux ou Thurot) et le Manuel complet ; Hadot 1992 pour la controverse.
- Marc Aurèle, Pensées pour moi-même, trad. Barthélemy-Saint-Hilaire (1876), livre IV — la retraite en soi-même (« On va se chercher de lointaines retraites dans les champs, sur le bord de la mer, dans les montagnes… trouver un asile en toi-même ! Nulle part, en effet, l'homme ne peut goûter une retraite plus sereine ni moins troublée que celle qu'il porte au dedans de son âme ») ; « Tâche donc de t'assurer ce constant refuge… Conserve en ton cœur de ces brèves et inébranlables maximes… » ; la revue des apaisements (« Est-ce à la perversité des humains ?… tous les êtres doués de raison sont faits les uns pour les autres… se supporter réciproquement est une partie de la justice… étendus dans la poussière et ne sont plus que cendres » ; « De deux choses l'une, ou il y a une Providence, ou il n'y a que des atomes ») ; contre la gloire (« l'oubli rapide de toutes choses, l'abîme du temps pris dans les deux sens… la mobilité et l'incompétence des juges, qui semblent t'applaudir… La terre entière n'est qu'un point ») ; les deux maximes (« les choses ne touchent pas directement notre âme… nos troubles ne viennent que de l'idée tout intérieure que nous nous en faisons » ; « toutes ces choses que tu vois vont changer dans un instant »). (Vérifié au RAG, cert. 0,76-0,79.)
- Marc Aurèle, Pensées, trad. B-SH — IV, 24-25 : « Si tu veux conserver la paix de ton âme, dit un philosophe, n'agis que le moins possible »… « ne s'occuper que de ce qui est absolument nécessaire » ; « N'est-ce point là quelque chose qui n'est point nécessaire ? » (actions et pensées superflues) ; « Essaie de voir dans quelle mesure tu peux, toi aussi, réaliser la vie de l'homme de bien… se contenter du destin qu'il reçoit en partage… pratiquer la justice et conserver la sérénité de son âme ». (Vérifié au RAG, cert. 0,76.)
- Marc Aurèle, Pensées, trad. B-SH — livre V : « Sois franc, sérieux, patient à la fatigue, sans passion pour le plaisir, sans plainte contre le sort, vivant de peu, cordial, libre, dédaigneux du superflu, sobre de paroles, magnanime » ; le reproche de la lenteur (« tu aurais dû depuis longues années t'y exercer »). (Vérifié au RAG, cert. 0,76.)
- Martha Nussbaum, The Therapy of Desire (Princeton, 1994), chapitre sur le De Ira de Sénèque — « a therapeutic argument addressed to a decidedly non-Stoic interlocutor » ; la demande de Novatus (exegisti a me, 1.1 ; quemadmodum posset ira leniri ; pertimuisse) ; « to cut anger out of our minds or certainly to rein it in and curb its impetus » = « what you have longed for above all, Novatus » (quod maxime desiderasti, 3.1) ; les résistances de l'interlocuteur (« An angry orator is sometimes better », 2.17 ; « A soul that lacks anger is languid », 2.17 ; « But anger has some pleasure, and it is sweet to return pain for pain », 2.32 ; « We shall be less despised, if we avenge a wrong », 2.33) ; « reached all the way down into Novatus' soul… the deepest sources of his resistance to the eradication of anger » ; la pédagogie (« The Stoic material is introduced gently, gradually, and also minimally, in a way that maximizes the terrain of agreement… and draws the interlocutor into the process of therapy without asking him first to give up any cherished goal » ; la « worthlessness of externals » n'arrivant qu'à la fin) ; la colère devenue ingouvernable « by frequent exercise », arrêtable « only by the adsidua meditatio he recommends and constructs » (2.12). (Vérifié au RAG, cert. 0,78-0,80. Citations traduites en français dans le corps.)
- Non indexés, signalés dans le cours : Sénèque — manque connu du corpus, aucune citation textuelle : Consolations (à Marcia, à Helvia, à Polybe), Lettres à Lucilius (exercices de pauvreté, répétition de la mort), De Vita Beata 17-18 (réponse au reproche d'incohérence), De Ira dans le texte latin/français (lu ici uniquement via Nussbaum) — à ingérer en priorité (trad. fr. DP existantes : Baillard, Joly). Tacite, Annales XIII (attaque de Suillius) et XV (mort de Sénèque, discours après le meurtre d'Agrippine) ; Dion Cassius LXI-LXII (fortune, prêts en Bretagne) ; Cicéron, Tusculanes III (praemeditatio) ; Crantor, Sur le deuil (perdu) ; Pierre Hadot (Exercices spirituels et philosophie antique, La Citadelle intérieure) ; Foucault (les hypomnemata, « L'écriture de soi ») ; Marc Aurèle, Pensées II, 1 (la praemeditatio du matin) et données biographiques (enfants morts, guerres, peste) : tous en paraphrase prudente, à vérifier.
- Épicure, Lettre à Ménécée, traduction française du domaine public — le passage central vérifié : la compréhension de la mort « nous rend capables de jouir de cette vie mortelle, en supprimant pour nous la perspective d'une durée infinie, et en nous enlevant le désir de l'immortalité » ; « il ne reste plus rien à redouter dans la vie, pour qui a vraiment compris que hors de la vie il n'y a rien de redoutable » ; la critique de la crainte par anticipation (« vaine et sans objet… l'attente d'une chose qui, actuelle et réelle, ne cause aucun mal ») ; l'argument : « la mort n'est rien pour nous, puisque, tant que nous existons nous-mêmes, la mort n'est pas, et que, quand la mort existe, nous ne sommes plus. Donc la mort n'existe ni pour les vivants ni pour les morts » ; la multitude qui fuit ou appelle la mort ; le sage qui « n'implore pas de vivre et il n'a pas peur non plus de ne plus vivre » ; l'annonce sur la longueur de la vie. (Vérifié au RAG, cert. 0,80.)
- Martha Nussbaum, The Therapy of Desire (Princeton, 1994), chapitre sur les arguments thérapeutiques — le programme : « three of the emotions that Epicurus claimed to treat: passionate erotic love, the fear of death, and anger » ; le choix de Lucrèce : « the Greek evidence is so sparse… understanding a therapeutic argument requires study of its rhetorical and literary form, the devices it uses to get in touch with the desires of the pupil or reader » ; « Lucretius' style of therapy is different from any style in which Epicurus philosophized ». (Vérifié au RAG, cert. 0,87.)
- Nussbaum, Therapy of Desire, chapitre « Mortal Immortals » — la structure clinique de l'argument de Lucrèce : les symptômes comportementaux dont la nocivité amène Nikidion à « identify the fear that causes them as disease » ; les « occasions of confession or acknowledgment: situations in which the patient, dropping her habitual defenses, will grant that fear is in fact what she feels » ; « a normative picture of the healthy unconstrained person, a person whose life is not burdened by fear » ; la note sur Segal 1990 (« Lucretius' vivid use of language is clearly in harmony with Epicurean practices of therapeutic argument ») ; l'inconscient (« This material concerning the unconscious is present only in Lucretius; but there are reasons to suppose that the recognition of unconscious beliefs and desires belongs to Epicurus as well »). (Vérifié au RAG, cert. 0,85.)
- Nussbaum, Therapy of Desire, « Mortal Immortals » — la peur plus profonde que la culture (« deeper than any particular culture, deeper even, apparently, than culture itself; deeper, then, than the errors that culture manufactures ») ; « Such arguments would not even remove religion, since its underlying causes would be left in place » ; Plutarque, Non posse 1104C : « the longing for being, the oldest and greatest of all forms of erōs » ; l'Axiochus 365 B-C : la peur de perdre « this light and the other good things » ; « Fear is a response to value » ; la prémisse maîtresse : « An event can be good or bad for someone only if, at the time when the event is present, that person exists as a subject of at least possible experience ». (Vérifié au RAG, cert. 0,84.)
- Nussbaum, Therapy of Desire, conclusion du chapitre — la thérapie naturaliste préférée : « the basis for a truly naturalistic therapy for the fear of death… separated loose from its conflicting commitment to transcendence » ; la citation d'Épicure qu'elle revendique : « make the mortality of life enjoyable, not by adding on some infinite time, but by removing the longing for immortality » ; le verdict : « this therapy — which does not remove fear, but balances and opposes it with other reflections that ought to diminish its immobilizing power » ; l'attachement à toute « valuable relation or activity ». (Vérifié au RAG, cert. 0,88.)
- Non indexés, signalés dans le cours : Lucrèce, De rerum natura (chant III, argument de symétrie, « briser les verrous de la nature ») — cité uniquement via Nussbaum, requête directe au corpus sans résultat ; à ingérer en priorité (trad. fr. DP existante). Diogène Laërce, livre X (vie d'Épicure, admission des femmes et des esclaves, lathe biōsas). Maximes capitales et Sentences vaticanes (classification des désirs, amitié qui « danse autour du monde »). Philodème (tétrapharmakon). Cicéron, Plutarque (Non posse), pseudo-Platon Axiochus — cités via Nussbaum. Ernest Becker et la psychologie expérimentale de la terreur (écho moderne, hors corpus).
- Martha Nussbaum, The Therapy of Desire (Princeton, 1994), chapitre « Skeptic Purgatives » — la définition par la suspension totale (« the Skeptical position involves suspension about all beliefs, and it is this total suspension that they connect with the practical benefit ») ; l'attachement plus que sceptique à l'ataraxie (« a more than Skeptical attachment to ataraxia… he has to say things like this in order to display the value and point of his therapy… The Skeptic prefers his way to the dogmatic way; he recommends it… if he qualifies his interest in the end of ataraxia… then the whole enterprise will look hollow and pointless »). (Vérifié au RAG, cert. 0,84.)
- Nussbaum, Therapy of Desire, « Skeptic Purgatives » — « to be committed is to be liable to disturbance » ; « notice, however, how emphasis on the value of ataraxia keeps coming back » ; la saveur dogmatique (« the Skeptic frequently says things that have a dogmatic flavor ») ; le chercheur d'avant la conversion cherchant la vérité « so as to be free of disturbance » (PH 1.26) et l'analyse de la proposition de conséquence (« a result clause and not a purpose clause… it just falls out as a result »). (Vérifié au RAG, cert. 0,82.)
- Nussbaum, Therapy of Desire, « Skeptic Purgatives » — la réponse officielle : « Ataraxia just comes by chance, tuchikōs… He does not seek it out, he does not believe in it: it just happens to him » ; la parabole d'Apelle et l'éponge ; « it is like a shadow that follows the suspension of belief (DL 9.107, PH 1.29) » ; le médecin méthodiste (« He has no belief that this or that is healthy, no belief that a certain procedure will produce a certain end »). (Vérifié au RAG, cert. 0,82.)
- Nussbaum, Therapy of Desire, « Skeptic Purgatives » — les affections qui glissent (« they need only slide along out of the mind, not pausing to lodge there ») ; « Can Nikidion live like this? I see no reason why she cannot, provided that she allows herself the principle of non-contradiction… and a commitment to ataraxia » ; « an intense attachment to the absence of intensity is a funny sort of desire, a desire born of troubles » ; la trajectoire (gratitude et peur reposant sur la croyance, le calme qui diminue toutes les intensités, « even the intensity of the longing for calm »). (Vérifié au RAG, cert. 0,81.)
- Nussbaum, Therapy of Desire, « Skeptic Purgatives » — l'affaiblissement final de l'attachement au scepticisme lui-même (« But this will not matter, since by now it will be a habit, and she will just go on ») ; « I see no reason why a human being could not live like this » ; la Life of Pyrrho « rather fanciful » ; la parenté orientale (« Skeptical practice has a great deal in common (and may be influenced by) Eastern therapeutic philosophies, which provide us with many empirical examples of a detached mode of existence like the one Sextus recommends ») ; « a viable alternative to Epicurean dogma, one that may, as he says, prove more effective in getting to a similar end ». (Vérifié au RAG, cert. 0,81.)
- Non indexés, signalés dans le cours : Sextus Empiricus, Esquisses pyrrhoniennes — cité uniquement via Nussbaum ; à ingérer (trad. fr. existante). Diogène Laërce, livre VI (Diogène de Sinope : la monnaie falsifiée, la jarre, les statues, Alexandre, Cratès et Hipparchia) et livre IX (Pyrrhon : le voyage indien, les chariots, le cochon dans la tempête) — toutes les anecdotes en paraphrase prudente, à vérifier ; ingestion prioritaire. Michel Foucault, Le courage de la vérité (parrhêsia cynique) — écho annoncé pour la Saison 9, hors corpus. Le lien cynisme → théories contemporaines de la vulnérabilité-résistance (S1c6) est une hypothèse généalogique de la série, à étayer.
- Martha Nussbaum, The Therapy of Desire (Princeton, 1994), chapitre 10, « The Stoics on the Extirpation of the Passions » — le socle doctrinal : « only virtue is worth choosing for its own sake; and virtue all by itself suffices for a completely good human life, that is, for eudaimonia. Virtue is something unaffected by external contingency — both (apparently) as to its acquisition and as to its maintenance once acquired » ; la question de Nikidion : « Nikidion is to trust nothing and nobody but herself. But how deeply, then, can she trust and care for others?… ceaselessly watchful… put an end to the surprise and spontaneity that are so important to the passionate life?… So long as that is free, she has her dignity, whatever the world may do to her. But what, then, can she consistently think of her deepest ties to other people? Of the prospect of losing them or being betrayed by them?… Can one live in reason's kingdom, understood in the way the Stoics understand it, and still be a creature of wonder, grief, and love? » (Vérifié au RAG, cert. 0,78.)
- Nussbaum, Therapy of Desire, ch. 10 — l'analyse de la particularité : « My breakfast cereal does not fill me with joy and delight; even my morning coffee is not an object of love » ; la brosse à dents perdue ; « The damages of fortune, when they are seen as trivial or light… are frequently seen this way because the object damaged or promoted is itself seen, with respect to its value, as replaceable. Coffee cups and paper clips are rarely reasons for grief… a readily renewable supply » ; la tasse dotée d'une « historical or sentimental value that makes it a unique particular » ; « the removal of the sense of particularity and specialness, in big things as well as small, might contribute to the eradication of fear, anger, and even love, should we wish to effect their eradication ». (Vérifié au RAG, cert. 0,78.)
- Nussbaum, Therapy of Desire, ch. 10 — la phénoménologie douloureuse : « Stoic writings continually put before us the discomforts of anxiety, the raging disorder of anger, the agony of fear, the torments of love » ; les traités qui commencent par « a description of the painful phenomenology of the passion in question, destined to convince even those who might think the passion an appropriate response that its cost in pain and upheaval is too great to bear » ; l'exemple du portrait du coléreux ouvrant le De la colère de Sénèque ; la « chronic condition of weakness and lassitude ». (Vérifié au RAG, cert. 0,78.)
- Nussbaum, Therapy of Desire, section finale — le tri des passions : la peur de la mort renvoyée au verdict du chapitre 6 ; la pitié : « I approve of the Lucretian tendency to leave it in human life as a basic source of communal affiliation, rather than to banish it in the name of self-sufficiency, as the Stoics do » ; « the two passions that have, for my argument, been the most fundamental and the most problematic: anger and love » ; « Anger is, in a sense, the central topic of this book and its raison d'être. For I was drawn to the Hellenistic philosophers not only by the power of their analyses of passions, but also by sympathy with their arguments » ; la note sur Murphy et Hampton 1988 (un livre sur la colère « that contains no reference either to Seneca or to Stoicism »). (Vérifié au RAG, cert. 0,78.)
- Martha Nussbaum, The Fragility of Goodness, préface de l'édition révisée — Aristote : « proper emotion is a constituent part of virtue… an agent can cultivate virtuous emotions, learning to feel anger at the right and not the wrong person, at the right time » ; l'espoir social de la théorie stoïcienne : « it is possible for the personality as a whole to become an enlightened one, by combating the value judgments that constitute unwise anger and hatred » (contre Kant, pour qui les émotions sont « relatively unintelligent elements of human nature ») ; les émotions qui peuvent « cement the mind to culturally entrenched error ». (Vérifié au RAG, cert. 0,81.)
- Nussbaum, Fragility of Goodness, préface révisée — le verdict politique : les correctifs stoïciens à Aristote, mais « we should not build a modern political approach on Stoic ideas alone… the emphasis of Fragility on human vulnerability takes us in the right direction. The Stoics insist that the "external goods" of life — including wealth, honor, money, food, shelter, health, bodily integrity, friends, children, loved ones, citizenship and political activity — have no genuine worth. They hold, with Socrates, that the good person cannot be harmed. Inner virtue suffices for human flourishing. This gives their politics a distorted emphasis, where the needs for these goods are in question. A related distortion appears in Kant, with his depiction of the human being as belonging to two distinct realms… the latter being imagined as relatively impervious to changes in the former. » (Vérifié au RAG, cert. 0,81.)
- Nussbaum, Fragility of Goodness, préface révisée — les trois corrections de la théorie stoïcienne : élargir « the Stoic cognitive analysis to include a wider range of types of cognition, such as perceptions and nonlinguistic beliefs » ; « a good account of cultural variation in emotion » (« The Stoics convincingly demonstrated the extent to which social norms become internalized in the architecture of our emotions; but they thought the relevant norms were basically similar in all societies ») ; « a genetic story of how adult emotions develop out of the archaic emotions of infancy and childhood… adult emotions typically bear the traces of powerful early experiences that involve a disturbing ambivalence toward loved objects ». (Vérifié au RAG, cert. 0,81.)
- Non indexés, signalés dans le cours : Crantor et la tradition de la metriopatheia (Cicéron, Tusculanes III ; pseudo-Plutarque, Consolation à Apollonios) — paraphrase prudente, à vérifier. Sénèque, De la colère (le portrait d'ouverture) — cité via Nussbaum. Posidonius, fr. 164 E-K — dossier ouvert au cours S3c1, via Nussbaum. Kant — discuté uniquement via la préface de Fragility.
- Martha Nussbaum, The Fragility of Goodness — la thèse de Bernard Williams : la philosophie grecque « in its sustained pursuit of rational self-sufficiency, does turn its back on kinds of human experience and human necessity of which Greek literature itself offers the purest, if not the richest, expression » ; « If there are features of the ethical experience of the Greek world which can not only make sense to us now, but make better sense than many things we find nearer to hand, they are not all to be found in its philosophy » ; le mot de Nietzsche : « Among the greatest characteristics of the Hellenes is their inability to turn the best into reflection » ; les philosophes « intent upon the pursuit of self-sufficiency in a way that he elsewhere calls "bizarre", simply fail to feel the force of tragic problems and the pull of tragic values. These problems and values have altogether "disappeared" from their work » ; la réplique de Nussbaum (« if he were right the study could end with those three chapters »). (Vérifié au RAG, cert. 0,80.)
- Nussbaum, Fragility of Goodness, interlude 2 (« Luck and the tragic emotions ») — l'analyse de la pitié d'après la Rhétorique d'Aristote (1385b19-24, 31-2) : la pitié « closely connected with the belief that you yourself are vulnerable in similar ways » ; le regard « from the very bottom, from the point of view of one whose sufferings are complete » ; l'autosuffisant en « bold assertiveness (hubristikē diathesis), in which the sufferings of others do not arouse pity » ; « Pity then, evidently requires fellow feeling, the judgment that your possibilities are similar to those of the suffering object » ; le renversement mérité « philanthropon » mais non tragique (Poétique 1453a). (Vérifié au RAG, cert. 0,79.)
- Nussbaum, Fragility of Goodness, lecture du Banquet — Alcibiade : « the bodily and contingent nature of human erotic aspiration, the vulnerability of practical wisdom to the world » ; « Tragedy and comedy cherish the same values, value the same dangers », liées par Dionysos « to the fragile fortunes of Athenian democracy » ; « A self-critical perception of one's cracks and holes, which issues naturally in comic poetry, is an important part of what we value in Alcibiades and want to salvage in ourselves » ; Dionysos « the god who dies. He undergoes, each year, a ritual death and a rebirth, a cutting back and a resurgence, like the plant, like desire itself ». (Vérifié au RAG, cert. 0,79.)
- Martha Nussbaum, The Therapy of Desire, introduction — l'objection de Marx : « whether a compassionate philosophy, in intervening actively in the world, might not lose some of its own critical ability… mutual support between calm meticulous dialectic and the acceptance of the status quo, a prima facie tension between compassion and open-ended dialectical investigation. I believe that Marx is too pessimistic » ; la réponse : « the passions are made up out of beliefs and respond to arguments… the philosophical critique of a culture is not likely to leave its citizens' emotions and desires unaltered » ; « No element in the self is impervious to rational argument; but arguments must dig deep in order, as Epicurus puts it, to "become powerful" in the soul ». (Vérifié au RAG, cert. 0,79.)
- Nussbaum, Therapy of Desire, introduction et conclusion — la communauté thérapeutique : toutes les écoles vouées « to the searching critique of prevailing cognitive authority », créant « a therapeutic community, a society set over against the existing society, with different norms and different priorities. In some cases this is achieved by literal physical separation; in some cases, through the imagination » ; les acquis méthodologiques : « the new attention to questions of need and motivation that we see in the schools' attempts to grapple medically with concrete human lives » ; la justification « holistic » mais « not therefore just a joke ». (Vérifié au RAG, cert. 0,79.)
- Non indexés, signalés dans le cours : Plotin, Ennéades (l'Un, la procession, le mal-privation, l'âme non descendue — IV —, « sculpte ta propre statue » — I, 6) et Porphyre, Vie de Plotin (la honte du corps, les unions, les orphelins) — manque majeur du corpus, ingestion prioritaire avant mise en série (trad. Bréhier ou Brisson-Pradeau). Augustin lecteur de Plotin (écho annoncé pour la saison médiévale). Pyrrhon et les gymnosophistes, la controverse historiographique des racines indiennes de l'ataraxie ; les Questions de Milinda (Ménandre/Nāgasena) — pont vers la Saison 4, non indexés (requête Therīgāthā sans résultat également). Le mot de Nietzsche est cité par Williams via Nussbaum.
Saison 4 — L'Inde : dukkha, non-soi, compassion
- The Questions of King Milinda (Milindapañha), trad. T.W. Rhys Davids (Sacred Books of the East, vol. 35) — vers d'ouverture du livre I (« King Milinda, at Sagala the famous town of yore… (So the deep Ganges to the deeper ocean flows.) », « Subtle and knotty questions did he put… », « For Nāgasena's talk plunged to the hidden depths of Vinaya and of Abhidhamma ») ; le défi de Milinda et l'argument du sable brûlant (« Nāgasena is a mere empty sound… », « You, Sire, have been brought up in great luxury… How then did you come, on foot, or in a chariot? ») et le questionnement du char (timon, essieu, roues…) ; la double vérification nocturne et les félicitations mutuelles (« Pray do not think, Sir… », « Thus did these two great men congratulate each the other on what he had spoken well ») ; l'ouverture du livre IV, Dilemmes (« Master of words and sophistry, clever and wise… Then he became a student of the Holy Writ »). (Vérifié au RAG, cert. 0,83-0,85.)
- Dhammapada, trad. Fernand Hû (1878) — versets 277-279 (les trois marques : « Toutes les agrégations sont passagères… », « Toutes les agrégations sont soumises à la douleur… », « Toutes les formes sont sans réalité substantielle… C'est là la voie de la purification ») ; introduction du traducteur : les quatre vérités (« la vue complète les quatre vérités principales… », « Ainsi, à la base du système la douleur, au faîte la destruction de la douleur… »), le rapprochement avec l'Évangile (Jean IX, 2) et la lecture du Nirvâna comme anéantissement (« une lampe sur laquelle on souffle… un éternel repos dans une mort sans lendemain »), citée comme document de l'annexion du XIXe siècle. (Vérifié au RAG, cert. 0,80-0,81.)
- Martha Nussbaum, The Therapy of Desire (1994), introduction — « The Hellenistic philosophical schools in Greece and Rome — Epicureans, Skeptics, and Stoics — all conceived of philosophy as a way of addressing the most painful problems of human life. They saw the philosopher as a compassionate physician… » ; « the idea of a practical and compassionate philosophy — a philosophy that exists for the sake of human beings… » ; les passions « not blind surges of affect… intelligent and discriminating elements of the personality… modified by the modification of belief » ; « a therapy of desire ». (Vérifié au RAG, cert. 0,85.)
- Non indexés, signalés dans le cours : Alexandre à l'Indus et les gymnosophistes de Taxila (Strabon XV, Plutarque, Vie d'Alexandre) ; Onésicrite le cynique ; Calanos ; Pyrrhon à l'Indus (Diogène Laërce IX) et la controverse des racines indiennes de l'ataraxie ; le Ménandre historique (monnaies bilingues, Plutarque sur les reliques) ; le schéma médical des quatre vérités (trope commentarial) ; la doctrine des questions non tranchées (nirvāṇa ni éternalisme ni annihilationisme) ; les brahmavihāra et les sources canoniques de la karuṇā ; les débats comparatistes (Tarn, The Greeks in Bactria and India ; Narain, The Indo-Greeks ; McEvilley, The Shape of Ancient Thought) ; la Bṛhadāraṇyaka Upaniṣad (Gārgī et Maitreyī — cours suivant, sources S4c2).
- L'Upanishad du Grand Aranyaka (Bṛhadāraṇyaka Upaniṣad), trad. A.-F. Hérold, 1894 — III, 6 (Gārgī, première joute) : la régression « tramé et chaîné » (eaux → vent → espace → mondes de l'atmosphère → ciel → soleil → lune → mansions lunaires → Dieux → Gandharvas → Prajāpati → mondes de Brahma), « Gārgī, n'en demande pas trop : prends garde que ta tête n'éclate… », « Et, après cela, Gārgī Vācaknavī resta tranquille. » (Vérifié au RAG, cert. ~0,77.)
- Même volume — III, 8 (Gārgī, seconde joute) : « …deux flèches qui transpercent les ennemis de part en part… ainsi je me lève, et viens te trouver avec deux questions », « Ce qui est au-dessus du ciel… le passé et le présent et l'avenir, dans quoi cela est-il tramé et chaîné ? » → l'espace ; « Hommage à toi… Tiens-toi prêt à l'autre » ; l'impérissable (« on ne le voit pas et il voit… », « C'est cet impérissable, ô Gārgī, dans qui l'espace est tramé et chaîné »), libations « pendant des milliers d'années, ce monde-ci a une fin pour lui », misérable / brahmane ; verdict final « jamais aucun de vous ne le vaincra dans la controverse brahmanique. » (Vérifié au RAG, cert. 0,75-0,77.)
- Même volume — III, 7 (Uddālaka) : le fil et le modérateur interne, « tu emmènes pour toi les vaches brahmaniques, ta tête éclatera en morceaux. » (Vérifié au RAG, cert. ~0,77.)
- Même volume — III, 9 (Śākalya) : « C'est lui qu'on appelle : Non, non ; c'est l'ātman : insaisissable, car il n'est pas saisi ; infrangible, car il n'est pas brisé… », « Si tu ne me l'expliques pas clairement, ta tête éclatera », « sa tête éclata. Et ses os mêmes, les prenant pour autre chose, des voleurs les enlevèrent. » (Vérifié au RAG, cert. ~0,75.)
- Même volume — II, 4 et IV, 5 (Maitreyī, deux versions) : « Yājñavalkya avait deux épouses… Kātyāyanī n'avait guère qu'un esprit de femme », « je vais m'en aller de ce séjour pour errer en mendiant… un arrangement », « Si pour moi, ô Seigneur, toute cette terre-ci était remplie de richesse, en serais-je immortelle ? », « d'être immortel, il n'y en a pas d'espérance dans la richesse », « Ce par quoi je ne serai pas immortelle, qu'ai-je à faire de cela ? », la litanie du cher (mari, épouse, fils, richesse, brahma, kshatra, mondes, Dieux, êtres, le Tout — « c'est pour l'amour de l'Ātman que… est cher »), « L'Ātman, en vérité… c'est lui qu'il faut voir, entendre, penser, méditer. » (Vérifié au RAG, cert. 0,75-0,79.)
- Même volume — IV (Janaka) : « Lorsque tous les désirs sont rejetés… alors le mortel devient immortel », la peau de serpent sur la fourmilière, « Je donne un millier au vénérable. Ainsi parla Janaka de Videha. » (Vérifié au RAG, cert. ~0,75.)
- Non indexés, signalés dans le cours : cadre du tournoi de Janaka (III, 1 — mille vaches), datation de la Bṛhadāraṇyaka (VIIIe-VIIe s. av. n. è.), fin du dialogue de Maitreyī (« tu m'as troublée », II, 4, 13), Foucault sur la parrhêsia (rapprochement interprétatif, écho S3c5), Diotime (Banquet), littérature critique sur les brahmavādinī et les femmes védiques (Lot 2 du corpus), Questions de Milinda (cours S4c4).
- Alfred Foucher, La Vie du Bouddha, d'après les textes et les monuments de l'Inde (1949) — récit des quatre rencontres : la sortie par la porte orientale (« ordres exprès… aucun objet déplaisant ne vienne offusquer les yeux du prince », les dieux « des Purs séjours », « un homme blanchi, ridé, édenté, cassé par l'âge et appuyé sur un bâton », « les cinq sortes de voluptés ») ; le malade (« amaigri, livide, brûlé de fièvre, râlant… », « quiconque n'est pas infirmier de profession pourrait être horrifié à moins ») ; le cortège funèbre (« le mort simplement enveloppé dans son linceul… ») ; le moine mendiant (« son bol à aumônes à la main, calme, les yeux baissés… », « il est désormais mûr pour l'entrée en religion ») ; l'atelier de la légende (« graduer les effets… et le tour sera joué ») ; le Grand Départ (« cinquième grand miracle », les bas-reliefs comme « meilleur critérium » de popularité, la terre tournant « comme une roue de potier »). (Vérifié au RAG, cert. 0,73-0,78.)
- Buddhist Suttas, trad. T.W. Rhys Davids, Sacred Books of the East, vol. XI (1881) — Dhammacakkappavattana Sutta (sermon de Bénarès) : première noble vérité (« Birth is attended with pain, decay is painful… the five aggregates which spring from attachment are painful », avec la note « Or “is painful” ») ; deuxième vérité (« Verily, it is that thirst (or craving)… ») ; refrain (« there arose within me the eye… there arose the light », « not among the doctrines handed down ») ; introduction du traducteur (« It would be difficult to estimate too highly the historical value of this Sutta… », retraduction du titre en « the inauguration, or foundation, of the Kingdom of Righteousness »). Citations données en anglais puis traduites par nous. (Vérifié au RAG, cert. 0,79-0,80.)
- Dhammapada, traduction française de Fernand Hû (1878), appareil introductif — architecture des quatre vérités (« à la base du système la douleur, au faîte la destruction de la douleur… ») ; lecture christianisante (« Le mal, le péché, la concupiscence, Mâra, voilà l'origine de la douleur », renvoi à Jean IX, 2) ; lecture nihiliste du nirvāṇa (« Nirvâna signifie en sanscrit extinction, et, par suite, anéantissement… un éternel repos dans une mort sans lendemain ! »). (Vérifié au RAG, cert. 0,77.)
- Non indexés, signalés dans le cours : Lalitavistara, Buddhacarita d'Aśvaghoṣa, Nidānakathā (biographies légendaires tardives) ; Aṅguttara Nikāya (les trois ivresses, noyau autobiographique probable) ; qualifications canoniques positives du nirvāṇa ; triple dukkhatā et étymologie du « mauvais moyeu » ; Cārvāka (cours S4c8) ; Burnouf, Schopenhauer, Nietzsche et la littérature de la « religion du néant » (réception européenne du XIXe siècle).
- Milindapañha, The Questions of King Milinda, trad. T.W. Rhys Davids (Sacred Books of the East, vol. 35, 1890) — livre II : le nom de Nāgasena (« only a generally understood term, a designation in common use. For there is no permanent individuality (no soul) involved in the matter »), l'énumération des parties du corps (« Do you mean to say that the hair is Nāgasena?… And to each of these he answered no »), « ask as I may, I can discover no Nāgasena. Nāgasena is a mere empty sound… a falsehood… an untruth ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,73-0,78.)
- Milindapañha, trad. Rhys Davids — le dialogue du char : « You, Sire, have been brought up in great luxury… How then did you come, on foot, or in a chariot? » ; timon, essieu, roues, caisse, cordes, joug, rayons, aiguillon ; « Chariot is a mere empty sound… There is no such thing as a chariot! You are king over all India… Of whom then are you afraid that you speak untruth? » ; les cinq cents Yonakas (« Now let your Majesty get out of that if you can ») ; la résolution (« the generally understood term, the designation in common use, of "chariot" » ; « the thirty-two kinds of organic matter in a human body, and the five constituent elements of being »). (Vérifié au RAG, cert. ~0,75-0,77.)
- Milindapañha, trad. Rhys Davids — l'objection de Milinda : « who is it, pray, who gives to you members of the Order your robes and food…? Who is it who lives a life of righteousness?… there is neither merit nor demerit; there is neither doer nor causer of good or evil deeds; there is neither fruit nor result of good or evil Karma » ; « were a man to kill you there would be no murder… your ordinations are void ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,72-0,78.)
- Milindapañha, trad. Rhys Davids — la lampe et les veilles de la nuit : « The light comes from the same lamp all the night through. Just so, O king, is the continuity of a person or thing maintained… Thus neither as the same nor as another does a man go on to the last phase of his self-consciousness » ; le temps et la renaissance (« Where there are beings who, when dead, will be reborn, there time is… ») ; la reconnaissance de Nāgasena (« like a shaggy lion ») ; « I know the Abhidhamma » (scène du marchand). (Vérifié au RAG, cert. ~0,72-0,76.)
- Notes du traducteur (Rhys Davids, SBE 35, dans le corpus) : na puggalo upalabbhati, thèse « discussed at the opening of the Kathā Vatthu » ; « no permanent subject underlying the temporary phenomena visible in a man's individuality » ; « there is a continuity in the whole series ». (Vérifié au RAG.)
- Non indexés, signalés dans le cours : transmission et statut canonique du Milindapañha ; liste doctrinale détaillée des cinq khandhas ; terminologie des deux vérités (saṃvṛti/paramārtha) ; écoles de l'abhidharma et débat pudgalavādin (Kathāvatthu au-delà de la note du traducteur) ; Buddhaghosa, Visuddhimagga (« la souffrance existe, mais nul souffrant ») ; polémiques brahmaniques contre le non-soi ; Śāntideva, Bodhicaryāvatāra VIII (cours S4c7).
- Psalms of the Sisters (Therīgāthā), trad. C.A.F. Rhys Davids, 1909 (Psalms of the Early Buddhists, I) — psaume LXIII, Kisā Gotamī, avec le récit du commentaire : naissance pauvre, « nobody's daughter », l'enfant mort porté sur la hanche, « Give me medicine for my child! », l'ordonnance de la graine de moutarde (« at any house where yet no man hath died »), « Who may say how many have not died here? », le retour de l'esprit, « No village law is this, no city law », et les strophes 213-223 (« Friendship with noble souls », « Woeful is woman's lot », l'incorporation de Paṭācārā, « I, even I, am healèd of my hurt… I, sister Kisā-gotamī, have uttered this! »). (Vérifié au RAG, cert. 0,73-0,75.)
- Psalms of the Sisters, trad. Rhys Davids — Paṭācārā (XLVII et récit du commentaire) : la perte en cascade, l'errance nue (« Cloak-walker »), « Forbid her not », les larmes plus abondantes que « les eaux des quatre océans », « Sons are no shelter, nor father, nor any kinsfolk », le chagrin « plus léger à porter ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,75.)
- Psalms of the Sisters, trad. Rhys Davids — Ambapālī (LXVI) : récit du commentaire (la fille du manguier, courtisane de Vesālī, donatrice du vihāra) ; statut critique du poème (« a type-lyric, not a personal document ») ; Sundarī-Nandā : « I, even I, have seen… this body as in truth it really is », « Now for the body care I never more ». (Vérifié au RAG, cert. 0,76-0,77.)
- Introduction de la traductrice (même volume) : « For if Freedom drew, not less did Sorrow drive » ; émancipation 23 % chez les sœurs contre 13 % chez les frères, « the male singer had had the disposal of his life in his own hands… » ; la « stoic consolation » et le contraste avec le poète occidental (« And common was the commonplace… ») ; les motifs de sortie (deuil, veuvage, remords, luxe vide, drudgerie, mariage forcé, interdit intellectuel) ; datation et authorship (Pischel, ballads). (Vérifié au RAG, cert. 0,73-0,78.)
- Non indexés, signalés : Sermon de Bénarès et Anattalakkhaṇa Sutta (cours S4c2-S4c3, à ingérer — Lot 1b restant), Śāntideva Bodhicaryāvatāra trad. Finot (cours S4c6, Lot 1b), Épictète Manuel XI (« je l'ai rendu » — déjà au corpus, à recouper au moment de la mise en série), littérature critique contemporaine sur le Therīgāthā (Lot 2).
- Bhagavad-Gītā, traduction française d'Émile Burnouf (1861) — chant I (le char arrêté « entre les deux fronts de bataille », « Prince, vois ici réunis tous les Kurus », la vision des « pères, aïeux, précepteurs, oncles, frères, fils, petits-fils, amis, gendres, compagnons, partagés entre les deux armées », « ému d'une extrême pitié », « Mes membres s'affaissent… mon arc s'échappe de ma main… ma pensée est comme chancelante », « je ne désire ni la victoire, ni la royauté, ni les voluptés », « Dussent-ils me tuer… », « un grand péché », « désarmé et sans résistance », l'arc lâché « avec la flèche »). (Vérifié au RAG, cert. ~0,77-0,78.)
- Bhagavad-Gītā, trad. Burnouf — chant II : reproches de Krishna (« trouble indigne des Aryas », « honteuse faiblesse de cœur »), dilemme d'Arjuna (Bhîshma et Drôna, « pain mendié » vs « aliment souillé de sang », « L'âme blessée par la pitié… je ne vois plus où est la justice ») ; doctrine de l'âme (« elle ne tue pas, elle n'est pas tuée », « Elle ne naît, elle ne meurt jamais… », les vêtements usés, « Ni les flèches ne la percent… », « ne la pleure donc pas », « ce qui est né doit sûrement mourir… », « Combats donc, ô Bhârata ») ; karma-yoga (« Constant dans l'Union mystique… l'Union, c'est l'égalité d'âme », « Malheureux ceux qui aspirent à la récompense », portrait de l'homme « ferme en la sagesse »). (Vérifié au RAG, cert. ~0,76-0,83.)
- Bhagavad-Gītā, trad. Burnouf — chants V-VI (« laquelle des deux est la meilleure ? », « l'Union vaut mieux que le Renoncement », « Celui qui, sans aspirer au fruit des œuvres, accomplit l'œuvre prescrite… », « le caillou, la motte de terre et l'or », l'âme égale envers amis et ennemis) ; chant XI (la vision, « la joie remplit mon cœur, mais la crainte l'agite », « comme un père l'est à son fils… », « N'aie ni peur, ni trouble… », le « visage serein ») ; chant XIV (« égal au plaisir et à la douleur… la balance égale entre les joies et les peines, entre le blâme et l'éloge ») ; chant XVIII (« La Renonciation à un acte nécessaire n'est pas praticable… », « Il faut le faire », « il n'est pas possible que l'homme, doué d'un corps, s'abstienne absolument de toute action »). (Vérifiés au RAG, cert. ~0,75-0,76.)
- Bhagavad-Gītā, trad. Burnouf — préface du traducteur (« des défauts inhérents à toute traduction »). (Vérifié au RAG.)
- Martha Nussbaum, The Therapy of Desire (Princeton, 1994) — « the therapy of desire and judgment is its central focus in ethics » ; « the passions should be completely extirpated from human life » ; « the extirpation of passion is said to promise a new basis for political virtue » ; « their emphasis on the self-governing and self-critical powers of the soul… aimed at extending the benefits of philosophy to all human beings ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,79-0,80.)
- Non indexés, signalés dans le cours : datation et insertion de la Gītā dans le Mahābhārata ; terminologie sanskrite non translittérée par Burnouf (svadharma) ; ouverture de la bhakti à tous (chant IX) ; lectures de Gandhi (allégorie, non-attachement, « mère ») et de Tilak (action armée) ; l'assassin de Gandhi se réclamant de la Gītā ; Strī-parvan (le livre des lamentations des femmes dans le Mahābhārata) ; commentaires classiques (Śaṅkara, Rāmānuja).
- Śāntideva, Bodhicaryāvatāra, trad. Louis Finot (La marche à la lumière, 1920) — chap. VIII, « Identification de soi-même et d'autrui », v. 90-103 : « Tous, ayant les mêmes peines et les mêmes joies que moi, je dois les protéger comme moi-même » ; « Le corps, malgré la diversité des membres, est protégé comme un être unique… » ; « je dois combattre la douleur d'autrui, parce qu'elle est douleur, comme la mienne… » ; « par quel privilège serais-je l'objet unique de mes efforts vers le bonheur ? » ; « Leur douleur ne m'atteint pas !… Les souffrances du corps à venir ne m'atteignent pas non plus » ; « autre celui qui meurt, autre celui qui renaît » ; « la douleur du pied n'est pas celle de la main : pourquoi la main protège-t-elle le pied ? » ; « "Enchaînement" et "groupement" sont des fictions comme "assemblée" ou "armée". Il n'y a pas de sujet de la douleur » ; « Toutes les douleurs sans distinction sont impersonnelles : il faut les combattre en tant que douleur » ; « Mais, s'il n'existe pas d'être souffrant, pourquoi combattre la souffrance ? — Parce que tout le monde est unanime à cet égard… ». (V. 90-119 vérifiés directement sur le texte source DP du corpus projet —
inputs/corpus-dp/santideva_marche_lumiere_finot.txt —, Weaviate indisponible au moment de la rédaction ; le reste vérifié au RAG, cert. ~0,76-0,81.) - Śāntideva, Bodhicaryāvatāra, trad. Finot — chap. VIII, « Interversion du moi et d'autrui », v. 107-142 : « les Bodhisattvas plongent dans l'enfer comme des cygnes dans une touffe de lotus » ; « océan de joie qui noie tout » ; « Par habitude l'homme attache la notion de "moi" à des gouttes de sperme et de sang… » ; « pourquoi pas aux hommes comme parties de l'humanité ? » ; « le grand secret : l'interversion du moi et d'autrui » ; « qui ne haïrait ce moi aussi inquiétant qu'un ennemi… massacre oiseaux, poissons, quadrupèdes » ; « Si je donne, qu'aurai-je à manger ?… » ; « Tous ceux qui sont malheureux le sont pour avoir cherché leur propre bonheur… » ; « si on n'échange pas son bien-être contre la peine d'autrui » ; « Toutes les catastrophes… viennent de l'attachement au moi » ; « je me donne aux autres et j'adopte les autres à titre de "moi" » ; « J'appartiens à autrui ! » ; « Il ne sied pas que ces yeux, qui sont à d'autres… » ; l'exercice de l'envie (« Quoi ! Celui-là est bien traité, et moi non !… Je travaille tandis qu'il se repose ! »). (Vérifié au RAG, cert. ~0,80-0,81.)
- Śāntideva, Bodhicaryāvatāra, trad. Finot — chap. II (offrande et confession) : « toutes ces choses qui n'appartiennent à personne » ; « Je suis sans mérite, je suis très pauvre ; je n'ai rien d'autre à offrir » ; « Et je me donne moi-même aux Vainqueurs, sans réserve et tout entier » ; « "La mort ne viendra pas aujourd'hui !" Fausse sécurité ! » ; « Quittant le monde des vivants, quittant mes parents, mes amis, je m'en irai seul je ne sais où ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,76.)
- Śāntideva, Bodhicaryāvatāra, trad. Finot — chap. VI (la patience) : « Je ne m'irrite pas contre la bile et autres humeurs… Eux aussi sont irrités par les causes » ; « La douleur a une grande vertu : c'est un ébranlement… » ; v. 123-127 : « Celui dont le corps est environné de flammes… les Compatissants ne peuvent éprouver aucune joie » ; « je me fais le serviteur du monde » ; « Servir les créatures, c'est servir les Buddhas… c'est donc le vœu auquel je m'oblige ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,76.)
- Śāntideva, Bodhicaryāvatāra, trad. Finot — chap. VIII v. 85-89 (éloge de la solitude : « qui marche en songeant au salut d'autrui ») ; chap. IX v. 79-87 (« Le corps n'est pas les pieds… Qu'est-ce que le corps ? » ; « il n'y a pas de pied : c'est une réunion d'orteils ») ; chap. X (dédicace : « Que les aveugles voient, que les sourds entendent, que les femmes enfantent sans douleur » ; « Que les peureux se rassurent, que les affligés reçoivent la joie… »). (Vérifié au RAG, cert. ~0,76.)
- Non indexés, signalés dans le cours : légende de Śāntideva à Nālandā (historiographes tibétains — Butön, Tāranātha) ; Prajñākaramati, Bodhicaryāvatāra-pañjikā (commentaire, deux vérités) ; objections des commentateurs modernes sur l'échange de soi et d'autrui (notamment P. Williams, Studies in the Philosophy of the Bodhicaryāvatāra) ; Levinas (rapprochement prospectif, saison 9) ; doctrine détaillée des deux vérités et du madhyamaka ; littérature secondaire.
- Ācārāṅga Sūtra, trad. Hermann Jacobi, Jaina Sutras, Part I (Sacred Books of the East, vol. 22, 1884) — Livre I, 4e lecture (« Righteousness ») : « The Arhats and Bhagavats of the past, present, and future… all breathing, existing, living, sentient creatures should not be slain, nor treated with violence, nor abused, nor tormented, nor driven away » ; « This is the pure, unchangeable, eternal law » ; la doctrine des indignes (« there is no wrong in it. That is a doctrine of the unworthy ») et sa réfutation (« wrongly seen, wrongly heard… ») ; l'argument dialogique (« Ye professors! is pain pleasant to you, or unpleasant? … For all sorts of living beings pain is unpleasant »). (Vérifié au RAG, cert. ~0,78-0,79.)
- Ācārāṅga Sūtra, trad. Jacobi — Livre I, 2e lecture : « For there is nothing inaccessible for death. All beings are fond of life… To all life is dear » ; « he who knows animal existence, knows pain » (note de Jacobi : la vraie connaissance d'une chose est inséparable de celle de toutes). (Vérifié au RAG, cert. ~0,77-0,79.)
- Ācārāṅga Sūtra, trad. Jacobi — Livre I, 1re lecture, leçons 3-4 (corps d'eau et de feu) : « to the monks water has been declared to be living matter » ; l'eau non filtrée comme vol (« takes away what has not been given ») ; l'objection bouddhiste (« We have permission… But in this their doctrine is of no authority ») ; « He who denies the world (of fire-bodies), denies the self » ; les êtres de l'herbe, du bois, de la bouse et des tas de poussière qui se recroquevillent au feu. (Vérifié au RAG, cert. ~0,77-0,84.)
- Ācārāṅga Sūtra, trad. Jacobi — Livre I, 3e lecture : « This is the doctrine of the Seer, who does not injure living beings… Is there any worldly weakness in the Seer? There exists none. » (Vérifié au RAG, cert. ~0,79.)
- Ācārāṅga Sūtra, trad. Jacobi — Livre II, 1re lecture (tournée d'aumône) : détours devant obstacles et bêtes agressives (« circumspectly avoid them, and not walk on straight ») ; interdiction d'essuyer le corps sur « clay containing life, or timber inhabited by worms, or anything containing eggs, living beings… cobwebs » ; examiner et balayer l'entrée (« having examined and swept ») ; ne pas mendier en pointant, poussant, menaçant du doigt, ni en flattant ; ne pas se tenir en vue d'une maison où un autre mendiant est entré. (Vérifié au RAG, cert. ~0,82.)
- Non indexés, signalés dans le cours : biographie de Mahāvīra et lignée des tīrthaṅkara (Kalpa Sūtra, littérature secondaire) ; terminologie scolastique des classes d'êtres (ekendriya) et des vœux (mahāvrata/aṇuvrata, Tattvārtha Sūtra) ; balai rituel (rajoharaṇa) et linge buccal ; sallekhanā ; histoire sociale des communautés jaïnes (commerce vs agriculture) ; Cārvāka/Lokāyata en totalité (Bṛhaspati, perte des sūtras, doxographies type Sarvadarśanasaṃgraha de Mādhava, vers hédonistes) ; Bentham, Plumwood, Coccia (annonces S10).
- Lal Ded (Lallā), Lalla-Vakyani, or the Wise Sayings of Lal Ded, éd. et trad. George Grierson & Lionel Barnett (Royal Asiatic Society, 1920) — verset 94 : « My teacher spoke to me but one precept… and therefore naked began I to dance », avec la glose du commentaire (le monde extérieur reconnu comme illusion, « So she abandoned even her dress and took to going about naked », « filled with the supreme rapture, she behaved like a madwoman », la danse de la dévote nue comme copie de la danse de Śiva, « has wholly surrendered the world », l'errance nue « the subject of more than one story in Kashmir ») ; verset 93 : « The soul is ever new and new… But since I, Lalla, scoured my body and my mind, I, Lalla, am ever new and new » ; verset 7 : « Lord, I have not known myself or other than myself… That Thou art I, that I am Thou » ; verset 109 : « This All is only Thou, O Nārāyaṇa, only Thou ». (Vérifié au RAG, cert. 0,74-0,77 ; OCR archive.org dégradé — citations limitées aux passages lisibles et recoupés.)
- Psalms of the Sisters (Therīgāthā), trad. C.A.F. Rhys Davids, 1909 — récit de la graine de moutarde et parole du charnier : « No village law is this, no city law… this is the Law: ALL IS IMPERMANENT! » (boucle avec S4c5, même source). (Vérifié au RAG, cert. 0,75-0,77.)
- Martha Nussbaum, The Therapy of Desire (1994) — le modèle médical des écoles hellénistiques : « "Purgation" and "drugging" are not ancillary to philosophy; they are what, given its practical commitment, philosophy must become » ; les arguments « fundamentally directed to her health as an individual, rather than to any communal end » ; l'amitié centrale mais instrumentale, la communauté politique hors du but. (Vérifié au RAG, cert. 0,74-0,76.)
- Non indexés, signalés dans le cours : Akka Mahadevi (vacanas kannada, Chennamallikarjuna, la marche vêtue de ses cheveux, l'assemblée de Kalyāṇa — trad. de référence à ingérer, Lot 2) ; Mirabai (padas, Kṛṣṇa, la coupe de poison — corpus à choisir, Lot 2) ; cadre général du mouvement bhakti (vernaculaires, viraha, ouverture de caste) ; Kumārajīva et Xuanzang (pont vers S5) ; les cyniques et l'anaideia (acquis de la série, S3c5, sans nouvelle citation).
Saison 5 — La Chine : le souple l'emporte sur le dur
- Mencius, Meng Tzeu, trad. Séraphin Couvreur (Les Quatre Livres, 1895) — 2A.6 : « Supposons qu'un groupe d'hommes aperçoive soudain un enfant qui va tomber dans un puits… un sentiment de crainte et de compassion », les trois exclusions (amitié des parents, éloges, réputation), « celui-là ne serait pas homme dont le cœur ne connaîtrait pas la compassion », « La compassion est le principe de la bienfaisance », « tout homme a naturellement ces quatre principes, comme il a quatre membres ». (Vérifié au RAG, cert. 0,76.)
- Laozi, Tao Te King (Dao de jing), trad. Stanislas Julien (1842) — chap. LXXVI : « Quand l'homme vient au monde, il est souple et faible ; quand il meurt, il est roide et fort… La roideur et la force sont les compagnes de la mort ; la souplesse et la faiblesse sont les compagnes de la vie », « lorsqu'une armée est forte, elle ne remporte pas la victoire », « Ce qui est souple et faible occupe le rang supérieur ». (Vérifié au RAG, cert. 0,83.)
- Laozi, Tao Te King, trad. Julien — chap. LXXVIII : « Parmi toutes les choses du monde, il n'en est point de plus molle et de plus faible que l'eau, et cependant, pour briser ce qui est dur et fort, rien ne peut l'emporter sur elle », « Ce qui est faible triomphe de ce qui est fort ; ce qui est mou triomphe de ce qui est dur », « Celui qui supporte les opprobres du royaume devient chef du royaume… Les paroles droites paraissent contraires à la raison ». (Vérifié au RAG, cert. 0,79-0,83.)
- Zhuangzi, Œuvre de Tchoang-tzeu, trad. Léon Wieger (1913) — le sur-homme qui « pénètre tous les corps sans éprouver de leur part aucune résistance », « il n'est pas brûlé par le feu », « parce qu'il a conservé pur et intact l'esprit vital originel reçu à sa naissance » ; l'être qui « a réduit son moi distinct… n'entre plus en conflit avec aucun être, parce qu'il est établi dans l'infini, effacé dans l'indéfini ». (Vérifié au RAG, cert. 0,80.)
- Non indexés, signalés dans le cours : Kumārajīva et Xuanzang (traducteurs et pèlerin, entrée du bouddhisme en Chine, pont vers S5c7 Guanyin / boucle S4) ; l'étymologie graphique des caractères rou 柔 et ruo 弱 ; la lecture « stratégique » du taoïsme politique et son voisinage avec le légisme ; le rapprochement wu wei / apatheia stoïcienne (acquis de la série, S3, sans nouvelle citation) ; le cadre historique général des Royaumes combattants et des Han.
- Mencius, Meng Tzeu, trad. Séraphin Couvreur (Les Quatre Livres, 1895) — 2A.6 : « Voici un exemple qui prouve… un enfant qui va tomber dans un puits… un sentiment de crainte et de compassion », les trois exclusions (amitié des parents, éloges, réputation), « celui-là ne serait pas homme… », les quatre principes (compassion/bienfaisance, honte/justice, refus-cession/urbanité, approbation-réprobation/sagesse), « comme il a quatre membres », « se nuit gravement à lui-même ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,82.)
- Mencius, Meng Tzeu, trad. Couvreur — 1A.7 : le bœuf du roi Suan (« je ne puis supporter de le voir trembler comme un innocent qui serait conduit au supplice », la brebis substituée, « vous aviez devant les yeux le bœuf, et non la brebis », « il place loin de ses appartements la boucherie et la cuisine », « votre bonté s'étend jusqu'aux animaux, et votre action n'atteint pas vos sujets »). (Vérifié au RAG, cert. ~0,81.)
- Mencius, Meng Tzeu, trad. Couvreur — 6A.1-6 : controverse avec Kao tzeu (l'osier et l'écuelle, « vous devez couper et maltraiter l'osier », l'eau qui ne discerne pas l'orient de l'occident, « la nature de l'homme tend au bien, comme l'eau tend en bas », l'eau frappée qui jaillit, « alors sa nature souffre violence ») ; réponse à Koung tou tzeu (« Les tendances de notre nature peuvent toutes servir à faire le bien »). (Vérifié au RAG, cert. ~0,83.)
- Mencius, Meng Tzeu, trad. Couvreur — 6A (creuser un puits sans aller jusqu'à la source) ; 3A.5 (l'enfant qui se traîne au bord du puits, lecture du Chou King contre I Tcheu — variante pédagogique du motif). (Vérifiés au RAG.)
- Non indexés, signalés dans le cours : Xunzi (nature mauvaise, artifice), Dai Zhen (réhabilitation des désirs), Hobbes (Léviathan I, 13 — rapprochement interprétatif, cours S7c6), littérature secondaire (A. Cheng, Histoire de la pensée chinoise — Lot 2 du corpus).
- Confucius, Entretiens de Confucius (Lun yu), trad. Guillaume Pauthier (1841). Passages vérifiés au RAG (corpus Weaviate, cert. ~0,73–0,77) : - Le débat avec Tsaï-ngo (Zai Wo) sur la durée du deuil : « Tsaï-ngo demanda si, au lieu de trois années de deuil après la mort des parents, une révolution de douze lunes ne suffirait pas » ; l'argument de la désuétude des rites et de la musique ; « Quand les anciens fruits sont parvenus à leur maturité… On change le feu en forant les bois qui le donnent » ; la réplique de Confucius (« seriez-vous satisfait et tranquille ? — Je serais satisfait et tranquille… alors pratiquez-la ») ; l'homme supérieur qui « ne trouvera point de douceur dans les mets les plus recherchés… il ne réduira pas ses trois années de deuil ». - La scène du chant : le Philosophe qui s'excuse sur son indisposition puis « prit sa guitare, et se mit à chanter, dans le dessein de se faire entendre ». - La mort de Yan-youan (Yan Hui) : « Hélas ! le ciel m'accable de douleurs ! » (répété) ; « le Philosophe le pleura avec excès » ; « Notre maître se livre trop à sa douleur » ; « N'ai-je pas éprouvé une perte extrême ? Si je ne regrette pas extrêmement un tel homme, pour qui donc éprouverais-je une pareille douleur ? » ; le refus des grandes funérailles (« Il ne le faut pas ») ; « Houei me considérait comme son père ; moi, je ne puis le considérer comme mon fils : la cause n'en vient pas de moi, mais de mes disciples ». - Servir les esprits, connaître la mort : « Quand on n'est pas encore en état de servir les hommes, comment pourrait-on servir les esprits et les génies ? » ; « Quand on ne sait pas encore ce que c'est que la vie, comment pourrait-on connaître la mort ? » - Le deuil de trois ans contesté par les ministres : le prince qui ordonne un deuil de trois ans ; le refus des ministres (« De tous les anciens princes de Lou, aucun n'a pratiqué cette coutume… ») ; l'argument de la coutume des ancêtres. - Les rites des ancêtres / la piété filiale : « ils exposaient aux regards les robes et les différents vêtements des ancêtres, et ils leur offraient les mets de la saison » ; les places réglées selon dignité, rang et âge dans la salle des ancêtres ; « ils les servaient morts comme ils les auraient servis vivants… n'est-ce pas là le comble de la piété filiale ? » - Note de translittération : les graphies de Pauthier (Khong-tseu = Confucius/Kongzi ; Yan-youan / Houei = Yan Hui ; Tsaï-ngo = Zai Wo) sont conservées DANS les citations ; en prose, formes courantes. Artefacts OCR évidents corrigés silencieusement.
- Non indexés au corpus, signalés dans le cours : la Stoa et l'apatheia (rappel de la série, S3 — textes stoïciens non indexés ici) ; Laozi et Zhuangzi (la critique taoïste du ritualisme, à venir en S5c5-c6 — non indexés ici) ; la littérature sinologique secondaire (A. Cheng, Histoire de la pensée chinoise).
- Confucius, Entretiens (Lun yu), trad. Guillaume Pauthier (1841) — II.7 (Tseu-yeou) : « ceux qui nourrissent leurs père et mère ; mais ce soin s'étend également aux chiens et aux chevaux… Si on n'a pas de vénération et de respect pour ses parents, quelle différence… ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,81.)
- Confucius, Lun yu, trad. Pauthier — II.6 (Meng-i'tseu / Meng Wu Bo) : « Il n'y a que les pères et les mères qui s'affligent véritablement de la maladie de leurs enfants. » (Vérifié au RAG.)
- Confucius, Lun yu, trad. Pauthier — II.8 (Tseu-kia / Zixia) : « C'est dans la manière d'agir et de se comporter que réside toute la difficulté… est-ce là exercer la piété filiale ? » (Vérifié au RAG.)
- Confucius, Lun yu, trad. Pauthier — II.5 (Meng-i'tseu) : la piété filiale « consiste à ne pas s'opposer aux principes de la raison » ; explication à Fan-tchi (servir selon les rites pendant la vie, ensevelir et sacrifier selon les rites après la mort, li). (Vérifié au RAG.)
- Confucius, Lun yu, trad. Pauthier — I.9 (Tseng-tseu) : « Il faut être attentif à accomplir dans toutes leurs parties les rites funéraires… alors le peuple… retournera à la pratique de cette vertu salutaire. » (Vérifié au RAG.)
- Confucius, Lun yu, trad. Pauthier — I.11 : « pendant les trois années qui suivent la mort de son père, le fils qui, dans ses actions, ne s'écarte point de sa conduite peut être appelé doué de piété filiale. » (Vérifié au RAG.)
- Mencius, Meng Tzeu, trad. Pauthier — les cinq manquements à la piété filiale (oisiveté ; jeu et vin ; richesses et volupté ; honte infligée aux parents ; force brutale et rixes exposant les parents au danger). (Vérifié au RAG.)
- Non indexés, signalés dans le cours : Classique de la piété filiale (Xiaojing) ; Lun yu I.2 (« la racine de l'humanité » — formule attendue mais non ressortie en trad. Pauthier au RAG, à vérifier) ; étymologie graphique du caractère 孝 (vieillard + enfant) ; Eva Kittay, Love's Labor (écho care/dépendance, développé en S9) ; littérature sinologique secondaire (A. Cheng, Histoire de la pensée chinoise — Lot 2 du corpus).
- Laozi, Tao Te King (Dao de jing), trad. Stanislas Julien (1842) — chapitre LXXVIII : « Parmi toutes les choses du monde, il n'en est point de plus molle et de plus faible que l'eau, et cependant, pour briser ce qui est dur et fort, rien ne peut l'emporter sur elle. Pour cela rien ne peut remplacer l'eau » ; « Ce qui est faible triomphe de ce qui est fort ; ce qui est mou triomphe de ce qui est dur » ; « Dans le monde il n'y a personne qui ne connaisse cette vérité, mais personne ne peut la mettre en pratique » ; « Celui qui supporte les opprobres du royaume devient chef du royaume… le roi de l'empire » ; « Les paroles droites paraissent contraires à la raison ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,79.)
- Laozi, Tao Te King, trad. Julien — chapitre LXXVI : « Quand l'homme vient au monde, il est souple et faible ; quand il meurt, il est roide et fort » ; « Quand les arbres et les plantes naissent, ils sont souples et tendres ; quand ils meurent, ils sont secs et arides » ; « La roideur et la force sont les compagnes de la mort ; la souplesse et la faiblesse sont les compagnes de la vie » ; « lorsqu'une armée est forte, elle ne remporte pas la victoire » ; « Lorsqu'un arbre est devenu fort, on l'abat » ; « Ce qui est fort et grand occupe le rang inférieur ; ce qui est souple et faible occupe le rang supérieur ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,84, requête ciblée.)
- Laozi, Tao Te King, trad. Julien — voisinage LXVIII-LXX : « Celui qui excelle à vaincre ne lutte pas » ; « Je n'ose avancer d'un pouce, j'aime mieux reculer d'un pied » ; chapitre LXXVII : le Saint « fait le bien et ne s'en prévaut point », « il ne veut pas laisser voir sa sagesse ». (Vérifiés au RAG, voisinage des extraits ciblés.)
- Non indexés, signalés dans le cours : chapitre LV (« Celui qui possède une vertu solide ressemble à un nouveau-né » — à vérifier sur Julien 1842) ; statut historique et datation de Laozi et du Daodejing ; Paul (« ma puissance s'accomplit dans la faiblesse ») et la kénose (Nouveau Testament — traités en Saison 6, mention ici à seule fin de contraste) ; wu wei comme stratégie/maîtrise vs consentement (lecture interprétative) ; littérature secondaire sinologique (A. Cheng, Histoire de la pensée chinoise — Lot 2 du corpus).
- Zhuangzi, Œuvre de Tchoang-tzeu (Zhuangzi), trad. Léon Wieger (1913) — la mort de l'épouse : la genèse depuis l'indéterminé (« la matière ténue qui devint un corps organisé »), « Les phases de mort et de vie s'enchaînent, comme les périodes des quatre saisons », « Celle qui fut ma femme dort maintenant dans le grand dortoir… en attendant sa transformation ultérieure », « Si je la pleurais, j'aurais l'air de ne rien savoir du destin… je ne la pleure pas ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,77-0,79.)
- Zhuangzi, trad. Wieger — l'arbre inutile et l'utilité fatale : « Aussi suis-je heureux d'être inutile… Si tu es un homme utile, tu ne vivras pas vieux » ; « c'est son incapacité pour les usages communs… son action tutélaire se réduit à ne rien faire » ; les arbres du pays de Song à King-cheu (« Les tout petits sont coupés… Tous périssent par la hache… parce qu'ils peuvent servir ») ; les victimes impropres au sacrifice (bœufs à tête blanche, hommes atteints de fistules) ; « La même incapacité donne à certains hommes le loisir d'atteindre à la transcendance parfaite ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,77.)
- Zhuangzi, trad. Wieger — l'utile et l'inutile : joute avec le sophiste Hoei-tzeu (la terre utile / l'abîme / « inutile et utile sont synonymes »). (Vérifié au RAG, cert. ~0,75.)
- Zhuangzi, trad. Wieger — consentir à la transformation : Tcheu-li et Hoa-kie devant les tombes et l'anthrax (« Pourquoi cela me ferait-il peur ?… La mort et la vie se succèdent comme le jour et la nuit ») ; Tzeu-lai mourant (« Taisez-vous ! Sortez ! Ne troublez pas son passage ! », « Bonne est la transformation… Deviendras-tu organe d'un rat, ou patte d'un insecte ? ») ; le grand fondeur (« Le ciel et la terre sont la grande fournaise, la transformation est le grand fondeur ; tout ce qu'il fera de nous doit nous agréer ») ; le poème du sage qui « sourit à la mort prématurée… car il sait que tous les êtres font partie du tout qui évolue » ; le retour au « néant de forme » et la « porte céleste ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,72-0,77.)
- Zhuangzi, trad. Wieger — les chanteurs devant le cadavre : Sang-hou, Mong-tzeu-fan et Kinn-tchang ; les amis chantant à la cithare devant le corps (« Ô Sang-hou !… Te voilà uni à la transcendance, tandis que nous sommes encore des hommes, hélas ! ») ; la question de Tzeu-koung, disciple de Confucius : « Est-il conforme aux rites de chanter ainsi en présence d'un cadavre ? ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,72.)
- Non indexés, signalés dans le cours : les difformes nommés du chapitre 5 (Wang T'ai, le bossu, etc. — à retrouver sur Wieger avant citation) ; Kisā Gotamī (saison indienne, S4c5) et l'apatheia stoïcienne (S3c6), acquis de la série mobilisés par contraste, non recités ; littérature secondaire sinologique (A. Cheng, Histoire de la pensée chinoise ; J.-F. Billeter, Leçons sur Tchouang-tseu — Lot 2 du corpus, à vérifier).
- Sūtra du Lotus, Le Lotus de la bonne loi, trad. Eugène Burnouf (1852) — chapitre XXIV (« Le récit parfaitement heureux »), consacré au bodhisattva Avalôkitêçvara. Passages vérifiés au RAG : la question d'Akchayamati (« Pourquoi… le Bôdhisattva Mahâsattva Avalôkitêçvara porte-t-il ce nom ? ») et la réponse de Bhagavat (« toutes ces créatures n'ont qu'à entendre le nom… pour être délivrées de cette masse de douleurs ») ; la litanie des périls (le feu « s'éteindra comme s'il était arrosé d'eau », l'océan « demeure des Nâgas », le Mêru, les montagnes de diamant, les ennemis « armés de leurs épées », le bourreau dont « le glaive se brise en mille pièces », les chaînes qui « tombent aussitôt », les démons, les bêtes féroces, les reptiles « lançant le poison par les yeux », la pluie et la foudre qui « se calmera au même instant ») ; la caravane (« invoquez tous d'une seule voix… par le seul acte de prononcer ce nom, la caravane serait délivrée ») ; « qu'il fût coupable ou innocent » ; l'affranchissement de la passion, de la haine et de l'erreur ; la voix « comme le bruit du nuage ou du tambour… qui franchit la limite de l'espace où règne le son » ; la louange versifiée (« Ô toi dont les yeux sont beaux, pleins de bienveillance… toi dont les beaux yeux et le beau visage sont si aimables » ; « exprimant par ses regards la charité et la compassion pour tous les êtres » ; « ta charité, semblable à un grand nuage de miséricorde… tu éteins le feu du malheur ») ; « voit d'une manière complète les êtres renfermés dans tous les univers situés vers les dix points de l'espace ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,76-0,79. Graphies de Burnouf conservées : Avalôkitêçvara, Bôdhisattva, Mahâsattva, Bhagavat, Akchayamati, Nâgas, Mêru.)
- Boucle avec la saison indienne : Śāntideva, Bodhicaryāvatāra, trad. Louis Finot (S4c7) — l'échange de soi et d'autrui (« j'adopte les autres à titre de "moi" »), « les Bodhisattvas plongent dans l'enfer comme des cygnes dans une touffe de lotus ». Contraste structurel : chez Śāntideva, MOI qui prends la souffrance ; chez Guanyin, un AUTRE qu'on invoque.
- Échos internes : Mencius (S5c2), la compassion qui naît de la présence (« vous aviez devant les yeux le bœuf, et non la brebis ») et la tâche d'extension à l'invisible — contrastée avec le cri qui franchit les murs ; Levinas (S9, annoncé), la vulnérabilité par le visage — contrastée avec la vulnérabilité par le cri ; bilan Chine (S5c8, annoncé).
- Non indexés au corpus — à vérifier : la féminisation de Guanyin (figure maternelle, déesse de la miséricorde — phénomène tardif, surtout à partir du tournant du second millénaire) ; l'étymologie Guanshiyin/Guanyin (« qui perçoit les sons du monde ») ; la chronologie des traductions chinoises du Lotus (Dharmarakṣa, Kumārajīva) ; la dévotion de la Terre pure et la théologie de l'invocation du nom ; les interprétations de la sinisation et de la compassion auditive (lectures de l'auteur) ; littérature sinologique secondaire.
- Zhuangzi, Œuvre de Tchoang-tzeu (Zhuangzi), trad. Léon Wieger (1913) — la vie et la mort comme conversion : « De la vie à la mort, il n'y a pas transformation, il y a conversion. Les philosophes s'échauffent, quand il s'agit de définir la différence entre ces deux états. Pour moi, il n'y a pas de différence ; les deux états n'en sont qu'un. » (Vérifié au RAG, cert. 0,77.)
- Martha Nussbaum, The Therapy of Desire (1994) — la tension du modèle médical : le philosophe-médecin « moved by some sort of compassionate response to that need », alors que « for none of the schools is compassion (pity) an appropriate motivation; for all insist that the wise person is free from all (or, in the Epicurean case, most) emotions ». (Vérifié au RAG, cert. 0,78-0,80.)
- Non indexés au corpus de ce bilan, vérifiés dans leurs cours respectifs et signalés comme tels : Mencius, Meng Tzeu, trad. Couvreur (l'enfant au puits, le ceyin zhi xin, les quatre germes — S5c2) ; Confucius, Entretiens, trad. Couvreur (le deuil de trois ans, servir les morts « comme s'ils avaient encore été près d'eux » — S5c3) ; la piété filiale / xiào et ses dépendances sans réciprocité (S5c4) ; Laozi, Tao Te King, trad. Julien (« le souple et le faible l'emportent sur le dur et le fort », l'eau, le contraste Laozi/Paul — S5c5) ; Zhuangzi, le chant sur la jarre et les maîtres difformes inutiles (S5c6) ; le Sūtra du Lotus, chap. XXIV, trad. Burnouf (Guanyin / Avalokiteśvara — S5c7).
- Acquis de la série, sans nouvelle citation : l'opposition des deux questions (« qu'est-ce que la vulnérabilité ? » vs « comment répondre et durer ? », pont S5c1) ; la citadelle stoïcienne et l'apatheia (S3) ; l'anattā et le char de Nāgasena (S4) ; la triade veuve-orphelin-étranger et la kenōsis de Paul (annoncées pour S6).
Saison 6 — Monothéismes : la faiblesse devant l'absolu
- Bible, Exode (trad. Louis Segond) — Exode 23, 9 : « Tu n'opprimeras point l'étranger ; vous savez ce qu'éprouve l'étranger, car vous avez été étrangers dans le pays d'Égypte. » Exode 23, 12 : le relâche du sabbat pour le bœuf, l'âne, le fils de l'esclave et l'étranger. (Vérifié au RAG, cert. ~0,74-0,75.)
- Bible, Exode 22 (trad. Segond) — l'oppression de la veuve et de l'orphelin et le cri entendu par l'Éternel (« S'il crie à moi, je l'entendrai, car je suis miséricordieux » — verset sur le gage du vêtement, contexte du chapitre 22). (Référence sûre ; verbatim complet du verset sur la veuve/l'orphelin lacunaire dans le corpus indexé — à confirmer.)
- Bible, Deutéronome (trad. Segond) — Deutéronome 10, 17-19 : « le Dieu grand, fort et terrible, qui ne fait point acception des personnes et qui ne reçoit point de présent », « qui fait droit à l'orphelin et à la veuve, qui aime l'étranger et lui donne de la nourriture et des vêtements », « Vous aimerez l'étranger, car vous avez été étrangers dans le pays d'Égypte. » (Vérifié au RAG, cert. ~0,78-0,79.)
- Bible, Deutéronome 24 (trad. Segond) — 24, 14-15 (le mercenaire pauvre payé le jour même, sinon « il crierait à l'Éternel contre toi ») ; 24, 17 (« Tu ne porteras point atteinte au droit de l'étranger et de l'orphelin, et tu ne prendras point en gage le vêtement de la veuve ») ; 24, 18 (« Tu te souviendras que tu as été esclave en Égypte ») ; 24, 19-20 (le glanage de la gerbe oubliée et des oliviers laissé à l'étranger, à l'orphelin et à la veuve). (Vérifié au RAG, cert. ~0,78.)
- Non indexés au corpus, signalés dans le cours : le terme hébreu ger et la distinction étranger résident / étranger de passage (analyse lexicale à vérifier) ; les parallèles du Proche-Orient ancien (rhétorique royale mésopotamienne et égyptienne de la protection de la veuve et de l'orphelin) ; la filiation vers Emmanuel Levinas (la racine « tu as été étranger », annoncée pour S9) ; les versets d'extermination et de lapidation de l'idolâtre (Deutéronome 13) cités comme contraste du cercle de la protection ; la critique anthropologique du don et de l'assignation.
- Acquis de la série, sans nouvelle citation : le paradoxe de la valorisation — protéger sans infantiliser (S1c7) ; le sursaut de Mencius devant l'enfant au puits comme germe non obligeant (S5c2) ; la distinction vertu du fort qui s'abaisse / droit du faible (acquis du pont S6 et du bilan S5c8) ; les cinq gestes du catalogue, dont « répondre ».
- Bible, Livre de Job (trad. Louis Segond, éd. 1910) — Job 1-2 : prologue, « un homme intègre et droit ; il craignait Dieu, et se détournait du mal » ; l'ulcère « depuis la plante du pied jusqu'au sommet de la tête » ; « Maudis Dieu, et meurs ! » ; les trois amis (Éliphaz de Théman, Bildad de Schuach, Tsophar de Naama), « ils ne le reconnurent pas », les sept jours et sept nuits de silence. (Vérifié au RAG, cert. ~0,76-0,80.)
- Bible, Job 3 (Segond) — la malédiction du jour de la naissance : « Périsse le jour où je suis né… Ce jour ! qu'il se change en ténèbres. » (Vérifié au RAG, cert. ~0,80.)
- Bible, Job 10 (Segond) — « Mon âme est dégoûtée de la vie ! Je donnerai cours à ma plainte… Ne me condamne pas ! Fais-moi savoir pourquoi tu me prends à partie ! » ; « Tes mains m'ont formé… Et tu me détruirais ! » ; « Souviens-toi que tu m'as façonné comme de l'argile. » (Vérifié au RAG, cert. ~0,76.)
- Bible, Job 16 (Segond) — « vous êtes tous des consolateurs fâcheux. Quand finiront ces discours en l'air ? » ; le corps brisé (« il me fait brèche sur brèche, il fond sur moi comme un guerrier »). (Vérifié au RAG, cert. ~0,77.)
- Bible, Job 19 (Segond) — « Jusques à quand affligerez-vous mon âme… Voilà dix fois que vous m'outragez » ; « Si réellement j'ai péché, seul j'en suis responsable » ; « Voici, je crie à la violence, et nul ne répond ; j'implore justice, et point de justice ! » ; l'abandon des proches (« je suis un étranger pour mes serviteurs ») ; « Ayez pitié, ayez pitié de moi, vous, mes amis ! Car la main de Dieu m'a frappé. » (Vérifié au RAG, cert. ~0,75-0,76.)
- Bible, Job 21 (Segond) — la prospérité des méchants : « Pourquoi les méchants vivent-ils ?… Dans leurs maisons règne la paix… la verge de Dieu ne vient pas les frapper. » (Vérifié au RAG, cert. ~0,77.)
- Bible, Job 9 (Segond) — « Il n'y a pas entre nous d'arbitre, qui pose sa main sur nous deux. » (Vérifié au RAG, cert. ~0,76.)
- Bible, Livre des Psaumes (Segond) — Psaume 102 : la suscription (« répand sa plainte devant l'Éternel ») ; « Éternel, écoute ma prière, et que mon cri parvienne jusqu'à toi ! Ne me cache pas ta face… » ; « Mes jours s'évanouissent en fumée… Je ressemble au pélican du désert… l'oiseau solitaire sur un toit. » (Vérifié au RAG, cert. ~0,78.)
- Bible, Psaume 88 (Segond) — « je crie jour et nuit devant toi » ; « ma vie s'approche du séjour des morts » ; « Tu m'as jeté dans une fosse profonde, dans les ténèbres, dans les abîmes. Ta fureur s'appesantit sur moi » ; « Pourquoi, Éternel, repousses-tu mon âme ? Pourquoi me caches-tu ta face ? » ; clôture sans résolution : « Tu as éloigné de moi amis et compagnons ; mes intimes ont disparu. » (Vérifié au RAG, cert. ~0,78.)
- Bible, Psaume 69 (Segond) — « je suis devenu un étranger pour mes frères » ; « Retire-moi de la boue… Que les flots ne m'inondent plus » ; « Réponds-moi, en m'assurant ton secours ! » ; « des consolateurs, et je n'en trouve aucun. » (Vérifié au RAG, cert. ~0,77.)
- Non indexés au corpus, signalés dans le cours : le discours de Dieu « du milieu de la tempête » (Job 38-41), Béhémoth et Léviathan ; le verdict de l'épilogue donnant raison à Job et tort aux amis (Job 42, 7) ; la soumission finale de Job (« je me condamne et je me repens sur la poussière », Job 42, 6) ; les Psaumes 22 (« Mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ») et 130 (« Des profondeurs je crie ») dans leur lettre ; le concept de théodicée et Leibniz ; la consolation stoïcienne (Sénèque, S3) en rappel de série ; la lecture de Maïmonide (Guide des égarés III), annoncée pour S6c7.
- Acquis de la série, sans nouvelle citation : la triade veuve-orphelin-étranger et le cri entendu (S6c1) ; le parti de l'invulnérabilité et l'extirpation de la plainte (S3) ; le sursaut de Mencius devant l'enfant (S5c2) ; le critère de la série (« qui peut dire sa blessure »).
- Bible, Épître aux Philippiens, trad. Louis Segond — chapitre 2, versets 5-9 : « Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus-Christ, lequel, existant en forme de Dieu, n'a point regardé comme une proie à arracher d'être égal avec Dieu, mais s'est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes ; et ayant paru comme un simple homme, il s'est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu'à la mort, même jusqu'à la mort de la croix. C'est pourquoi aussi Dieu l'a souverainement élevé, et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom. » (Vérifié au RAG, cert. ~0,81, requête ciblée.)
- Bible, Deuxième épître aux Corinthiens, trad. Segond — chapitre 12, versets 9-10 : « Ma grâce te suffit, car ma puissance s'accomplit dans la faiblesse. Je me glorifierai donc bien plus volontiers de mes faiblesses, afin que la puissance de Christ repose sur moi. C'est pourquoi je me plais dans les faiblesses, dans les outrages, dans les calamités, dans les persécutions, dans les détresses, pour Christ ; car, quand je suis faible, c'est alors que je suis fort. » (Vérifié au RAG, cert. ~0,79-0,81.)
- Bible, Deuxième épître aux Corinthiens, trad. Segond — chapitre 8, verset 9 : « Car vous connaissez la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, qui pour vous s'est fait pauvre, de riche qu'il était, afin que par sa pauvreté vous fussiez enrichis. » (Vérifié au RAG, cert. ~0,76.)
- Non indexés, signalés dans le cours : le terme grec kénōsis et son histoire conceptuelle ; le contexte des cités de Corinthe et de Philippes, la biographie de Paul, la querelle sur le statut pré-paulinien de l'hymne ; Laozi (rappelé de S5c5, traité dans le corpus sous la traduction Julien, ici à seule fin de contraste) ; Nietzsche et la Généalogie de la morale (le ressentiment, la morale des esclaves), développés en S6c11, mention à seule fin d'annonce ; le rapprochement libération/mystification (lecture interprétative).
- Augustin, Les Confessions, trad. française (DP) — livre VIII, chapitre IX (« L'esprit commande au corps ; il est obéi : l'esprit se commande, et il se résiste ») : « D'où vient ce prodige ? quelle en est la cause ? », « L'esprit commande à la main de se mouvoir… et l'esprit est esprit, la main est corps. L'esprit commande de vouloir à l'esprit, à lui-même, et il n'obéit pas », « il ne veut qu'à demi ; donc, il ne commande qu'à demi », « c'est la faiblesse de l'esprit malade, qui… ne se relève qu'à demi, et retombe de tout le poids de l'habitude ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,80-0,81.)
- Augustin, Les Confessions, trad. (DP) — livre VIII, chapitre X (« Deux volontés ; un seul esprit ») : la réfutation du manichéisme (« Périssent de votre présence, mon Dieu… ceux qui… affirment deux esprits de deux natures »), « qui voulait ? moi. Qui ne voulait pas ? moi. L'un et l'autre était moi, demi voulant, à demi ne voulant pas. Et je me querellais moi-même, et je me divisais contre moi », « ce schisme, élevé malgré moi, n'attestait pas la présence d'un esprit étranger, mais le châtiment de mon âme. Et je n'en étais pas l'artisan, mais le péché qui habitait en moi », « la coupable liberté d'Adam », les volontés bonnes qui se combattent, l'âme « distendue » par la diversité des vouloirs. (Vérifié au RAG, cert. ~0,79.)
- Augustin, Les Confessions, trad. (DP) — livre VIII (autour du chap. VIII-XI) : « deux volontés en moi, une vieille, une nouvelle, l'une charnelle, l'autre spirituelle… et cette lutte brisait mon âme » ; « la chair convoite contre l'esprit et l'esprit contre la chair » (Galates V, 17) ; « la coutume s'était par moi aguerrie contre moi » ; « j'étais certain de la vérité » ; les gestes du corps (s'arracher les cheveux, se frapper le front, embrasser ses genoux) ; « ici la puissance n'était autre que la volonté ; vouloir, c'était faire » ; « mon corps obéissait plutôt à la volonté la plus imperceptible de l'âme… que l'âme ne s'obéissait à elle-même » ; « cette chaîne qui ne me retenait plus que par un faible anneau, mais qui me retenait pourtant » ; « votre sévère miséricorde me flagellait à coups redoublés ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,78-0,81.)
- Augustin, Les Confessions, trad. (DP) — livre X (la concupiscence, le sommeil, la vaine gloire, la misère de cette vie) : « votre main, Dieu tout-puissant, n'a-t-elle pas le pouvoir de guérir toutes les langueurs de mon âme… mon âme, dégagée des appâts de la concupiscence » ; les « mouvements impurs de mon sommeil », les « imaginations impures et brutales » ; « cette déplaisance de moi-même » ; « la vaine gloire rentre en lui par ce mépris dont il se glorifie » ; « L'âme que vous remplissez devient légère ; trop vide encore de vous, je pèse sur moi » ; « ô médecin, je suis malade ! ô miséricorde, vous voyez ma misère ! » (Vérifié au RAG, cert. ~0,78-0,79.)
- Augustin, Les Confessions, trad. (DP) — livre X / Psaumes cités : « elle demeure triste, parce qu'elle retombe et devient abîme, ou plutôt elle sent qu'elle est abîme encore » ; « Pourquoi es-tu triste, ô mon âme ? Espère dans le Seigneur » (Ps. XLII, 5-6) ; « Où est ton Dieu ? » (Ps. XLI, 4). (Vérifié au RAG, cert. ~0,78.)
- Non indexés, signalés dans le cours : « tu nous as faits pour toi, et notre cœur est inquiet jusqu'à ce qu'il repose en toi » (Confessions, livre I) ; les analyses de la mémoire et du temps (livres X-XI) ; la controverse pélagienne (Augustin contre Pélage sur la grâce et la volonté) ; le rapprochement avec Mencius/Xunzi (écho S5, interprétatif) ; Pascal et le roseau pensant (annonce S7, à développer au cours dédié) ; littérature secondaire augustinienne (P. Brown, La vie de saint Augustin ; études sur l'invention de l'intériorité). (À vérifier sur sources avant toute citation.)
Aucune source primaire de ce cours n'est indexée au corpus RAG (Weaviate). Tout le matériau historique relève du récit et de la paraphrase prudente, signalés dans le corps comme (non indexé au corpus — à vérifier). Aucune citation textuelle précise n'a été reconstituée.
- Synésios de Cyrène, Lettres (en particulier celles adressées à Hypatie, son ancienne maîtresse) — témoignage de l'affection et de la révérence d'un élève chrétien, mais aucun récit de la mort (Synésios meurt avant elle). (Non indexé au corpus — à vérifier ; trad. à confirmer.)
- Socrate le Scolastique, Histoire ecclésiastique (VII, 13-15) — seule narration suivie du lynchage de mars 415 ; contexte du conflit Oreste / Cyrille ; condamnation du meurtre et honte rejaillissant sur l'Église d'Alexandrie ; l'instrument de mort (tessons / tuiles / coquilles). (Non indexé au corpus — à vérifier.)
- Damascius, Vie d'Isidore (fragments, notamment via la Souda, entrée « Hypatie ») — portrait déjà idéalisé au VIᵉ s. ; détails biographiques (le manteau du philosophe, l'enseignement public, la dignité). (Non indexé au corpus — à vérifier ; statut fragmentaire.)
- Contexte alexandrin : destruction du Sérapéion (391), tensions païens / juifs / chrétiens, les parabalani, la lutte préfet / patriarche. (Reconstruction historique générale — non indexée — à vérifier sur sources secondaires.)
- Postérité / icône récupérée : Edward Gibbon, Histoire du déclin et de la chute de l'Empire romain (chap. 47) ; Charles Kingsley, Hypatia (roman, 1853) ; Alejandro Amenábar, film Agora (2009) — la figure « martyre de la science et de la raison contre le fanatisme », signalée comme anachronique. (Non indexés — à vérifier.)
- Boucle interne : S3c7 (Plotin et le bilan : le parti de l'invulnérabilité — l'invulnérabilité ontologique, l'âme non descendue, « sculpte ta propre statue », le moi réel que rien n'atteint). Rappel de la « citadelle intérieure » (saison antique stoïcienne).
- Annonce : S6c6 (l'islam et la créature faible — Coran 4,28 « l'être humain a été créé faible » ; le faqr soufi).
- Le Coran, trad. Albin de Biberstein Kazimirski — sourate 4 (« l'homme a été créé faible » ; le numéro de verset 28 et la formule exacte sont à vérifier sur l'édition) ; 35,15 : « Ô hommes ! vous êtes des indigents [fuqarāʾ] ayant besoin de Dieu, et Dieu est riche et plein de gloire » ; 30,54 : « C'est Dieu qui vous a créés de faiblesse ; après la faiblesse, il vous accorde la force, et, après la force, il ramène la faiblesse et les cheveux blancs » ; « Si vous êtes ingrats, il est assez riche pour se passer de vous » ; « Devant Dieu se prosterne tout ce qui est dans les cieux et sur la terre… tous dépouillent leur orgueil » ; « Tous les biens dont vous jouissez viennent de lui. Qu'un malheur vous atteigne, c'est à lui que vous adressez vos supplications ». (Vérifiés au RAG, cert. ~0,77–0,81 ; numérotation des versets à confirmer sur l'édition Kazimirski.)
- Farīd al-Dīn ʿAṭṭār, Muslim Saints and Mystics (Tadhkirat al-Awliyāʾ), trad. A. J. Arberry — Rābiʿa al-ʿAdawiyya : l'enfance (mort des parents, famine, vente comme esclave pour six dirhams, travaux forcés), la chute sur la route et la main démise, la prière « Lord God, I am a stranger, orphaned of mother and father, a helpless prisoner fallen into captivity, my hand broken. Yet for all this I do not grieve… », la voix qui répond « Do not grieve… ». Ḥasan al-Baṣrī et l'adorateur du feu Siméon : les trois objections du zoroastrien (« you speak ill of the world, yet night and day you pursue worldly things »…), l'épreuve du feu (« the impotence of fire and the omnipotence of God » ; « fire is a thing created by God; and the creature is subject to the Creator's command »), la main de Ḥasan dans les flammes. (Vérifiés au RAG, cert. ~0,75–0,77 ; cités en anglais puis traduits, conformément à la consigne.)
- Non indexés au corpus — à vérifier : le concept technique de faqr et son histoire ; le tawakkul et son analyse par al-Ghazālī (Iḥyāʾ ʿulūm al-dīn) ; le fanāʾ (extinction du moi) ; la prière de Rābiʿa sur l'enfer et le paradis (« si je t'adore par crainte de l'enfer, brûle-moi en enfer… ») ; Rūmī (le prélude du Masnavī, le roseau coupé) ; la parole prophétique « la pauvreté est ma fierté » et le hadith « attache ton chameau et place ta confiance en Dieu » ; la critique juridique du quiétisme (Ibn Taymiyya).
- Maïmonide, Le Guide des égarés, troisième partie, trad. Salomon Munk (1856-1866) — chap. XXII-XXIII : lecture allégorique du livre de Job comme parabole ; Satan = « la privation, qui accompagne la matière sublunaire et qui est la source du mal » ; la correspondance des personnages avec les cinq opinions sur la Providence (« L'opinion de Job est analogue à celle d'Aristote ; l'opinion d'Éliphaz, à celle des docteurs ; l'opinion de Bildad, à celle des Mutazilites ; l'opinion de Sophar, à celle des Acharites ; enfin, l'opinion d'Élihou, à celle professée par l'auteur ») ; Éliphaz et la rétribution (« tous les malheurs qui avaient frappé Job, il les avait mérités ») ; Job vertueux mais non sage (« s'il avait été un sage, sa situation n'aurait eu pour lui rien d'obscur ») ; le discours de la tempête qui « ne fait constamment que décrire les choses physiques » ; « poussière et cendre » = la nature, sens moral. (Vérifié au RAG, cert. ~0,76-0,81.)
- Maïmonide, Le Guide des égarés, III, trad. Munk — chap. XII, XVI-XVIII : le mal comme privation liée à la matière ; les cinq opinions sur la Providence et le libre arbitre (réfutation des philosophes anciens et des théologiens musulmans, Mutazilites et Acharites) ; la cinquième opinion, « celle des prophètes et des docteurs juifs » ; la Providence individuelle limitée à l'espèce humaine et « proportionnée aux différents degrés de perfection que l'homme a su atteindre sous le rapport de l'intelligence et du sentiment moral » ; « l'homme seul, qui participe plus ou moins de l'épanchement de l'intelligence divine, participe dans la même mesure de la Providence divine ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,77-0,81.)
- Maïmonide, Le Guide des égarés, III, trad. Munk — doctrine de l'homonymie : « nous ne saurions nous former une idée juste de la Providence divine… car nous en jugeons par le régime humain, tandis que ce n'est que par simple homonymie que régime, science, et beaucoup d'autres choses se disent à la fois de Dieu et de nous » ; la félicité « dans la connaissance de Dieu » qu'« aucune de toutes ces calamités ne saurait troubler ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,76-0,81.)
- Munk, notes critiques au Guide III — la théorie présentée « comme une simple hypothèse », « plutôt religieuses et édifiantes que rigoureusement philosophiques » ; « tout le livre de Job a pour but de montrer que ce serait une coupable présomption que de vouloir résoudre, au moyen des raisonnements de l'intelligence, les difficultés de ce problème » ; la tradition talmudique (« Job du moins laissait la question intacte ; tandis que ses amis prétendaient la résoudre par des argumentations erronées ») ; le sens du verset « vous n'avez pas parlé convenablement de moi comme mon serviteur Job ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,77.)
- Non indexés, signalés dans le cours : le texte biblique du livre de Job (prologue, discours de la tempête, Béhémoth et Léviathan, épilogue Job 42,7 — voir S6c2, trad. Segond) ; Aristote (la Providence des espèces, non des individus) ; al-Fārābī, Avicenne (Ibn Sīnā), Averroès (transmission arabe d'Aristote) ; le contexte biographique (Cordoue, persécution almohade, Le Caire, médecin sous Saladin) ; la littérature secondaire sur Maïmonide et la falsafa. (À vérifier sur sources avant toute citation.)
- Aristote, Éthique à Nicomaque, livre II, traduction française classique — la définition de la vertu par élimination : « il y a dans l'âme trois sortes de choses, passions, facultés, dispositions, ou habitudes » ; le catalogue des passions (« le désir, la colère, la crainte, l'audace, l'envie, la joie, l'amitié, la haine, le regret, l'émulation, la pitié… tout ce qui est accompagné de plaisir ou de peine ») ; « Ni les vertus, ni les vices, ne sont donc des passions » ; « on ne loue point celui qui est frappé de crainte, ou agité par la colère… mais on blâme la manière dont il s'y laisse emporter » ; la colère « avec la modération convenable » comme « bonne manière d'être » ; la conclusion « si donc les vertus ne sont ni des passions, ni des facultés, il s'ensuit qu'elles ne peuvent être que des dispositions ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,79-0,81.)
- Aristote, Éthique à Nicomaque, livre II — la pudeur (honte) comme passion et non comme vertu : « on n'en peut guère parler comme d'une vertu ; car elle semble plutôt être une passion, une affection fugitive… une sorte de crainte du déshonneur » ; « ceux qui éprouvent de la honte rougissent, et la crainte de la mort se manifeste par une pâleur subite » ; affection « en quelque sorte purement corporelle » ; le « frein » convenable à la jeunesse exposée aux fautes. (Vérifié au RAG, cert. ~0,81.)
- Non indexés, signalés dans le cours (toutes les formules thomistes) : la Somme théologique de Thomas d'Aquin, en particulier la Prima secundae (le traité des passions, l'amour, le désir, la crainte, la colère ; la passion intégrée par la raison plutôt qu'extirpée) ; la formule natura vulnerata (la nature blessée par le péché mais non détruite) ; le théorème gratia non tollit naturam sed perficit (la grâce ne supprime pas la nature mais l'achève) ; la distinction gratia sanans / gratia elevans (grâce qui guérit, grâce qui élève). Aucune citation latine de la Somme n'a été forgée ; toutes ces thèses sont restituées de mémoire doctrinale et à vérifier sur le texte (édition Léonine ; trad. fr. de la Revue des Jeunes ou éd. du Cerf). (Non indexé au corpus.)
- Non indexés, contexte : Augustin (Confessions, la volonté divisée, la nature comme masse de perdition dans les lectures radicales — cf. S6c4) ; la transmission arabe et juive d'Aristote (Averroès, Maïmonide — cf. S6c7), les ateliers de traduction de Tolède (pont annoncé vers S7) ; la querelle parisienne autour d'Aristote et de l'averroïsme latin (vers 1270) ; les éléments biographiques (Thomas d'Aquin, 1225-1274, dominicain, le « bœuf muet ») ; la littérature secondaire thomiste. (À vérifier sur sources avant toute citation.)
- Julian de Norwich, Revelations of Divine Love (texte moyen-anglais modernisé, éd. Grace Warrack) — les trois dons demandés (« three gifts of God… mind of His Passion… bodily sickness in youth, at thirty years of age… three wounds » ; « so hard as to death » ; « For I would be one of them and suffer with Him »). (Vérifié au RAG, cert. ~0,83.)
- Julian de Norwich, Revelations — les trois modes de la montrance (« by bodily sight, and by word formed in mine understanding, and by spiritual sight ») ; le scrupule épistémologique (« neither mental delusion nor mere raving delirium » ; « by Him sickness and illusion… Revelation is given »). (Vérifié au RAG, cert. ~0,82 / 0,81.)
- Julian de Norwich, Revelations — le retournement de la croix (« suddenly He changed the look of His blessed Countenance… I was as glad and merry as it was possible » ; « Where is now any point of the pain, or of thy grief ? » ; « Betwixt that one and that other shall be no time »). (Vérifié au RAG, cert. ~0,82.)
- Julian de Norwich, Revelations — le statut du mal et de la douleur (« I saw not sin : for I believe it hath no manner of substance… » ; « pain, it is something… for a time »). (Vérifié au RAG, cert. ~0,82.)
- Julian de Norwich, Revelations — « all shall be well, and all shall be well, and all manner of thing shall be well » (« said full tenderly, showing no manner of blame ») ; le réalisme du mal (« deeds evil done in our sight, and so great harms taken… ») ; « Take now heed faithfully and trustingly, and at the last end thou shalt verily see it in fulness of joy ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,80 / 0,82.)
- Julian de Norwich, Revelations — le motif de Dieu-Mère (« As verily as God is our Father, so verily God is our Mother » ; « the Second Person should become our Mother » ; « our tender Mother, Jesus… by His sweet open side » ; « I it am, the Wisdom of the Motherhood ») ; et la prudence ecclésiale (« It is I that Holy Church preacheth thee and teacheth thee »). (Vérifié au RAG, cert. ~0,84 / 0,83 / 0,81.)
- Non indexés, signalés dans le cours : Hildegarde de Bingen (la maladie qui contraint à parler, paupercula / indocta) ; Marguerite Porete (Le Miroir des âmes simples et anéanties, l'anéantissement de la volonté, condamnation et bûcher en place de Grève, 1310) ; Maître Eckhart (la Gelassenheit, la déprise) ; toute la littérature secondaire (mystique rhéno-flamande, béguines, histoire des femmes au Moyen Âge — Lot 2 du corpus). Aucune citation n'a été attribuée à ces auteurs ; à sourcer avant toute mise en bouche citationnelle.
- Christine de Pizan, Le Trésor de la cité des dames (= Le Livre des trois vertus), moyen français, fac-similé BnF/Gallica via Project Gutenberg — prologue à la reine Anne de France : l'ordre divin des états (« si par divin vouloir l'estat de majesté royalle… soit regi & gouverné le petit & menu peuple pour au monde estre en union paix & concorde »), la dédicace en serviteur très humble (« Je vostre treshumble et tresobeissant serviteur… je ay fait le livre des trois dames de vertus / c'est assavoir Raison droicture & justice »), le projet de la cité à degrés (reines et princesses « souveraines citoyennes », puis « les aultres dames / damoiselles / bourgoises et femmes de commun peuple »), « aymer et craindre dieu pour le premier et principal enseignement ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,78.)
- Christine de Pizan, Le Trésor de la cité des dames — chapitre sur l'humilité et la patience : « la noble dame vouldra tant estre paciente que quoy que le monde livre assez d'aversitez… toutes adversitez prendre en gré pour l'amour de nostre seigneur » ; le refus de la vengeance (« si ne querra elle leur pugnicion ne pouchassera ne vouldra ») ; « ne fera pas grant compte des dars des envieux » ; la citation de saint Grégoire (la rose qui « fleure souef et est belle entre les espines poignans », « la patiente creature resplandist victorieusement entre ceulx qui s'efforcent de luy nuyre »). (Vérifié au RAG, cert. ~0,75-0,79.)
- Christine de Pizan, Le Trésor de la cité des dames — chapitres sur la sobriété et la chasteté : la garde « de trop parler / qui moult est messeant chose a haulte dame. voire en toute femme de value » ; « parler ordonné & sage eloquence » comme fruit de prudence et de sobriété ; la chasteté comme seconde vertu cardinale de la princesse. (Vérifié au RAG, cert. ~0,75-0,78.)
- Non indexés, signalés dans le cours : la Cité des Dames (1405, les trois dames Raison/Droiture/Justice, la forteresse de femmes illustres contre la calomnie) ; la Mutacion de Fortune (1403, « devenue homme » par la nécessité, l'allégorie maritime du veuvage) ; l'Avision-Christine ; la querelle du Roman de la Rose (Jean de Meun, les épîtres de Christine) ; biographie (veuvage 1390, mort d'Étienne du Castel, père Thomas de Pizan à la cour de Charles V) ; Hildegarde, Marguerite Porete, Eckhart (S6c9, non indexés) ; Wollstonecraft, Vindication 1792, et Olympe de Gouges, Déclaration des droits de la femme 1791 (développées en S7). À vérifier sur sources avant toute citation.
- Friedrich Nietzsche, La Généalogie de la morale (1887), trad. Henri Albert — §10 : « La révolte des esclaves dans la morale commence lorsque le ressentiment lui-même devient créateur et enfante des valeurs… le ressentiment de ces êtres à qui la vraie réaction, celle de l'action, est interdite et qui ne trouvent de compensation que dans une vengeance imaginaire » ; « toute morale aristocratique naît d'une triomphale affirmation d'elle-même » ; la morale des esclaves « oppose dès l'abord un "non" à ce qui ne fait pas partie d'elle-même… son action est foncièrement une réaction ». (Vérifié au RAG, cert. 0,82.)
- Nietzsche, Généalogie, trad. Albert — §7-8 : « C'est avec les Juifs que commence le soulèvement des esclaves dans la morale… ce soulèvement qui traîne à sa suite une histoire longue de vingt siècles » ; « un acte de vindicte essentiellement spirituel… ce peuple qui vengeait d'une façon sacerdotale sa haine rentrée » ; « Les misérables seuls sont les bons ; les pauvres, les impuissants, les petits… les malades, les difformes… c'est à eux seuls qu'appartiendra la béatitude — par contre, vous autres, vous qui êtes nobles et puissants… les réprouvés, les maudits, les damnés ! » (Vérifié au RAG, cert. 0,78.)
- Nietzsche, Généalogie, trad. Albert — §11 : le « mauvais » d'origine aristocratique (« création postérieure, accessoire ») vs le « méchant » « distillé dans l'alambic de la haine insatiable… l'idée originale… l'acte par excellence dans la conception d'une morale des esclaves » ; le méchant comme « le "bon" de l'autre morale… vu et pris à rebours par le regard venimeux du ressentiment ». (Vérifié au RAG, cert. 0,77.)
- Nietzsche, Généalogie, trad. Albert — §5-6 : « il s'agissait pour moi de la valeur de la morale » ; « nous avons besoin d'une critique des valeurs morales, et la valeur de ces valeurs doit tout d'abord être mise en question » ; « je suis un adversaire de la honteuse effémination du sentiment qui a cours aujourd'hui » ; « Platon, Spinoza, La Rochefoucauld et Kant… unis sur un point : le mépris de la pitié » ; la pitié comme « commencement de la fin… la volonté qui se retourne contre la vie », « un bouddhisme européen… le nihilisme ». (Vérifié au RAG, cert. 0,76-0,83.)
- Nietzsche, Généalogie, trad. Albert — §16, §18 : la mauvaise conscience née quand l'homme se trouve « enchaîné dans le carcan de la société et de la paix », ses instincts « avilis et rendus inutiles » ; « ces formidables bastions que l'organisation sociale a élevés… ont réussi à faire se retourner tous les instincts de l'homme sauvage contre l'homme lui-même » ; « cet animal que l'on veut domestiquer et qui se heurte jusqu'à se blesser aux barreaux de sa cage… devint l'inventeur de la mauvaise conscience » ; « la même force active… rapetissée et mesquine, agissant à l'intérieur… sur l'homme même, son ancien moi animal ». (Vérifié au RAG, cert. 0,79-0,83.)
- Non indexés au corpus — à vérifier : les renvois aux dix cours de la saison 6 (la triade veuve-orphelin-étranger et le droit du ger — S6c1 ; Job et le verdict 42,7 — S6c2 ; la kenōsis de Philippiens et « ma puissance s'accomplit dans la faiblesse » — S6c3 ; Augustin et la volonté divisée — S6c4 ; Hypatie, le corps tuable — S6c5 ; le faqr soufi et « l'être humain a été créé faible » — S6c6 ; Maïmonide lisant Job comme parabole — S6c7 ; Thomas et la natura vulnerata — S6c8 ; les mystiques, la maladie comme voie — S6c9 ; Christine de Pizan, la veuve qui « devient homme » et la Cité des Dames — S6c10), tous vérifiés dans leurs cours respectifs et signalés ici comme non re-cités.
- Acquis de la série, sans nouvelle citation : le geste 3 (faire de la faiblesse une force) de Laozi (S5c5) à Paul (S6c3) et au faqr (S6c6) ; le double critère « qui est blessable / qui peut dire sa blessure » (ouverture de la série) ; le décentrement de fait appliqué à Nietzsche lui-même (une voix parmi d'autres, non « le » point de vue lucide) ; les ponts vers S7 (Montaigne, le sujet souverain et les masses de vulnérables ; Valladolid) et vers S10-S11 (émancipation/aliénation des dominés).
Saison 7 — Modernité : le sujet souverain et ses fissures
- Michel de Montaigne, Essais, Livre I — « Que philosopher c'est apprendre à mourir » (I,20) : « aprenons à le soutenir de pied ferme, et à le combattre [...] Ostons luy l'estrangeté, pratiquons le, accoustumons le. N'ayons rien si souvent en la teste que la mort. A tous instants representons la à nostre imagination » ; « Au broncher d'un cheval, à la cheute d'une tuille, à la moindre piqueure d'espleingue, remachons soudain : Et bien, quand ce seroit la mort mesme ? » ; « Parmy les festes et la joye, ayons toujours ce refrein de la souvenance de nostre condition » ; les Égyptiens qui « au milieu de leurs festins [...] faisoient aporter l'Anatomie seche d'un corps d'homme mort, pour servir d'advertissement aux conviez ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,75.)
- Montaigne, Essais, Livre I — sur la faiblesse du jugement et le goût des biens et des maux (I,14) : « Les choses ne sont pas si douloreuses, ny difficiles d'elles mesmes : mais nostre foiblesse et lascheté les fait telles » ; « autrement nous leur attribuons le vice qui est le nostre » ; « Un aviron droit semble courbe en l'eau. Il n'importe pas seulement qu'on voye la chose, mais comment on la voye » ; le confort du gentilhomme : « Je voy d'aussi pres la misere, au delà de deux mille escuz de rente, que si elle estoit tout contre moy. » (Vérifié au RAG, cert. ~0,80.)
- Montaigne, Essais, Livre I — sur la rareté de la mort de vieillesse : « Mourir de vieillesse, c'est une mort rare, singuliere et extraordinaire, et d'autant moins naturelle que les autres ; c'est la derniere et extreme sorte de mourir. » (Vérifié au RAG, cert. ~0,75 ; cité dans le cours par allusion.)
- Montaigne, Essais, Livre III — « De l'expérience » (III,13) : analyse de la gravelle, « L'aage affoiblit la chaleur de mon estomac ; sa digestion en estant moins parfaicte, il renvoye cette matiere crue à mes reins » ; « nature nous a presté la douleur pour l'honneur et service de la volupté et indolence » ; la maladie qui « doucement [...] te desgouste de la vie et desprend du monde [...] par advertissemens et instructions reprises à intervalles » ; « Si tu n'accoles la mort, au moins tu luy touches en paume une fois le moys [...] qu'elle t'attrappera un jour sans menace » ; « elle te presente l'estat de ta condition entiere [...] et en mesme jour une vie tres-alegre tantost, tantost insupportable ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,77-0,78.)
- Montaigne, Essais, Livre III — sur le jugement, la contradiction et la correction : « Les contradictions donc des jugemens ne m'offencent ny m'alterent ; elles m'esveillent seulement et m'exercent » ; « Nous fuyons à la correction ; il s'y faudroit presenter et produire, notamment quand elle vient par forme de conferance, non de rejance. » (Vérifié au RAG, cert. ~0,79.)
- Montaigne, Essais, Livre III — « De la diversion » : la technique de la diversion comme « plus ordinaire recepte aux maladies de l'ame » ; « Il apartient à un seul Socrates d'accointer la mort d'un visage ordinaire, s'en aprivoiser et s'en jouer [...] le mourir luy semble accident naturel et indifferent. » (Vérifié au RAG, cert. ~0,75 ; cité par allusion sur le contraste Socrate / homme ordinaire.)
- Non indexés au corpus — à vérifier : la devise « Que sais-je ? » (médaille de Montaigne) ; l'Apologie de Raymond Sebond (II,12) comme grand texte sceptique ; le moi « ondoyant et divers » (I,1, « Par divers moyens on arrive à pareille fin ») ; les données biographiques (retraite à la tour en 1571, charge de magistrat à Bordeaux, mort de La Boétie en 1563, enfants morts en bas âge) ; le titre cicéronien du chapitre I,20 ; le chapitre « Des cannibales » (I,31) ; le mot « maîtres et possesseurs de la nature » (Descartes, Discours de la méthode, anticipé ici comme horizon de la saison) ; la querelle de Valladolid (1550-1551, annoncée pour S7c2).
- Acquis de la série, sans nouvelle citation : la citadelle stoïcienne (S3) comme repoussoir ; le double critère « qui est blessable / qui peut dire sa blessure » (ouverture de la série), central pour la controverse de ce cours ; le pont posé en clôture de S6c11 (Montaigne au seuil du sujet souverain, « par la fissure ») ; l'annonce du sujet souverain à venir (Descartes, Hobbes — S7c4 et suivants) ; le décentrement de fait, appliqué ici en refusant tout « notre modernité » possessif.
- Bartolomé de Las Casas, La Destruction des Indes (Brevísima relación de la destrucción de las Indias, 1552), traduction française ancienne dite La Vraie Énarration — passages vérifiés au RAG (cert. ~0,74-0,78), OCR corrigé : massacre de Panuco après la prise de Mexico (« tant de gens assemblés en une place… cette cruauté et massacre perpétrée ») ; marquage en esclavage de quatre cents hommes et femmes et des enfants d'un an « allaitant encore les mères » comme « récompense pour le bon traitement » ; navires bondés d'Indiens « sans manger et boire », « je porte la vérité, je l'ai vu maintefois », « gémir et soupirer et tomber sous les fardeaux grands » ; chiens dressés déchirant un Indien « comme s'il avait une bête sauvage » ; l'ordonnance « pour un Indien tué, ils tueraient cent Indiens » ; la diffamation des Indiens « pour leur profit… afin qu'ils puissent ravir leurs biens et possessions » ; réfutation de l'accusation de cannibalisme (« nous savons qu'il n'est pas advenu là », « la punition d'icelle appartient à Dieu »).
- Non indexés au corpus — à vérifier : - La controverse de Valladolid elle-même (junte de 1550-1551, San Gregorio, ordre de Charles Quint, déroulé par plaidoiries successives) — débat hors corpus. - Juan Ginés de Sepúlveda, son argumentaire (les Indiens « esclaves par nature », guerre juste, sacrifices humains et cannibalisme comme preuves d'infériorité, comparaisons enfant/adulte, singe/homme) et son recours à la Politique d'Aristote (l'esclave par nature, instrument animé) — écho explicite à la Saison 2. - La position théologique et juridique de Las Casas : appui sur Francisco de Vitoria et le droit naturel ; traité De unico vocationis modo (évangélisation pacifique) ; paternalisme de la « protection ». - La proposition de Las Casas d'importer des esclaves africains à la place des Indiens, et sa rétractation dans l'Historia de las Indias. - Renvois internes à la série (Saison 2 Aristote, Mencius au cours chinois, « parler pour » des saisons à venir, Kandiaronk / Lahontan au cours S7c3) — interprétatifs.
- Lahontan, Dialogues avec un sauvage (Suite du voyage de l'Amérique), 1703 — le personnage d'Adario porte la voix attribuée au chef wendat Kandiaronk. OCR du fac-similé corrigé. (Vérifié au RAG.) - La médecine et les âges : « l'ennemi capital de vos Médecins, depuis que j'ai vu mourir entre leurs mains dix ou douze personnes, par la tyrannie de leurs remèdes » ; le compte des âges (grand-père 98 ans, père 52, Adario 35 ; « un qui en a cent vingt et quatre… près de cent quarante ») ; « les gens finissent de meilleure heure ». (cert. ~0,73-0,76.) - L'argent, les procès, les lois : « nous n'avons point de Juges… point de querelles ni de procès… nous ne voulons point recevoir ni connaître l'argent… nous ne voulons pas de lois » ; « il est faux… que le mot de Lois signifie parmi vous les choses justes et raisonnables, puisque les riches s'en moquent et qu'il n'y a que les malheureux qui les suivent ». (cert. ~0,78.) - L'amour-propre : « ce n'est que pour leur propre intérêt et dans la vue d'acquérir des emplois… l'ambition, les richesses, et la vanité » ; « l'amour-propre des Chrétiens est une folie que les Hurons condamneront sans cesse ». (cert. ~0,74-0,79.) - Le rang, les femmes, les enfants (réplique de Lahontan défendant l'ordre français) : « les enfants sont aussi grands maîtres que leurs pères, et les femmes qui doivent être naturellement sujettes à leurs maris ont autant de pouvoir qu'eux » ; concession de Lahontan : « la propriété de biens est la source d'une infinité de passions, dont vous êtes exempts ». (cert. ~0,74.) - La définition de l'homme et le castor : « il faut châtier les méchants et récompenser les bons ; sans cela tout le monde s'égorgerait… nous serions les gens du monde les plus malheureux » (Lahontan) ; réponse d'Adario : « Vous l'êtes assez déjà… Ô quel genre d'hommes sont les Européens… qui font le bien par force, et n'évitent à faire le mal que par la crainte des châtiments » ; « c'est plutôt un Castor… J'appelle un homme celui qui a un penchant naturel à faire le bien ». (cert. ~0,78.) - L'éloge d'Adario : « un très-habile Personnage… Chef de guerre et Chef de Conseil ». (cert. ~0,81.)
- Non indexés, signalés dans le cours : - Kandiaronk (biographie, rôle dans la Grande Paix de Montréal de 1701, témoignages jésuites sur son éloquence) — (à vérifier.) - David Graeber & David Wengrow, Au commencement était… (la « critique indigène » comme matrice des Lumières) — (à vérifier ; thèse elle-même discutée.) - Rousseau (Discours sur l'inégalité, propriété et amour-propre/amour de soi) — cours S7c9, (non indexé ici.) - Hobbes (la guerre de tous contre tous, l'argument de la loi) — cours S7c8, rapprochement interprétatif, (non indexé ici.) - Gayatri Spivak, « Can the Subaltern Speak? » — saisons 10/11, annonce, (non indexé.) - Mencius (l'enfant au puits, l'homme défini par le penchant à ne pas nuire) — écho S5c2, déjà vérifié à son corpus propre.
- Pascal, Pensées, éd. Brunschvicg — fr. 347 (« L'homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature ; mais c'est un roseau pensant… une vapeur, une goutte d'eau, suffit pour le tuer… il sait qu'il meurt, et l'univers n'en sait rien… Toute notre dignité consiste donc en la pensée… Travaillons donc à bien penser : voilà le principe de la morale »). (Vérifié au RAG, cert. ~0,82.)
- Pascal, Pensées, éd. Brunschvicg — fr. 348 (« par l'espace, l'univers me comprend et m'engloutit comme un point ; par la pensée, je le comprends » ; « ce n'est point de l'espace que je dois chercher ma dignité, mais c'est du règlement de ma pensée. Je n'aurai pas davantage en possédant des terres »). (Vérifié au RAG, cert. ~0,82.)
- Pascal, Pensées, éd. Brunschvicg — fr. 416-417 (« La misère se concluant de la grandeur, et la grandeur de la misère… par un cercle sans fin… à mesure que les hommes ont de lumière, ils trouvent et grandeur et misère en l'homme… l'homme connaît qu'il est misérable : il est donc misérable, puisqu'il l'est ; mais il est bien grand, puisqu'il le connaît » ; la « duplicité de l'homme »). (Vérifié au RAG, cert. ~0,83.)
- Pascal, Pensées, éd. Brunschvicg — fr. 397-399 (« Toutes ces misères-là mêmes prouvent sa grandeur ; ce sont misères de grand seigneur, misères d'un roi dépossédé » ; « une maison ruinée n'est pas misérable ; il n'y a que l'homme de misérable » ; « On n'est pas misérable sans sentiment »). (Vérifié au RAG, cert. ~0,82.)
- Pascal, Pensées, éd. Brunschvicg — fr. 409-411 et 405-406 (« La grandeur de l'homme est si visible qu'elle se tire même de sa misère… ce qui est nature aux animaux, nous l'appelons misère en l'homme… déchu d'une meilleure nature… Qui se trouve malheureux de n'être pas roi, sinon un roi dépossédé ? » ; l'orgueil qui « contrepèse et emporte toutes les misères » ; « il se glorifie de les connaître »). (Vérifié au RAG, cert. ~0,81-0,82.)
- Non indexés, signalés dans le cours : fr. 206 (« Le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie ») — requête RAG sans résultat, cité de mémoire, à vérifier sur l'édition ; le fragment des deux infinis / la disproportion (Brunschvicg 72 — paraphrasé, non cité littéralement, à vérifier) ; le pari ; la biographie (nuit de feu 1654, santé, mort 1662, projet d'apologie) et le contexte libertin ; le rapprochement avec Descartes (cogito, moi-substance) — interprétatif, lecture de notre série.
- Descartes, Les Passions de l'âme (1649), trad. moderne d'usage — art. 137 : « selon l'institution de la nature, elles se rapportent toutes au corps, et ne sont données à l'âme qu'en tant qu'elle est jointe avec lui… leur usage naturel est d'inciter l'âme à consentir et contribuer aux actions qui peuvent servir à conserver le corps ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,81.)
- Descartes, Les Passions de l'âme — art. 137 (suite) : « l'âme n'est immédiatement avertie des choses qui nuisent au corps que par le sentiment qu'elle a de la douleur, lequel produit en elle premièrement la passion de la tristesse… » (Vérifié au RAG, cert. ~0,81.)
- Descartes, Les Passions de l'âme — art. 111 : « les mouvements des esprits et des nerfs qui servent à étrécir ainsi les orifices du cœur et à y conduire du sang de la rate accompagnent toujours la tristesse ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,80.)
- Descartes, Les Passions de l'âme — art. 141 : « De façon que si nous n'avions point de corps, j'oserais dire que nous ne pourrions trop nous abandonner à l'amour et à la joie, ni trop éviter la haine et la tristesse… les mouvements corporels qui les accompagnent peuvent tous être nuisibles à la santé lorsqu'ils sont fort violents ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,79.)
- Descartes, Les Passions de l'âme — art. 56-64 (généalogie de l'amour, de la haine, du désir, de la joie et de la tristesse à partir de la considération du bien et du mal présent/à venir ; la pitié et l'envie comme espèces de tristesse), art. 86-87 (définition du désir), art. 95 (douleur, faiblesse du corps « en ce qu'il ne lui a pu résister »). (Vérifiés au RAG, cert. ~0,78-0,81.)
- Non indexés, signalés dans le cours : la Correspondance Descartes-Élisabeth de Bohême (1643-1649) — l'objection de l'interaction (lettres d'Élisabeth, mai-juin 1643), les trois notions primitives et la consigne de comprendre l'union « par les sens » / « en s'abstenant de méditer » (réponses de Descartes), la glande pinéale, les remèdes à la tristesse ; les Méditations métaphysiques (1641) pour le cogito et la distinction réelle âme/corps ; la biographie d'Élisabeth (exil, maladie, statut) ; l'histoire de la réception (publication tardive des lettres d'Élisabeth, désignation « la princesse ») ; la littérature secondaire. (À vérifier sur sources avant toute citation à la lettre ; aucune phrase de la Correspondance n'est citée mot à mot dans ce cours.)
Aucune source vérifiée au RAG. Le corpus de ce cours n'est pas indexé dans la bibliothèque Weaviate. Tout le matériau ci-dessous est donc signalé (non indexé au corpus — à vérifier), et le cours s'en est tenu à la paraphrase prudente, au récit et à l'analyse, sans aucune citation textuelle littérale.
- Sor Juana Inés de la Cruz, Respuesta a Sor Filotea de la Cruz (1691, Nouvelle-Espagne) : défense du droit des femmes à l'étude ; le désir de savoir comme don reçu ; la distinction lettre/esprit de l'interdit paulinien ; le plaidoyer pour que des femmes savantes instruisent les filles ; l'épisode de l'étude « par tout » (cuisine, monde) quand on lui retire ses livres. (Non indexé au corpus — à vérifier ; aucune citation littérale avancée, paraphrase prudente uniquement.)
- Sor Juana, contexte de la Respuesta : la Carta Atenagórica (critique d'un sermon, imprimée à son insu, 1690) et la lettre-préface de l'évêque Manuel Fernández de Santa Cruz sous le pseudonyme « Sor Filotea de la Cruz ». (Non indexé — à vérifier.)
- Sor Juana, œuvre et biographie : apprentissage autodidacte, université de Mexico fermée aux femmes, entrée chez les Carmélites puis les Hiéronymites, bibliothèque et instruments, Primero Sueño (le Premier Songe) ; renoncement final, vente de la bibliothèque, contrition, mort lors d'une épidémie vers avril 1695. Les causes du silence final sont historiquement débattues. (Non indexé — à vérifier ; dates et circonstances à confirmer.)
- Gabrielle Suchon (vers 1632, Semur-en-Auxois – vers 1703, Dijon), Traité de la morale et de la politique (1693, publié sous pseudonyme masculin) : les trois privations imposées aux femmes — science, liberté, autorité — analysées comme dépossession et non comme nature. (Non indexé — à vérifier.)
- Gabrielle Suchon, Du célibat volontaire, ou la vie sans engagement (la « Neutralité ») : le célibat volontaire comme troisième voie entre mariage et cloître, et comme conquête du droit de savoir, de penser et de disposer de soi. (Non indexé — à vérifier.)
- Gabrielle Suchon, biographie : placement au couvent et vœux non librement formés, démarche d'annulation des vœux (jusqu'à Rome selon la tradition), sortie du cloître, vie laïque et célibataire à Dijon puis Lyon, oubli posthume et redécouverte récente. (Non indexé — à vérifier.)
- Échos signalés dans le cours (tous non indexés ou interprétatifs) : Christine de Pizan, Cité des Dames / Trésor (S6c10, la vulnérabilité féminine comme fabrication — rapprochement interprétatif) ; les mystiques (S6c9, autre voie d'accès à la parole) ; Mary Wollstonecraft, A Vindication of the Rights of Woman (1792, la délicatesse fabriquée — développée en S7c10) ; Spinoza, Éthique III-IV (le conatus exposé — annonce S7c7).
- Spinoza, Éthique, trad. Émile Saisset — Partie III, propositions VI à IX (le conatus) : « Toute chose, autant qu'il est en elle, s'efforce de persévérer dans son être » ; « aucune chose n'a en soi rien qui la puisse détruire » ; « L'effort par lequel toute chose tend à persévérer dans son être n'est rien de plus que l'essence actuelle de cette chose » ; « n'enveloppe aucun temps fini, mais un temps indéfini » ; « si elle n'est détruite par aucune cause extérieure, devra… toujours continuer d'être ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,82.)
- Spinoza, Éthique, trad. Saisset — Partie III, définitions des affects : joie « passage d'une moindre perfection à une perfection plus grande », tristesse « passage d'une perfection plus grande à une moindre perfection », « la joie est un passage à la perfection… elle n'est pas la perfection elle-même » ; espérance « joie mal assurée », crainte « tristesse mal assurée », « il n'y a pas d'espérance sans crainte, ni de crainte sans espérance ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,82.)
- Spinoza, Éthique, trad. Saisset — Partie IV, préface « De l'esclavage de l'homme ou de la force des passions » : « Ce que j'appelle esclavage, c'est l'impuissance de l'homme à gouverner et à contenir ses passions… livré à la fortune… tout en voyant le mieux il est souvent forcé de faire le pire ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,79.)
- Spinoza, Éthique, trad. Saisset — Partie IV, propositions V à VII (force des passions) : les passions se mesurent « par le rapport de la puissance de telle ou telle cause extérieure avec notre puissance propre » ; « La force d'une passion… peut surpasser… la puissance de l'homme, de façon que cette affection s'attache obstinément à lui » ; « Une passion ne peut être empêchée ou détruite que par une passion contraire et plus forte ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,79-0,80.)
- Spinoza, Éthique, trad. Saisset — Partie IV/V (connaissance et puissance, propositions XXV-XXVI) : « la puissance de l'âme se détermine uniquement par le degré de connaissance qu'elle possède » ; l'âme constituée d'idées inadéquates pâtit, celle d'idées adéquates agit ; « les inquiétudes de l'âme et tous ses maux tirent leur origine de l'amour excessif qui l'attache à des choses sujettes à mille variations » ; « Nous ne tendons par la raison à rien autre chose qu'à comprendre ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,80-0,81.)
- Non indexés, signalés dans le cours : préface de la Partie III (« l'homme n'est pas un empire dans un empire ») ; Partie V (la béatitude, l'amour intellectuel de Dieu, la troisième sorte de connaissance) ; les Stoïciens (apatheia, citadelle intérieure — comparaison S3) ; Augustin (le péché, S6c4) ; Hobbes (annonce S7c8) ; le sage élitiste (rappel S1c2) ; littérature secondaire spinoziste. (À vérifier sur sources avant toute citation.)
- Thomas Hobbes, Leviathan (1651), chapitre XIII (« Of the Naturall Condition of Mankind, as Concerning their Felicity, and Misery ») — texte anglais vérifié au RAG : « Nature hath made men so equall, in the faculties of body, and mind… » ; « the weakest has strength enough to kill the strongest, either by secret machination, or by confederacy with others » (la phrase centrale du cours) ; « as to the faculties of the mind… I find yet a greater equality… For Prudence, is but Experience » ; « no greater signe of the equall distribution… than that every man is contented with his share » ; « From this equality of ability, ariseth equality of hope… they become enemies » ; les trois causes : « Competition… Diffidence… Glory » (gain / safety / reputation) ; « warre… of every man, against every man » ; « the nature of War, consisteth not in actuall fighting; but in the known disposition thereto » ; « continuall feare, and danger of violent death; And the life of man, solitary, poore, nasty, brutish, and short » ; « every man has a Right to every thing; even to one anothers body » ; « The inequallity that now is, has been introduced by the Lawes civill » ; « men that think themselves equall, will not enter into conditions of Peace, but upon Equall termes ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,74–0,79.)
- Thomas Hobbes, Leviathan (1651), chapitre XIV (« Of the First and Second Naturall Lawes, and of Contracts ») — les deux premières lois de nature : « That every man, ought to endeavour Peace, as farre as he has hope of obtaining it » ; « That a man be willing, when others are so too… to lay down this right to all things; and be contented with so much liberty against other men, as he would allow other men against himselfe ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,78.)
- Thomas Hobbes, Leviathan — passage sur l'impôt et la défense : la vie « equally dear to poor, and rich », l'égalité de la charge fondée sur l'égalité de la protection due à la vie. (Vérifié au RAG, cert. ~0,74.)
- Non indexés, signalés dans le cours : la « crainte de la mort » comme passion inclinant à la paix (fin du ch. XIII) — citation reconstituée, à revérifier sur l'édition exacte avant tout usage. Contexte biographique (guerre civile anglaise, exil parisien, le « dieu mortel »), Aristote (Politique I, l'animal politique et la servitude naturelle — mentionné par Hobbes mais non cité au RAG), Mencius (S5c2, ceyin zhi xin — rapprochement interprétatif), Rousseau (S7c9, la pitié), le care (S9), Judith Butler (S11, la précarité partagée). (Tous non indexés au corpus — à vérifier.)
- Jean-Jacques Rousseau, Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes (1755) — la pitié : « il y a d'ailleurs un autre principe que Hobbes n'a point aperçu… tempère l'ardeur qu'il a pour son bien-être par une répugnance innée à voir souffrir son semblable » ; « la seule vertu naturelle, qu'ait été forcé de reconnaître le détracteur le plus outré des vertus humaines » ; « vertu d'autant plus universelle et d'autant plus utile à l'homme qu'elle précède en lui l'usage de toute réflexion, et si naturelle que les bêtes mêmes en donnent quelquefois des signes sensibles » (la tendresse des mères, les chevaux, le bétail entrant à la boucherie). (Vérifié au RAG, cert. ~0,80.)
- Rousseau, Discours sur l'inégalité — la pitié comme lien social : « la pitié est un sentiment naturel, qui, modérant dans chaque individu l'activité de l'amour de soi-même, concourt à la conservation mutuelle de toute l'espèce » ; « c'est elle qui nous porte sans réflexion au secours de ceux que nous voyons souffrir » ; « c'est elle qui, dans l'état de nature, tient lieu de lois, de mœurs et de vertu… nul n'est tenté de désobéir à sa douce voix » ; les deux maximes (« Fais à autrui comme tu veux qu'on te fasse » vs « Fais ton bien avec le moindre mal d'autrui qu'il est possible ») ; « il y a longtemps que le genre humain ne serait plus, si sa conservation n'eût dépendu que des raisonnements de ceux qui le composent » (Socrate). (Vérifié au RAG, cert. ~0,81.)
- Rousseau, Discours sur l'inégalité — contre Mandeville : « Mandeville a bien senti qu'avec toute leur morale les hommes n'eussent jamais été que des monstres, si la nature ne leur eût donné la pitié à l'appui de la raison ; mais il n'a pas vu que de cette seule qualité découlent toutes les vertus sociales » ; « qu'est-ce que la générosité, la clémence, l'humanité, sinon la pitié appliquée aux faibles, aux coupables, ou à l'espèce humaine en général ? » ; la bienveillance et l'amitié comme « productions d'une pitié constante, fixée sur un objet particulier » ; « la commisération… sentiment obscur et vif dans l'homme sauvage, développé, mais faible dans l'homme civil » ; « la commisération sera d'autant plus énergique que l'animal spectateur s'identifiera intimement avec l'animal souffrant ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,80.)
- Rousseau, Discours sur l'inégalité — la perfectibilité : « il y a une autre qualité très spécifique qui les distingue… c'est la faculté de se perfectionner ; faculté qui, à l'aide des circonstances, développe successivement toutes les autres… au lieu qu'un animal est, au bout de quelques mois, ce qu'il sera toute sa vie ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,81.)
- Non indexés, signalés dans le cours — (à vérifier sur l'édition avant tout usage) : la critique nommée de Hobbes (« Hobbes a vu très bien le défaut de toutes les définitions modernes du droit naturel… »), les « raisonnements hypothétiques et conditionnels » (statut fictionnel de l'état de nature), la formule de l'enclosure (« le premier qui… dit ceci est à moi… »), l'amour de soi vs l'amour-propre, et le diagnostic du progrès comme déclin de la pitié — citations reconstituées de mémoire, non retrouvées telles quelles au RAG. Contexte biographique (Genève, le concours de Dijon 1754, l'échec au prix). Rapprochements interprétatifs, tous non indexés : Mencius (S5c2, le ceyin zhi xin — convergence sur la commisération spontanée) ; Hobbes (S7c8, la réponse directe) ; Kandiaronk / Lahontan (S7c3, la civilisation qui fabrique la misère) ; Wollstonecraft & Gouges (S7c10, la faiblesse féminine fabriquée) ; Nietzsche (S6c11, la pitié comme ressentiment) ; le paradoxe de la valorisation (S1c7) ; les éthiques du care (S9). (Tous non indexés au corpus — à vérifier.)
- Mary Wollstonecraft, A Vindication of the Rights of Woman (1792), anglais — vérifié au RAG (cert. ~0,77 à 0,82) : « If women are in general feeble both in body and mind, it arises less from nature than from education… which we falsely call delicacy » ; « nothing of an higher nature than a few modulations of the voice » ; « all the writers… from Rousseau to Dr. Gregory, have contributed to render women more artificial, weaker characters » ; « to their senses, are women made slaves, because it is by their sensibility that they obtain present power » ; « has not a little rationality exposed many women to the severest censure ? » ; « I wish to persuade women to endeavour to acquire strength, both of mind and body » ; « those pretty feminine phrases, which the men condescendingly use to soften our slavish dependence » ; « to obtain a character as a human being, regardless of the distinction of sex » ; « prove first… that they want reason, else this flaw in your NEW CONSTITUTION, the first constitution founded on reason » ; « delicacy of sentiment… almost synonymous with epithets of weakness » ; « They may be convenient slaves, but slavery will have its constant effect, degrading the master and the abject dependent » ; « open a fresh trade with Russia for whips ; a present which a father should always make to his son-in-law on his wedding day » ; « It is time to effect a revolution in female manners, time to restore to them their lost dignity ». (Traductions françaises de l'auteur du cours.)
- Olympe de Gouges, Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (1791) — vérifié au RAG (cert. ~0,74), articles VII à XII : art. VII (« Nulle femme n'est exceptée… Les femmes obéissent comme les hommes à cette Loi rigoureuse ») ; art. IX (« Toute femme étant déclarée coupable, toute rigueur est exercée par la Loi ») ; art. X (« la femme a le droit de monter sur l'échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la Tribune ») ; art. XI (« La libre communication des pensées et des opinions… je suis mère d'un enfant qui vous appartient »).
- Non indexés, signalés dans le cours (non indexé au corpus — à vérifier) : article premier de la Déclaration de Gouges (« La femme naît libre… ») et son préambule ; biographies de Wollstonecraft et de Gouges ; procès, condamnation et exécution d'Olympe de Gouges (3 novembre 1793) ; Rousseau, Émile (éducation de Sophie) ; Christine de Pizan, Cité des dames (boucle S6c10) ; taxonomie de la vulnérabilité pathogène (S1c4, interne à la série) ; théories du care (S9, à venir, internes à la série).
- Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs — section sur la dignité : « ce qui a un prix peut être aussi bien remplacé par quelque chose d'autre, à titre d'équivalent ; au contraire, ce qui est supérieur à tout prix, ce qui par suite n'admet pas d'équivalent, c'est ce qui a une dignité » ; prix marchand / prix de sentiment / valeur intrinsèque ; « la moralité, ainsi que l'humanité, en tant qu'elle est capable de moralité, c'est donc là ce qui seul a de la dignité ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,86 et ~0,81.)
- Kant, Fondements — « L'autonomie est donc le principe de la dignité de la nature humaine et de toute nature raisonnable » ; la dignité comme « valeur inconditionnée, incomparable, que traduit le mot de respect, le seul qui fournisse l'expression convenable de l'estime qu'un être raisonnable en doit faire » ; l'être raisonnable « libre au regard de toutes les lois de la nature, n'obéissant qu'aux lois qu'il établit lui-même ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,82.)
- Kant, Fondements — le respect immédiat, les actions morales qui « n'ont besoin d'aucun penchant ou sentiment qui nous pousse immédiatement vers elles » et présentent la volonté « comme l'objet d'un respect immédiat ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,81 et ~0,79.)
- Kant, Fondements — la personne et la chose : « les êtres raisonnables sont appelés des personnes, parce que leur nature les désigne déjà comme des fins en soi » ; les êtres sans raison comme « choses », « valeur relative, celle de moyens ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,79.)
- Kant, Fondements — la formule de la fin en soi : l'être raisonnable « ne doit jamais être traité simplement comme un moyen, mais comme une condition limitative suprême dans l'usage de tous les moyens, c'est-à-dire toujours en même temps comme une fin » ; tout être raisonnable « auteur d'une législation universelle » (le règne des fins). (Vérifié au RAG, cert. ~0,79.)
- Kant, Fondements — le devoir comme contrainte pratique : « la nécessité d'agir d'après ce principe s'appelle contrainte pratique, c'est-à-dire devoir » ; « dans le règne des fins le devoir ne s'adresse pas au chef, mais bien à chacun des membres » ; « cette nécessité de l'action s'exprime seulement par le verbe devoir ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,80.)
- Kant, Fondements — la philosophie morale pure : le principe de l'obligation « ne doit pas être ici cherché dans la nature de l'homme, ni dans les circonstances où il est placé en ce monde, mais a priori dans les seuls concepts de la raison pure » ; « Tu ne dois pas mentir » comme exemple de loi à nécessité absolue. (Vérifié au RAG, cert. ~0,80.)
- Kant, Fondements (note du traducteur) — filiation Rousseau : le principe d'autonomie comme application morale de « l'obéissance à la loi qu'on s'est prescrite est liberté » (Contrat social, l. I). (Vérifié au RAG, cert. ~0,80.)
- Non indexés, signalés dans le cours et à vérifier sur sources : la volonté sainte et la distinction nécessité subjective / objective (développées plus avant dans la Critique de la raison pratique, le Fondements n'en posant que le germe) ; le statut détaillé du sentiment de respect (Achtung) comme « unique sentiment moral » (Critique de la raison pratique, Analytique) ; la part de l'inclination, du penchant et de l'anthropologie (Anthropologie du point de vue pragmatique, Métaphysique des mœurs — Doctrine de la vertu) ; les critiques contemporaines (éthiques du care : Gilligan, Tronto, Kittay ; disability studies : Nussbaum sur les capabilités, MacIntyre, Dependent Rational Animals) annoncées pour les saisons 9-10.
- Louise Michel, Mémoires (1886) — passages vérifiés au RAG (cert. ~0,74-0,75) : le verdict du conseil de guerre (réclusion, surveillance de la haute police pendant dix ans) ; l'échange avec le président (« Condamnés, vous aurez trois jours francs pour vous pourvoir en cassation… » / « Jamais ! Vous imitez trop bien les magistrats de l'Empire ») ; les cris « Vive Louise Michel ! » et le tumulte ; la NOTE adressée à la foule (« Puisque c'est aujourd'hui à la foule que je m'adresse… nous ne chercherions pas à apitoyer nos juges ; chose inutile du reste ; nous sommes jugés d'avance ») ; le poème pour Marie Ferré (février 1882 : « Ô Révolution ! mère qui nous dévore / Et que nous adorons, suprême égalité ! / Prends nos destins brisés pour en faire une aurore ») ; le refus de l'héroïsme (« Il n'y a pas d'héroïsme, il n'y a que le devoir et la passion révolutionnaire dont il ne faut pas plus faire une vertu qu'on n'en ferait une de l'amour ou du fanatisme »).
- Non indexés au corpus — à vérifier : - La réplique célèbre « puisqu'il semble que tout cœur qui bat pour la liberté n'a droit qu'à un peu de plomb, j'en réclame ma part » : donnée en paraphrase explicitement signalée — elle ne figure pas sous cette forme dans les extraits vérifiés des Mémoires (à confronter au compte rendu du procès / aux éditions complètes avant tout usage verbatim). - G. W. F. Hegel, Phénoménologie de l'esprit (1807) — dialectique du maître et de l'esclave / de la domination et de la servitude : la conscience de soi n'existe que reconnue ; la lutte à mort pour la reconnaissance ; le risque de la vie comme accès à la liberté ; la peur de la mort (l'esclave qui « tremble jusqu'au fond ») et le travail comme formation de la conscience de soi de l'esclave ; l'enlisement du maître (reconnaissance vide d'un méprisé, jouissance sans travail). Corpus présent mais en anglais, OCR illisible — traité intégralement en PARAPHRASE, non cité. À vérifier sur une édition française fiable (trad. Hyppolite ou Lefebvre). - Friedrich Schleiermacher — le sentiment de dépendance absolue (schlechthinnige Abhängigkeit) comme cœur du religieux ; la créature qui se sait radicalement dépendante (Discours sur la religion ; La Foi chrétienne). Paraphrase, non indexé. - Renvois internes à la saison 7 (tous vérifiés à leurs corpus propres, non re-cités ici) : Montaigne et « que sais-je ? » (S7c1) ; Valladolid, Las Casas vs Sepúlveda, « qui est pleinement blessable ? » (S7c2) ; Kandiaronk / Lahontan, la critique amérindienne (S7c3) ; Pascal, le roseau pensant (S7c4) ; Descartes / Élisabeth, l'objection du corps (S7c5) ; Suchon & Sor Juana, le droit de penser (S7c6) ; Spinoza, le conatus (S7c7) ; Hobbes, l'égale vulnérabilité au meurtre, « the weakest has strength enough to kill the strongest » (S7c8) ; Rousseau, la pitié et la perfectibilité (S7c9) ; Wollstonecraft & Gouges, la « délicatesse » fabriquée, « le droit de monter à l'échafaud… également celui de monter à la tribune » (S7c10) ; Kant, l'autonomie rationnelle contre l'être affectable, la dignité du fini (S7c11). - Ponts vers les saisons à venir : Axel Honneth, la lutte pour la reconnaissance (S9) ; le tournant ontologique mondialisé — Kierkegaard et l'angoisse (S8c1), Nietzsche, Husserl, Heidegger, le mono no aware japonais, Beauvoir, Weil (S8). Tous non indexés.
- Acquis de la série, sans nouvelle citation : le double critère « qui est blessable / qui peut dire sa blessure » (ouverture de la série) ; la thèse de la saison 7 (souveraineté proclamée / vulnérabilité fabriquée, les deux fils noués) ; le soupçon nietzschéen (S6c11 : valoriser la faiblesse — émancipation ou ruse de la domination ?) appliqué ici à la lecture conservatrice de Hegel ; le décentrement de fait (Kandiaronk et les colonisés comme critiques de plein droit, non comme « les autres » ; aucun « notre modernité » possessif).
Saison 8 — Le tournant ontologique mondialisé
- Charles Sanders Peirce, Writings of Charles S. Peirce, Chronological Edition, Volume 8 (1890-1892) — le tychisme : « Peirce named his anti-necessitarian doctrine "tychism" (from tuch, the Greek word for chance) and claimed that "tychism must give birth to an evolutionary cosmology, in which all the regularities of nature and mind are regarded as products of growth" » ; la croissance incompatible avec la conservation de l'énergie ; la variété de l'univers inexplicable sans le hasard ; la réalité du sentiment comme « a patent fact enough, but a very inconvenient one to the mechanical philosopher ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,82.)
- Peirce, The Essential Peirce, Volume 1 (1867-1893) — la cosmologie évolutive et les trois éléments : « at any assignable date in the future there will be some slight aberrancy from law » ; « all things have a tendency to take habits » ; « We have therefore only to suppose the smallest spur of it in the past, and that germ would have been bound to develop into a mighty and over-ruling principle » ; « three elements are active in the world, first, chance ; second, law ; and third, habit-taking » ; « We have to suppose that in looking back into the indefinite past we are looking back towards times when the element of law played an indefinitely small part in the universe » ; « If the universe is thus progressing from a state of all but pure chance to a state of all but complete determination by law, we must suppose that there is an original, elemental, tendency of things to acquire determinate properties, to take habits » ; la tendance à prendre des habitudes « essentially finite in amount », une tendance infiniment forte étant « inconceivable and self-contradictory ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,80–0,82.)
- Peirce, The Essential Peirce, Volume 1 — l'épisode des dés et la sélection par le hasard : les joueurs aux dés usés, « chance in its action tends to destroy the weak & increase the average strength of the objects remaining » ; « there is an absolute limit to a weakening process. It ends in destruction ; there is no limit to strength ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,80.)
- Claudine Tiercelin, La pensée-signe. Études sur C. S. Peirce — le faillibilisme : « son faillibilisme, ou l'idée que "nous ne pouvons jamais parvenir à la certitude absolue" et que toutes nos croyances (y compris les croyances perceptives) sont faillibles » ; « des croyances indubitables peuvent donc se révéler fausses » ; la vérité comme « une croyance vers laquelle tendrait une croyance si elle devait tendre indéfiniment vers une fixité absolue » ; vous voulez « atteindre un état de croyance qui ne puisse être assailli par le doute ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,80–0,82.)
- Non indexés, signalés dans le cours — (à vérifier sur l'édition avant tout usage) : John Dewey, The Quest for Certainty (1929) — la philosophie classique comme fuite du précaire et quête de sécurité (requête RAG « quest for certainty security risk precarious world » restée sans résultat) ; Peirce, Evolutionary Love (1893) et le terme d'agapisme — l'amour qui réchauffe les germes du haïssable (non retrouvé au corpus) ; la formule « however much we know, more may come to be found out » (paraphrase courante du faillibilisme, non vérifiée telle quelle au RAG). Rapprochements interprétatifs, tous non indexés : tukhē (S2c3, la fortune tragique grecque, source du mot « tychisme ») ; les germes / duan de Mencius (S5c2, convergence sur le germe à réchauffer) ; les forteresses antiques (S3, la sécurisation contre l'exposition, ici relue comme auto-correction de la science). (Tous non indexés au corpus — à vérifier.)
- Martin Heidegger, Being and Time (Sein und Zeit, 1927), trad. anglaise du corpus — l'être-jeté (Geworfenheit) et la facticité : « We shall call this character of being of Dasein which is veiled in its whence and whither, but in itself all the more openly disclosed, this "that it is," the thrownness [Geworfenheit] of this being into its there; it is thrown in such a way that it is the there as being-in-the-world » ; « The expression thrownness is meant to suggest the facticity of its being delivered over [Überantwortung] » ; « Facticity is not the factuality of the factum brutum of something objectively present, but is a characteristic of the being of Dasein taken on in existence, although initially thrust aside. The that of facticity is never to be found by looking » ; « Not only is thrownness not a "finished fact," it is also not a self-contained fact. The facticity of Dasein is such that Dasein, as long as it is what it is, remains tossed about [im Wurf] and sucked into the turbulence of the they's inauthenticity ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,86-0,88.)
- Heidegger, Being and Time — la disposition affective (Befindlichkeit) et la tonalité (mood/attunement) : « Beings of the character of Dasein are their there in such a way that they find themselves in their thrownness, whether explicitly or not. In attunement, Dasein is always already brought before itself, it has always already found itself, not as perceiving oneself to be there, but as one finds one's self in attunement » ; « Mood does not disclose in the mode of looking at thrownness, but as turning toward and away from it… For the most part, mood does not turn itself toward the burdensome character of Dasein manifest in it, it does this least of all in an elevated mood in which this burden is lifted » ; « for the most part, mood closes off thrownness. Dasein flees from thrownness to the relief that comes with the supposed freedom of the they-self » ; « The thrownness of this being belongs to the disclosedness of the "there," and reveals itself constantly in each and every attunement ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,85.)
- Heidegger, Being and Time — l'angoisse (Angst) distincte de la peur : « Anxiety "does not know" what it is anxious about » ; « The fact that what is threatening is nowhere characterizes what anxiety is about… it is already "there"—and yet nowhere. It is so near that it is oppressive and takes away one's breath—and yet it is nowhere » ; « The world in which I exist has sunk into insignificance » ; « The recalcitrance of the innerworldly nothing and nowhere means phenomenally that what anxiety is about is the world as such » ; « Being-in-the-world is both what anxiety is anxious in the face of and what it is anxious about… That in the face of which one has anxiety is, after all, already "there"; it is Dasein itself » ; « Fear is anxiety which has fallen prey to the "world." It is inauthentic and concealed from itself as such » ; « only because anxiety always already latently determines being-in-the-world, can being-in-the-world… be afraid ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,84.)
- Heidegger, Being and Time — l'inquiétante étrangeté (Unheimlichkeit), le ne-pas-être-chez-soi : « Everyday familiarity collapses. Dasein is individualized [vereinzelt], but as being-in-the-world. Being-in enters the existential "mode" of not-being-at-home [Un-zuhause]. The talk about "uncanniness" ["Unheimlichkeit"] means nothing other than this » ; « Tranquillized, familiar being-in-the-world is a mode of the uncanniness of Dasein, not the other way around. Not-being-at-home must be conceived existentially and ontologically as the more primordial phenomenon » ; « Entangled flight into the being-at-home of publicness is flight from not-being-at-home, that is, from the uncanniness which lies in Dasein as thrown, as being-in-the-world entrusted to itself in its being. This uncanniness constantly pursues Dasein and threatens its everyday lostness in the they » ; « Anxiety can arise in the most harmless situations. Nor does it have any need for darkness ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,84-0,85.)
- Non indexés, signalés dans le cours — (à vérifier avant tout usage) : le contexte de la phénoménologie husserlienne et du corps vécu (S8c4, le cours qui précède) ; la tukhē grecque (S2) ; les forteresses stoïciennes et l'ataraxie (S3) ; le souci (Sorge) et l'être-pour-la-mort, annoncés pour S8c6 ; la critique lévinassienne de l'exposition à autrui et la « finitude sans visage » (S9). Rapprochements interprétatifs, tous non indexés au corpus — à vérifier : la lecture de l'être-jeté comme radicalisation interne de la tukhē ; l'opposition Heidegger / stoïciens sur le statut de l'angoisse ; le diagnostic d'une facticité solitaire manquant l'exposition à autrui (amorce lévinassienne). Le double critère de la série (qui est blessable ? qui peut dire sa blessure ?) est notre grille de lecture, non un énoncé de Heidegger.
- Martin Heidegger, Being and Time (Sein und Zeit, 1927), trad. anglaise — l'être-pour-la-mort comme concrétion du souci : « of care has its most primordial concretion in being-toward-death » ; le Dasein comme « being-ahead-of-itself » (être-en-avant-de-soi), structure du souci (Sorge). (Vérifié au RAG, cert. ~0,85.)
- Heidegger, Being and Time — les trois traits de la mort : « death reveals itself as one's ownmost, nonrelational, and insuperable [unüberholbar] possibility » ; « the possibility of the absolute impossibility of Dasein » ; « the possibility of no-longer-being-able-to-be-there » ; « all relations to other Dasein are dissolved in it » ; « completely thrown back upon its ownmost potentiality-of-being ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,84-0,85.)
- Heidegger, Being and Time — la possibilité comme possibilité, contre le calcul : « being out for something possible and taking care of it has the tendency of annihilating the possibility of the possible by making it available » ; « we weaken it by calculating how to have death under our control [Verfügenwollen] » ; « it must be understood as possibility, cultivated as possibility, and endured as possibility in our relation to it ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,84.)
- Heidegger, Being and Time — l'angoisse révélatrice : « anxiety in the face of death is anxiety in the face of the ownmost, nonrelational, and insuperable potentiality-of-being » ; « Anxiety about death must not be confused with a fear of one's demise » ; l'angoisse comme Grundbefindlichkeit, « the disclosedness of the fact that Dasein exists as thrown being-toward-its-end » ; l'inquiétante étrangeté (Unheimlichkeit), « the flight from its ownmost being-toward-death ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,81-0,82.)
- Heidegger, Being and Time — l'individualisation par l'anticipation : « anticipation reveals to Dasein its lostness in the they-self, and brings it face to face with the possibility to be itself » ; « in the passionate anxious freedom toward death, which is free of the illusions of the they » ; « Thrownness into death reveals itself to » Dasein ; distinction du Sterben (mourir existential), Ableben (décès), Verenden (périr). (Vérifié au RAG, cert. ~0,81-0,82.)
- Non indexés, signalés dans le cours — (à vérifier sur l'édition avant tout usage) : l'objection de Levinas (la première mort qui compte est la mort d'autrui ; le visage du mortel ; la responsabilité avant l'angoisse de soi) — pont vers la S9 ; la natalité d'Arendt (le commencement contre l'être-pour-la-fin, S8c12) ; Épicure « la mort n'est rien pour nous » (S3c4, contraste de thérapeutique) ; l'être-jeté / Geworfenheit (S8c5, cours précédent) ; le mono no aware japonais (S8c7, le contrepoint à l'angoisse). (Tous non indexés au corpus — à vérifier.)
- Dōgen, Shōbōgenzō, discours « Sur l'être-temps » (Uji) — l'identité du temps et de l'existence : « L'expression "pour le temps qui passe" implique que le temps dans sa totalité est ce qu'est l'existence, et que l'existence dans toutes ses occurrences est ce qu'est le temps » ; « toute chose ayant existence — ce qui inclut toute pensée et toute chose — est inextricablement liée au temps, et l'on peut même dire qu'elle "est temps" » ; uji, terme intraduisible (« être-temps », « juste pour le temps qui passe », « il y a un temps où »), composé de u (être/existence) et ji (temps) ; le « je » comme « ensemble particulier de conditions transitoires », non comme soi permanent (réfutation de la vue Shrenika) ; « quand la fausse notion d'un soi permanent est abandonnée, ce qui reste n'est que uji ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,80–0,82.)
- Dōgen, Shōbōgenzō (Uji) — contre la fuite du temps : « Ne considérez pas le temps comme "quelque chose qui s'envole simplement" » ; le passé ne « engloutit » pas les instants révolus, le présent n'en est pas « rejeté » ; le « maintenant toujours présent » ; le pin et le bambou comme analogies du temps. (Vérifié au RAG, cert. ~0,79.)
- Dōgen, Shōbōgenzō, discours « Sur la nature de bouddha » — l'impermanence (mujō) comme nature de bouddha : « nul être sensible n'est dépourvu de la nature de bouddha et aucun être sensible ne possède une chose appelée "une nature de bouddha" » ; « tous les êtres sensibles ont la nature de bouddha de part en part… ils sont la nature de bouddha » ; la mort comme mode de la nature de bouddha (« le temps de la mort est un temps d'avoir la nature de bouddha et de ne pas avoir de nature de bouddha ») ; la dissipation du vent et du feu. (Vérifié au RAG, cert. ~0,77–0,80.)
- Dōgen, Shōbōgenzō (Uji) — « abandonner corps et esprit » (shinjin datsuraku) : « son expérience de n'être plus attaché à aucun sens d'un soi personnel qui existerait indépendamment du temps et des autres êtres — expérience qui fait partie intégrante de son "laisser-tomber le corps et l'esprit" ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,80.)
- Reinhard May, Heidegger's Hidden Sources — le pont Heidegger / pensée est-asiatique : « l'œuvre de Heidegger fut influencée par des sources est-asiatiques dans une mesure jusqu'ici méconnue » ; appropriation probable, sans mention des sources, de classiques taoïstes et de textes zen ; l'école de Kyōto (Nishida, Nishitani) et la conception du néant (das Nichts), ses préfigurations occidentales (Eckhart, Cuse, Boehme, Hegel, Schelling) ; l'« interlocuteur japonais » : « pour nous, le vide est le nom le plus élevé pour ce que vous voudriez nommer du mot "Être" » ; la compréhension immédiate, au Japon dès 1930, de « Qu'est-ce que la métaphysique ? ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,82–0,83.)
- Non indexés, signalés dans le cours — (à vérifier sur l'édition avant tout usage, aucune citation forgée) : Motoori Norinaga et la forge du concept de mono no aware (« la poignante beauté des choses qui passent », aware comme interjection-soupir) ; Murasaki Shikibu, Le Dit du Genji (premier roman psychologique, splendeur vouée à se défaire) ; Sei Shōnagon, Notes de chevet (l'art du détail fugitif) ; le wabi-sabi (wabi : sobriété/imperfection ; sabi : patine du temps) ; Kamo no Chōmei, Hōjōki (la cabane démontable, le fleuve et l'écume, la non-attache). Rapprochements interprétatifs, non indexés : Heidegger, être-vers-la-mort et angoisse (S8c5–c6, le contrepoint direct) ; Zhuangzi chantant à la mort de son épouse (S5c6, le consentement à l'impermanence) ; l'anattā bouddhique, le non-soi (S4) ; la vulnérabilité fabriquée chez Rousseau (objection politique à l'esthétisation) ; Merleau-Ponty et la chair (S8c8, le cours suivant). (Tous non indexés au corpus — à vérifier.)
- Maurice Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception (1945), traduction anglaise Phenomenology of Perception (Routledge) — le corps comme ancrage : « I move my hand to my ear or my knee by the shortest route, without having to think of the initial position of my hand, or that of my ear, or the path between them » ; « the body is our anchorage in a world » ; « the fulfilment of an intention which was not directed at my knee as an idea or even as an object, but as a present and real part of my living body » ; la typiste qui « incorporates the key-bank space into his bodily space ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,82.)
- Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception — l'habitude et la dilatation du corps : l'aveugle et la canne, « the world of feelable things recedes and now begins, not at the outer skin of the hand, but at the end of the stick » ; s'habituer à un chapeau, une voiture, une canne « is to be transplanted into them, or conversely, to incorporate them into the bulk of our own body » ; l'habitude « expresses our power of dilating our being in the world » ; le corps « a system which is open on to the world, and correlative with it ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,82.)
- Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception — le corps affectif et la douleur : « If I say that my foot hurts, I do not simply mean that it is a cause of pain in the same way as the nail which is cutting into it » ; « the pain reveals itself as localized, that it is constitutive of a "pain-infested space" » ; « the act of transcendence whereby the subject is thrown open to the world is itself entailed ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,81.)
- Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception — réduction scientifique du corps : « the experience of the body degenerated into a "representation" of the body; it was not a phenomenon but a fact of the psyche » ; le corps vivant traité comme « an object of scientific investigation to be brought under a set of laws ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,82.)
- Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception — le corps qui se touche (germe de la chair) : le corps « tries to touch itself while being touched, and initiates "a kind of reflection"… which is sufficient to distinguish it from objects » ; le corps « catches itself from the outside engaged in a cognitive process ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,81.)
- Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception — autrui comme sujet incarné : « No sooner has my gaze fallen upon a living body in process of acting than the objects surrounding it immediately take on a fresh layer of significance » ; « a vortex forms, towards which my world is drawn and… sucked in » ; « present to x » ; « In so far as I have sensory functions, a visual, auditory and tactile field, I am already in communication with others » ; « anonymous subjects of perception » ; le corps de l'autre comme problème pour la pensée objective (« The existence of other people is a difficulty and an outrage for objective thought »). (Vérifié au RAG, cert. ~0,81–0,82.)
- Non indexés, signalés dans le cours — (à vérifier sur l'édition avant tout usage) : la doctrine élaborée de la chair, du chiasme et du sentant-sensible (Le Visible et l'Invisible, 1964, œuvre posthume non indexée au corpus) ; les synthèses passives au sens husserlien (Husserl non indexé) ; les formules « je suis mon corps », « le corps est un "je peux" et non un "je pense" », la liberté située (paraphrases doctrinales reconstituées, non retrouvées telles quelles au RAG) ; le contexte biographique et la date de 1945. Rapprochements interprétatifs, tous non indexés : Descartes et Élisabeth de Bohême (S7c5, l'union de l'âme et du corps, la douleur qui affecte la pensée) ; Spinoza (S7c7, l'âme idée du corps, le refus du dualisme, l'affection) ; les éthiques du care — Gilligan, Tronto (S9, la réponse à la vulnérabilité comme sol de la morale) ; Mencius (S5c2) et Rousseau (S7c9, la sensibilité spontanée à la souffrance). (Tous non indexés au corpus — à vérifier.)
- Hannah Arendt, The Human Condition (1958) — natalité et action : « of the three, action has the closest connection with the human condition of natality; the new beginning inherent in birth can make itself felt in the world only because the newcomer possesses the capacity of beginning something anew, that is, of acting » ; « natality, and not mortality, may be the central category of political, as distinguished from metaphysical, thought ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,83.)
- Arendt, The Human Condition — commencement et liberté : « Initium ergo ut esset, creatus est homo, ante quem nullus fuit » (Augustin) ; « it is not the beginning of something but of somebody, who is a beginner himself » ; archein (« to begin », « to lead », « to rule ») ; « the principle of freedom was created when man was created but not before » ; la seconde naissance (« this insertion is like a second birth »). (Vérifié au RAG, cert. ~0,79.)
- Arendt, The Human Condition — le miracle : « the new therefore always appears in the guise of a miracle » ; « the unexpected can be expected from him, that he is able to perform what is infinitely improbable » ; « Action is, in fact, the one miracle-working faculty of man » (Jésus de Nazareth, le pardon comme miracle) ; « The miracle that saves the world… is ultimately the fact of natality, in which the faculty of action is ontologically rooted » ; « A child has been born unto us ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,78–0,79.)
- Arendt, The Human Condition — pluralité, parole et action : la distinction (otherness, distinctness, uniqueness) ; « Speech and action reveal this unique distinctness » ; « A life without speech and without action… is literally dead to the world… it has ceased to be a human life because it is no longer lived among men ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,78.)
- Non indexés, signalés dans le cours — (à vérifier sur l'édition avant tout usage) : Hannah Arendt, The Origins of Totalitarianism (1951), chapitre sur le déclin de l'État-nation et la fin des droits de l'homme — les apatrides, les « superflus », et « le droit d'avoir des droits » (the right to have rights) ; l'analyse de l'irréversibilité et de l'imprévisibilité de l'action et de leurs remèdes (le pardon, la promesse) telle que développée dans The Human Condition mais non retrouvée au RAG sous cette forme — restitutions de mémoire, non retrouvées telles quelles au corpus. Rapprochements interprétatifs, tous non indexés : Heidegger (S8c6, être-pour-la-mort vs être-pour-le-commencement — contrepoint exact, construction de lecteurs) ; Hobbes (S7c8, l'état de nature et l'exposition commune) ; Rousseau (S7c9, le déplacement de la vulnérabilité vers la politique) ; Levinas (S9, le visage et la responsabilité éthique) ; le politique (S11). (Tous non indexés au corpus — à vérifier.)
Saison 9 — Le tournant éthique : autrui, care, dépendance
- Emmanuel Levinas, Totalité et infini (1961) — le visage comme refus d'être contenu : « L'abord des êtres, dans la mesure où il se réfère à la vision, domine ces êtres, exerce sur eux un pouvoir. La chose est donnée, s'offre à moi. Je me tiens dans le Même en y accédant » ; « Le visage est présent dans son refus d'être contenu. Dans ce sens il ne saurait être compris, c'est-à-dire englobé. Ni vu, ni touché » ; le visage « se refuse à la possession, à mes pouvoirs ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,81.)
- Levinas, Totalité et infini — l'épiphanie et l'appel : « L'épiphanie du visage est éthique » ; sa « façon de saillir incessamment hors de son image plastique » ; « L'être qui se manifeste assiste à sa propre manifestation et par conséquent en appelle à moi » ; « Elle est visage ; sa révélation est parole ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,76–0,81.)
- Levinas, Totalité et infini — « tu ne commettras pas de meurtre » et la résistance éthique : le visage « est l'expression originelle, est le premier mot : "tu ne commettras pas de meurtre" » ; « Cet infini, plus fort que le meurtre, nous résiste déjà dans son visage, est son visage » ; « la résistance de ce qui n'a pas de résistance — la résistance éthique » ; « la nudité totale de ses yeux, sans défense » ; « ces yeux sans protection, de ce qu'il y a de plus doux et de plus découvert » ; le visage « rend possible et impossible le meurtre ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,75–0,82.)
- Levinas, Totalité et infini — la guerre suppose la paix : « La guerre suppose la paix, la présence préalable et non-allergique d'Autrui ; elle ne marque pas le premier événement de la rencontre » ; « L'impossibilité de tuer n'a pas une signification simplement négative et formelle ; la relation avec l'infini ou l'idée de l'infini en nous la conditionne positivement ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,76.)
- Levinas, Totalité et infini — hauteur et mise en question : Autrui « m'aborde, non pas du dehors, mais de haut » ; « il faut que je rencontre le visage indiscret d'Autrui qui me mette en question » ; « Dans le visage Autrui exprime son éminence, la dimension de hauteur et de divinité dont il descend ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,75.)
- Levinas, Totalité et infini — la triade veuve-orphelin-étranger : Autrui « se situe dans une dimension de la hauteur et de l'abaissement — glorieux abaissement ; il a la face du pauvre, de l'étranger, de la veuve et de l'orphelin et, à la fois, du maître appelé à investir et à justifier ma liberté ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,75.)
- Levinas, Totalité et infini — asymétrie de l'interpersonnel : « la présence du visage venant d'au-delà du monde… ne m'écrase pas comme une essence numineuse qui fait trembler et se fait craindre » ; « Entendre sa misère qui crie justice ne consiste pas à se représenter une image, mais à se poser comme responsable, à la fois comme plus et comme moins que l'être qui se présente dans le visage. Moins, car le visage me rappelle à mes obligations et me juge… Plus, car ma position de moi consiste à pouvoir répondre à cette misère essentielle d'autrui » ; « Autrui qui me domine dans sa transcendance est aussi l'étranger, la veuve et l'orphelin envers qui je suis obligé » ; l'inégalité « n'apparaît pas au tiers qui nous compterait ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,74.)
- Levinas, Totalité et infini — la féminité (point critique signalé dans le cours) : « La faiblesse de la féminité invite à la pitié pour ce qui, en un sens, n'est pas encore, à l'irrespect pour ce qui s'exhibe dans l'impudeur ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,75 ; cité comme point aveugle daté, non endossé.)
- Non indexés, signalés dans le cours — (à vérifier sur l'édition avant tout usage) : la formule « l'éthique comme philosophie première » (titre d'une conférence ultérieure, reconstituée de mémoire) ; le concept de substitution et du moi comme otage (relève d'Autrement qu'être ou au-delà de l'essence, 1974 — objet de S9c2, non indexé ici) ; la réduction de l'autre au même comme caractérisation de l'ontologie occidentale (reconstituée). Contexte biographique (captivité de guerre, famille lituanienne assassinée dans la Shoah, Levinas traducteur et lecteur de Husserl et Heidegger). Rapprochements interprétatifs, tous non indexés : la triade veuve-orphelin-étranger (S6c1, source biblique de la protection du vulnérable) ; la critique de Heidegger et de la priorité de l'ontologie (S8, en particulier S8c6) ; les éthiques du care (S9c6, la morale fondée sur la réponse à la vulnérabilité plutôt que sur l'autonomie) ; la critique féministe de la « féminité » levinassienne. (Tous non indexés au corpus — à vérifier.)
- Emmanuel Levinas, Autrement qu'être ou au-delà de l'essence (1974) — la vulnérabilité comme structure de la sensibilité : « Vulnérabilité, exposition à l'outrage, à la blessure — passivité plus passive que toute patience, passivité de l'accusatif, traumatisme de l'accusation subie jusqu'à la persécution par un otage, mise en cause, dans l'otage, de l'identité se substituant aux autres : Soi — défection ou défaite de l'identité du Moi. Voilà, poussée à bout, la sensibilité. Ainsi sensibilité comme la subjectivité du sujet. » (Vérifié au RAG, cert. ~0,82.)
- Levinas, Autrement qu'être — la sensibilité comme exposition / la vulnérabilité même : « La sensibilité est exposition à l'autre… l'exposition en tant que sensibilité est plus passive encore : comme une inversion du conatus de l'esse, un avoir-été-offert-sans-retenue, ne trouvant pas de protection dans une quelconque consistance ou identité d'état. Avoir-été-offert-sans-retenue et non point générosité de s'offrir qui serait acte… comme si la sensibilité était précisément ce que toute protection et toute absence de protection supposent déjà : la vulnérabilité même. » ; « la sensibilité retombe en contact » ; la peau « écart entre le visible et l'invisible », non « protection d'un organisme ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,82.)
- Levinas, Autrement qu'être — le Dire, le Dit, la peau, la substitution-expiation : « La responsabilité pour Autrui… est une passivité plus passive que toute passivité — exposition à l'autre sans assomption de cette exposition même, exposition sans retenue, exposition de l'exposition, expression, Dire » ; « Non pas Dire se dissimulant et se protégeant dans le Dit, se payant de mots en face de l'autre — mais dire se découvrant — c'est-à-dire se dénudant de sa peau — sensibilité à fleur de peau, à fleur de nerfs, s'offrant jusqu'à la souffrance » ; « Substitution à l'autre — l'un à la place de l'autre — expiation. » (Vérifié au RAG, cert. ~0,80–0,83.)
- Levinas, Autrement qu'être — la responsabilité illimitée, en deçà de la liberté : « La responsabilité pour autrui ne peut avoir commencé dans mon engagement, dans ma décision. La responsabilité illimitée où je me trouve vient d'en deçà de ma liberté » ; « ma responsabilité pour les fautes ou le malheur des autres », « ma responsabilité répondant de la liberté d'autrui » ; « anarchique », « non-originel », « an-archie du Bien ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,77.)
- Levinas, Autrement qu'être — otage, sacrifice non volontaire, le Bien : le Dire « demeure, dans son activité, passivité ; plus passif que toute passivité, car sacrifice sans réserve, sans retenue — précisément pour cela non volontaire, sacrifice d'otage désigné qui ne s'est pas élu comme otage, mais, possiblement, élu par le Bien d'élection involontaire non assumée par l'élu ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,77.)
- Levinas, Autrement qu'être — l'un-pour-l'autre, substitution et dissymétrie, le tiers et la justice : l'exposition à l'autre « est signification, elle est la signification même, l'un-pour-l'autre jusqu'à la substitution ; mais substitution dans la séparation, c'est-à-dire responsabilité » ; la substitution « opérant dans les entrailles du soi, déchirant son intériorité, déphasant son identité… dans l'impossibilité pour moi de me dérober à la substitution, laquelle confère l'unicité à cette identité » ; « communication de l'un à l'Autre et de l'Autre à l'un sans que les deux relations aient le même sens » ; « C'est la proximité du tiers qui introduit, avec les nécessités de la justice, la mesure, la thématisation. » (Vérifié au RAG, cert. ~0,78–0,85.)
- Levinas, Autrement qu'être — proximité, visage et peau, retard et assignation : « le contact de la peau est encore la proximité du visage, responsabilité, obsession de l'autre, être-l'un-pour-l'autre » ; « la responsabilité avant l'éros » ; « Il me réclamait avant que je vienne. Retard irrécupérable… Je suis accusé d'avoir tardé. » (Vérifié au RAG, cert. ~0,76–0,77.)
- Non indexés, signalés dans le cours — (à vérifier avant tout usage) : le visage et l'épiphanie d'autrui de Totalité et Infini (c1, le « tu ne tueras point », mentionnés mais non cités au corpus de ce cours) ; le contexte biographique et la datation 1974 ; le rapprochement avec le conatus spinoziste (commentaire interprétatif). Rapprochements interprétatifs, tous non indexés : la kenōsis paulinienne (S6c3, le « se vider », convergence formelle — construction de lecteurs, non filiation) ; les éthiques du care et l'objection féministe sur le soin assigné aux femmes (S9c6) ; la réciprocité ricœurienne et le « soi-même comme un autre » (c3, le cours suivant) ; le paradoxe de la valorisation (S1c7). (Tous non indexés au corpus — à vérifier.)
- Paul Ricœur, Soi-même comme un autre (Seuil, 1990) — l'identité narrative : « C'est dans le cadre de la théorie narrative que la dialectique concrète de l'ipséité et de la mêmeté atteint son plein épanouissement » ; « la personne, comprise comme personnage de récit, n'est pas une entité distincte de ses expériences… C'est l'identité de l'histoire qui fait l'identité du personnage » ; « l'identité narrative se tient dans l'entre-deux » ; « l'identité narrative fait tenir ensemble les deux bouts de la chaîne : la permanence dans le temps du caractère et celle du maintien de soi ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,84-0,87.)
- Ricœur, Soi-même comme un autre — mêmeté et ipséité : « L'ipséité, ai-je maintes fois affirmé, n'est pas la mêmeté. Et c'est parce que cette distinction majeure est méconnue… que les solutions apportées au problème de l'identité personnelle ignorant la dimension narrative échouent » ; la distinction idem / sameness / Gleichheit vs ipse / selfhood / Selbstheit ; la permanence dans le temps comme lieu du problème ; la confrontation aux puzzling cases de la philosophie analytique (Parfit). (Vérifié au RAG, cert. ~0,84-0,85.)
- Ricœur, Soi-même comme un autre — la sollicitude comme réciprocité : « Confronté à cette bienfaisance, voire à cette bienveillance, l'autre paraît réduit à la condition de seulement recevoir. En un sens, il en est bien ainsi » ; « la sympathie est préservée de se confondre avec la simple pitié, où le soi jouit secrètement de se savoir épargné » ; « dans la sympathie vraie, le soi, dont la puissance d'agir est au départ plus grande que celle de son autre, se retrouve affecté par tout ce que l'autre souffrant lui offre en retour. Car il procède de l'autre souffrant un donner qui n'est précisément plus puisé dans sa puissance d'agir et d'exister, mais dans sa faiblesse même » ; « c'est peut-être là l'épreuve suprême de la sollicitude, que l'inégalité de puissance vienne à être compensée par une authentique réciprocité dans l'échange, laquelle, à l'heure de l'agonie, se réfugie dans le murmure partagé des voix ou l'étreinte débile de mains qui se serrent ». La citation de Levinas, Autrement qu'être ou au-delà de l'essence (1974), p. 180, figure en note dans le corpus. (Vérifié au RAG, cert. ~0,81.)
- Non indexés, signalés dans le cours — (à vérifier sur l'édition avant tout usage) : le couple « homme capable / fragilité », l'« homme capable » et la « capacité » comme pouvoir-dire / pouvoir-agir / pouvoir-raconter / pouvoir-se-promettre / se-tenir-pour-responsable (développés dans L'Homme faillible, 1960, et Le Juste, 1995/2001 — non retrouvés au corpus) ; l'analyse de la promesse comme « maintien de soi » dans sa forme détaillée ; la formule de la visée éthique (« vie bonne, avec et pour autrui, dans des institutions justes »), citée de mémoire, non retrouvée telle quelle au RAG. Rapprochements interprétatifs, tous non indexés : Levinas (S9c1-c2, la dissymétrie de l'assignation corrigée en réciprocité/mutualité) ; la philia aristotélicienne (S2c7, l'ami comme « autre soi-même ») ; le paradoxe de la valorisation (S1c7) ; Rousseau et la pitié spectatrice (S7c9) ; Nietzsche et la pitié comme ressentiment (S6c11) ; Carol Gilligan et l'éthique du care (S9, cours suivant) ; Eva Kittay et la dépendance (S9c6) ; l'annonce de la Saison 10 « Les sans-voix » : la démence (S10c4) et le polyhandicap (S10c3) comme mise en échec de la capacité narrative. (Tous non indexés au corpus — à vérifier.)
- Eva Feder Kittay, Love's Labor: Essays on Women, Equality, and Dependency — Sesha, l'amour préservateur, le « some mother's child » : « Sesha is now a woman of forty-nine », « remains as fully dependent as she was while an infant » ; « this child, as every other child, is some mother's child » ; « it is by virtue of the toil and love of some mothering person(s) that this child stands before him » ; l'incapacité à survivre seule et le « lifelong commitment to day-to-day physical care » ; « interpreting her needs and desires » ; amour préservateur : « preservative love seems to be the most fundamental of all maternal requirements » ; « this demand tapers off, and eventually the children grow independent » ; « does not outgrow a profound vulnerability, nor can she assume the task of her own self-preservation » ; « extending a child's dependence beyond a parent's strength, health, even lifetime » (Featherstone 1980) ; « elevates this feature of maternal practice » ; « the first commandments of her care » ; « a certain vantage point ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,83–0,86.)
- Kittay, Love's Labor — le travailleur de la dépendance et la dépendance secondaire : « to lack certain sorts of capacities, those essential to surviving and maintaining oneself » ; « secondary dependency » ; la vulnérabilité de la soignante « is itself a consequence of her deferred interests as well as needs pertaining to her affective bond to her charge » ; « between two individuals of unequal power » ; « an inequality of capacity, although it may also be one of social status and even of power over life and death » ; « temporarily or permanently incapable of a moral response » ; « the relation, at its very crux, is a moral one arising out of a claim of vulnerability… and of the special positioning of the dependency worker » ; « at the mercy of the moral fiber of those who have the greater power ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,81–0,85.)
- Kittay, Love's Labor — égalité fondée sur la connexion et doulia : « not with individuals in their separateness, but in their connectedness » ; « connection-based equality », « grounded in our understanding of ourselves as inherently related to others » ; « nested dependencies », « these nested dependencies link those who need help to those who help, and link the helpers to a set of supports » ; « this concept of equality requires that it be remembered that I, too, am some mother's child » ; « while my needs may be deferred, they cannot be permitted to languish » ; « a limit to the morally acceptable sacrifice on the part of the caregiver » ; « so that she is not made unduly vulnerable as she answers to the vulnerability of another » ; « dependency relations are the paradigmatic moral relations, for we can see in them how moral obligations are generated » ; « a public principle of doulia demands a reciprocation that calls upon a social responsibility to the charge and caregiver alike » ; « acknowledges a common fate and shared humanity… » ; « the answer, of course, is everything » ; « has been conveniently kept out-of-sight, tucked away… attended to by women who have only aspired to and have not yet achieved full citizenship ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,81–0,85.)
- Kittay, Love's Labor — critique de Rawls : « Rawls speaks of the participants in the Original Position as being equally situated and being equally empowered ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,84.)
- Kittay, Love's Labor — le scandale de l'aide non assurée : « the scandal of an affluent nation such as the U.S. is that such help is not provided for, and the scandal of American feminism is that… it has not fought sufficiently long and hard for this most basic of women's rights ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,83.)
- Non indexés, signalés dans le cours — (à vérifier avant tout usage) : la théorie de Rawls hors de la phrase citée (Position originelle, contractants symétriques) ; Carol Gilligan (la « voix » du care) et Joan Tronto (le care comme catégorie politique), pour le partage care/justice ; le détail de la pratique maternelle comme « position » occupable par tous. Rapprochements interprétatifs, tous non indexés : S10c3 (polyhandicap et le mémoire de David, écho aval) ; Ricœur (S9c3, la sollicitude et l'asymétrie) ; Rousseau (S7c9, l'enfant démuni, la faiblesse originaire) ; Mencius (S5c2, la commisération antérieure au calcul) ; Honneth (cours suivant, la reconnaissance). (Tous non indexés au corpus — à vérifier.)
- Axel Honneth, The Struggle for Recognition (Kampf um Anerkennung, 1992 ; trad. anglaise) — l'intégrité comme acquis intersubjectif : « Inherent in our everyday use of language is a sense that human integrity owes its existence, at a deep level, to the patterns of approval and recognition that we have been attempting to distinguish » ; « in the self-descriptions of those who see themselves as having been wrongly treated by others, the moral categories that play a dominant role are those — such as "insult" or "humiliation" — that refer to forms of disrespect, that is, to the denial of recognition » ; le tort blesse le sujet « with regard to the positive understanding of themselves that they have acquired intersubjectively ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,86.)
- Honneth, The Struggle for Recognition — les trois sphères et les trois mépris (tableau, Figure 2) : relations primaires (amour, amitié) → confiance en soi de base → maltraitance et viol (intégrité physique) ; relations juridiques (droits) → respect de soi → privation de droits, exclusion ; communauté de valeur (solidarité) → estime de soi → dévalorisation, humiliation (honneur, dignité). « Taken together, the three forms of recognition — love, rights, and esteem — constitute the social conditions under which human subjects can develop a positive attitude towards themselves » ; « basic self-confidence, self-respect, and self-esteem ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,82 / 0,79 / 0,78.)
- Honneth, The Struggle for Recognition — maltraitance et viol (intégrité physique) : « start from a type of disrespect that affects a person at the level of physical integrity… represent the most fundamental sort of personal degradation » ; « what is specific to these kinds of physical injury, as exemplified by torture and rape, is not the purely physical pain but rather the combination of this pain with the feeling of being defencelessly at the mercy of another subject, to the point of feeling that one has been deprived of reality » ; destruction de « one's underlying trust in oneself » ; « whatever the construction of the system of legitimation that tries to justify it, the suffering of torture or rape is always accompanied by a dramatic breakdown in one's trust in the reliability of the social world ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,84 / 0,83.)
- Honneth, The Struggle for Recognition — droit et respect de soi : « the concept of "legal recognition" refers… to the situation in which self and other respect each other as legal subjects… aware of the social norms by which rights and duties are distributed » ; « one can count as the bearer of rights of some kind only if one is socially recognized as a member of a community » ; « the experience of this type of disrespect typically brings with it a loss of self-respect, of the ability to relate to oneself as a legally equal interaction partner » ; « a historically variable quantity because the semantic content of what counts as a morally responsible agent changes » ; les droits comme « depersonalized symbols of social respect ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,84 / 0,79 / 0,78.)
- Honneth, The Struggle for Recognition — solidarité, estime sociale et dévalorisation : « "symmetrical" must mean instead that every subject is free from being collectively denigrated… recognized, in light of one's own accomplishments and abilities, as valuable for society » ; « a form free from pain… not marred by experiences of disrespect » ; « the form of behaviour ordinarily labelled "insulting" or "degrading" today » ; honneur, dignité, statut comme « the degree of social esteem accorded to his or her manner of self-realization within a society's inherited cultural horizon » ; la dévalorisation « robs the subjects in question of every opportunity to attribute social value to their own abilities ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,82 / 0,78.)
- Honneth, The Struggle for Recognition — mépris, indignation et lutte sociale : « categorial difference » entre dégradation flagrante et humiliation subtile, risque d'un terme unique ; départ d'une théorie morale dans « moral feelings of indignation, rather than pre-given interests » ; paradigme « Hegelian and Meadian » ; « the asserted connection between moral disrespect and social struggle » ; conflit inhérent à chaque sphère ; une lutte n'est « social » que si ses buts « can be generalized beyond the horizon of individuals' intentions… the basis for a collective movement » ; « a model of this sort finds its point of departure in the theoretical distinctions learned from Hegel and Mead ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,83 / 0,79.)
- Non indexés, signalés dans le cours — (à vérifier sur l'édition avant tout usage) : le terme allemand Mißachtung (rendu par disrespect) ; Nancy Fraser et le débat reconnaissance vs redistribution (Redistribution or Recognition ?, ~2003) ; le détail du rapport à la dialectique du maître et de l'esclave de Hegel (S7c12) ; Frantz Fanon et le déni racial de reconnaissance (S11c4) ; Levinas et la dissymétrie du visage (S9c1) ; les éthiques du care et Eva Kittay (S9, cours précédent). (Tous non indexés au corpus — à vérifier.)
Saison 10 — Les sans-voix : la vulnérabilité qui ne peut pas se dire
- Paul Ricœur, Soi-même comme un autre (1990) — mêmeté / ipséité : « l'ipséité, ai-je maintes fois affirmé, n'est pas la mêmeté » ; les deux modèles de permanence dans le temps, « le caractère et la parole tenue » ; « la parole tenue dans la fidélité à la parole donnée » comme figure emblématique de l'ipséité. (Vérifié au RAG, cert. ~0,85.)
- Ricœur, Soi-même comme un autre — identité narrative : « L'identité narrative fait tenir ensemble les deux bouts de la chaîne : la permanence dans le temps du caractère et celle du maintien de soi » ; « Le récit construit l'identité du personnage […] C'est l'identité de l'histoire qui fait l'identité du personnage » ; la mise en intrigue qui permet « d'intégrer à la permanence dans le temps […] la diversité, la variabilité, la discontinuité, l'instabilité ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,85.)
- Ricœur, Soi-même comme un autre — cas-limites de dissociation : les « cas-limites de dissociation entre deux modalités d'identité » ; Musil, L'Homme sans qualités, et l'Ichlosigkeit (« cette Ichlosigkeit qui fut à la fois le tourment de Musil… ») ; « un non-sujet n'est pas rien », « le non-sujet ne reste pas une figure du sujet, fût-ce sur le mode négatif ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,83.)
- Ricœur, Soi-même comme un autre — Locke / mémoire : la « mêmeté avec soi-même » étendue par « la mémoire comme l'expansion rétrospective de la réflexion aussi loin qu'elle peut s'étendre dans le passé ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,84.)
- Ricœur, Soi-même comme un autre — attestation et vulnérabilité : « la vulnérabilité d'un discours conscient de son défaut de fondation » ; l'attestation comme « créance sans garantie », « confiance plus forte que tout soupçon » ; « même si elle est toujours en quelque façon reçue d'un autre, elle demeure attestation de soi » ; le « me voici ! » lévinassien. (Vérifié au RAG, cert. ~0,78–0,80.)
- Non indexés, signalés dans le cours — (à vérifier sur l'édition avant tout usage) : le débat Ronald Dworkin (intérêts critiques, autonomie projetée, primauté des volontés anticipées — Life's Dominion) contre Rebecca Dresser (intérêts expérientiels, primauté de la personne présente, critique de l'autonomie précédente) ; la notion de « mort sociale » ; les données cliniques de la maladie d'Alzheimer (effacement de la mémoire récente, de la reconnaissance, du langage). Rapprochements interprétatifs, tous non indexés : Eva Kittay (S9c6, critère relationnel de la personne contre les critères cognitifs) ; Montaigne et la mort apprivoisée (S7c1) ; la suite sur la folie (S10c5) ; le piège « parler pour les sans-voix, c'est parler à leur place » (S10c1). (Tous non indexés au corpus — à vérifier.)
- Michel Foucault, Histoire de la folie à l'âge classique (1961) — le grand renfermement : « l'âge classique enferme. Il enferme les débauchés, les pères dissipateurs, les fils prodigues, les blasphémateurs, les hommes qui "cherchent à se défaire", les libertins » ; « dans chacune de ces cités, on trouve, de plus, toute une population de fous. La dixième partie environ des arrestations qu'on opère à Paris pour l'Hôpital général concerne des "insensés", des hommes "en démence", des gens à "l'esprit aliéné", des "personnes devenues tout à fait folles" » ; « Entre eux et les autres, aucun signe d'une différence... une même sensibilité les repère... un même geste les écarte » ; « il faut accepter toutes les déformations qu'impose notre regard rétrospectif ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,80.)
- Foucault, Histoire de la folie — l'aliénation : « cette société qui devait un jour désigner ces fous comme des "aliénés", c'est en elle d'abord que la déraison s'est aliénée ; c'est en elle qu'elle s'est exilée, et qu'elle est entrée en silence » ; la déraison qui « a cessé d'être expérience dans l'aventure de toute raison humaine » et s'est trouvée « enclose en une quasi-objectivité » ; « mise à distance — à une distance qui n'est pas seulement symbolisée mais réellement assurée à la surface de l'espace social ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,79.)
- Foucault, Histoire de la folie — la mise au silence et la rupture du dialogue : « Comparé au dialogue incessant de la raison et de la folie, pendant la Renaissance, l'internement classique avait été une mise au silence » ; « Ce dialogue lui-même est maintenant dénoué ; le silence est absolu ; il n'y a plus entre la folie et la raison de langue commune ; au langage du délire ne peut répondre qu'une absence de langage, car le délire n'est pas fragment de dialogue avec la raison, il n'est pas langage du tout » ; « L'absence de langage, comme structure fondamentale de la vie asilaire, a pour corrélatif la mise au jour de l'aveu » ; Freud renouant « prudemment l'échange... à l'écoute de ce langage, désormais effrité dans le monologue », les formulations entendues « toujours celles de la faute ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,81.)
- Foucault, Histoire de la folie — le langage comme structure de la folie : « Le langage est la structure première et dernière de la folie. Il en est la forme constituante » ; le délire « à la fois la folie elle-même, et au-delà de chacun de ses phénomènes, la transcendance silencieuse qui la constitue dans sa vérité ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,79.)
- Michel Foucault, Les Anormaux — Cours au Collège de France (1974-1975) — la généalogie de l'anormal : « La généalogie de l'individu anormal nous renvoie à ces trois figures : le monstre, le correctionnaire, l'onaniste » ; le monstre comme « être cosmologique ou anti-cosmologique », exception par définition ; l'individu à corriger dont le cadre est « la famille... dans son rapport avec les institutions qui la jouxtent — l'école, l'atelier, la rue, le quartier, la paroisse, l'église, la police » ; « un phénomène si courant qu'il présente ce caractère d'être en quelque sorte régulier dans son irrégularité » ; « un monstre pâle », « un monstre banalisé » ; « Il est exactement à la limite de l'indécidabilité. On n'a pas à en donner des preuves et on ne peut pas en donner des démonstrations » ; les trois figures qui « échangent certains de leurs traits » et dont « le profil commence à se superposer ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,82–0,85.)
- Non indexés, signalés dans le cours — (à vérifier avant tout usage) : la date de fondation de l'Hôpital général (1656) ; les écrits de patients et archives asilaires, Antonin Artaud à Rodez ; l'antipsychiatrie (années 1960-1970) et les mad studies. Rapprochements interprétatifs, tous non indexés : la démence (S10c4, la déraison du grand âge, boucle amont) ; les taxonomies (S1c4, classer comme geste de pouvoir) ; le double critère de la série (souffrir / parler) ; la biopolitique foucaldienne (S11c1, éclaireur publié, boucle aval) ; le geste de répartition ; le paradoxe de la valorisation (donner la voix sans la confisquer) ; l'animal (S10c6, boucle aval). (Tous non indexés au corpus — à vérifier.)
- Charles Darwin, La Descendance de l'homme et la sélection sexuelle — la continuité des facultés mentales : « l'homme et les animaux supérieurs, les primates surtout, ont quelques instincts communs. Tous possèdent les mêmes sens, les mêmes intuitions, éprouvent les mêmes sensations ; ils ont des passions, des affections et des émotions semblables, même les plus compliquées, telles que la jalousie, la méfiance, l'émulation, la reconnaissance et la magnanimité… ils redoutent le ridicule ; ils aiment la plaisanterie ; ils ressentent l'étonnement et la curiosité » ; « Les individus appartenant à une même espèce représentent toutes les phases intellectuelles, depuis l'imbécillité absolue jusqu'à la plus haute intelligence ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,81.)
- Darwin, La Descendance de l'homme — plaisir, douleur, jeu : « les animaux inférieurs, de même que l'homme, ressentent évidemment le plaisir et la douleur, le bonheur et le malheur » ; « On ne saurait trouver une expression de bonheur plus évidente que celle que manifestent les petits chiens et les petits chats, les agneaux, etc., lorsque, comme nos enfants, ils jouent les uns avec les autres. Les insectes eux-mêmes jouent les uns avec les autres » (fourmis observées par P. Huber) ; « Le fait que les animaux sont aptes à ressentir les mêmes émotions que nous me paraît assez prouvé… ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,80.)
- Darwin, La Descendance de l'homme — sympathie et instincts sociaux : « les instincts sociaux poussent l'animal à trouver du plaisir dans la société de ses semblables, à éprouver une certaine sympathie pour eux, et à leur rendre divers services » ; « les associations contenant le plus grand nombre de membres éprouvant de la sympathie, ont dû réussir et élever un plus grand nombre de descendants » ; les animaux « toujours prêts… à prêter aide et secours à leurs camarades » ; la sentinelle qui « pousse le signal du danger ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,85.)
- Darwin, La Descendance de l'homme — le germe d'un sens moral : « un animal quelconque, doué d'instincts sociaux prononcés… acquerrait inévitablement un sens moral ou une conscience, aussitôt que ses facultés intellectuelles se seraient développées aussi complètement… qu'elles le sont chez l'homme » ; « Un être moral est celui qui peut se rappeler ses actions passées et apprécier leurs motifs » (« la plus grande de toutes les distinctions ») ; l'homme qui regarde « en arrière et en avant » ; l'exemple du remords (l'Australien). (Vérifié au RAG, cert. ~0,84–0,86.)
- Darwin, L'Origine des espèces — la lutte pour l'existence : « la lutte pour l'existence » ; la sélection naturelle, « puissance toujours prête à l'action » ; « un bien petit nombre peut survivre » ; chaque espèce nouvelle « doit lutter… avec ses parents les plus proches et tendre à les détruire ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,81–0,83.)
- Non indexés, signalés dans le cours — (à vérifier sur l'édition avant tout usage ; aucune citation forgée, thèses paraphrasées) : Jeremy Bentham (la question « peuvent-ils souffrir ? » plutôt que « peuvent-ils raisonner ? / parler ? », note de l'Introduction aux principes de morale et de législation) ; Peter Singer (le spécisme, la libération animale, la sentience comme critère) ; Jacques Derrida (L'Animal que donc je suis — le regard du chat, la honte, la critique du singulier « l'animal ») ; Val Plumwood (Being Prey — l'attaque du crocodile, redevenir proie et viande) ; Vinciane Despret (éthologie, apprendre à laisser l'animal répondre) ; René Descartes (l'animal-machine, contexte). Rapprochements interprétatifs, tous non indexés : l'ahiṃsā jaïn (S4c8, l'extension de la blessabilité à tout le vivant) ; Mencius (S5c2, le ceyin zhi xin, la compassion spontanée) ; Épicure (S3c4, la sensation comme seuil) ; le paradoxe de la valorisation (S1c7) ; le décentrement de la saison « Les sans-voix » (S10). (Tous non indexés au corpus — à vérifier.)
Saison 11 — Politiques de la vulnérabilité : un débat mondial
- Michel Foucault, « Il faut défendre la société », cours au Collège de France (1975-1976), leçon du 17 mars 1976 — biopouvoir / biopolitique, formule « faire vivre et laisser mourir », population et homme-espèce, mécanismes de sécurité et régularisation, endémie comme « mort permanente qui glisse dans la vie », la norme circulant du disciplinaire au régularisateur, « société de normalisation », racisme d'État et « coupure entre ce qui doit vivre et ce qui doit mourir », racisme interne de la purification permanente. (Passages vérifiés au RAG, cert. 0,80-0,84.)
- Michel Foucault, « Les Anormaux », cours au Collège de France (1974-1975) — le modèle de la ville pestiférée : quadrillage capillaire, examen perpétuel, norme de santé. (Vérifié au RAG, cert. ~0,79.)
- Michel Foucault, La Volonté de savoir (Histoire de la sexualité, t. 1), 1976 — « les disciplines du corps et les régulations de la population constituent les deux pôles… », le sexe « matrice des disciplines et principe des régulations » (p. 191-192). (Cité dans le cours de 1976, donc vérifié au RAG via la citation ; à recouper sur l'édition.)
- Michel Foucault, « Sécurité, territoire, population » (1977-78) et « Naissance de la biopolitique » (1978-79) — gouvernementalité, dispositifs de sécurité, libéralisme. (En appui ; non indexés au RAG — à ingérer.)
- Giorgio Agamben, Homo sacer. Le pouvoir souverain et la vie nue (1995) — controverse : vie nue, exception, le camp comme nomos. (Littérature critique — à ingérer pour sourçage complet.)
- Frantz Fanon, Peau noire, masques blancs (1952) — le schéma corporel : « Je sais que si je veux fumer, il me faudra étendre le bras droit et saisir le paquet de cigarettes… ces gestes, je les fais non par habitude, mais par une connaissance implicite » ; « Lente construction de mon moi en tant que corps au sein d'un monde spatial et temporel » ; le schéma « ne s'impose pas à moi, c'est plutôt une structuration définitive du moi et du monde… il s'installe entre mon corps et le monde une dialectique effective ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,84.)
- Fanon, Peau noire, masques blancs — la scène « Tiens, un nègre ! » et le schéma épidermique racial : « Tiens, un nègre ! C'était un stimulus extérieur qui me chiquenaudait en passant » ; « Maman, regarde le nègre, j'ai peur ! Peur ! Peur ! Voilà qu'on se mettait à me craindre » ; « le schéma corporel, attaqué en plusieurs points, s'écroula, cédant la place à un schéma épidermique racial » ; « il ne s'agissait plus d'une connaissance de mon corps en troisième personne, mais en triple personne » ; « par l'autre, le Blanc, qui m'avait tissé de mille détails, anecdotes, récits » ; le « sérum de dénégrification ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,84.)
- Fanon, Peau noire, masques blancs — l'objectivation et l'appel à autrui : « J'arrivais dans le monde, soucieux de faire lever un sens aux choses… et voici que je me découvrais objet au milieu d'autres objets » ; « Enfermé dans cette objectivité écrasante, j'implorai autrui » ; « je me portai loin de mon être-là… me constituant objet… un décollement, un arrachement, une hémorragie qui caillait du sang noir sur tout mon corps » ; « Je voulais tout simplement être un homme parmi d'autres hommes… ensemble édifier » ; « je refusai toute tétanisation affective. Je voulais être homme, rien qu'homme ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,82.)
- Fanon, Peau noire, masques blancs — le désir d'être blanc, l'aliénation, le complexe de dépendance : « Alors j'essaierai tout simplement de me faire blanc, c'est-à-dire j'obligerai le Blanc à reconnaître mon humanité » ; le rêve « il y a dans cette deuxième chambre des Blancs, je constate que moi aussi je suis blanc » ; « Mon patient souffre d'un complexe d'infériorité… S'il se trouve à ce point submergé par le désir d'être blanc, c'est qu'il vit dans une société qui rend possible son complexe d'infériorité, dans une société qui tire sa consistance du maintien de ce complexe » ; la nécessité d'« une action couplée sur l'individu et sur le groupe » ; contre Mannoni, le « complexe de dépendance » qui « procède, lui aussi, de l'arrivée dans l'île des colonisateurs blancs » ; « si… il a été amené à se poser la question de savoir s'il était un homme ou pas, c'est parce qu'on lui contestait cette réalité d'homme » ; le refuge dans la « sculpture nègre » et l'irrationnel (« ici je suis chez moi ; je suis bâti d'irrationnel »), termes « pareillement inacceptables », et le « tendre vers l'universel » ; « Pour le nègre qui travaille dans les plantations de canne du Robert, il n'y a qu'une solution : la lutte ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,79–0,83.)
- Non indexés, signalés dans le cours — (à vérifier sur l'édition avant tout usage) : W. E. B. Du Bois, la « double conscience », se voir par les yeux d'un monde qui méprise (The Souls of Black Folk, 1903) ; Sojourner Truth, « Ain't I a Woman ? » (discours de 1851, tel que transmis par la tradition) ; Harriet Jacobs, Incidents in the Life of a Slave Girl (1861), l'inapplicabilité des normes morales au corps esclave. (Tous non indexés au corpus — à vérifier.) Rapprochements interprétatifs, non indexés : Hegel, maître/esclave (S7c12) ; Honneth, le mépris (S9c10) ; Valladolid, « qui est pleinement humain » (S7c2) ; le paradoxe de la valorisation (saison 1) ; Butler, précarité et vies pleurables (S11c5, cours suivant). (Tous non indexés au corpus — à vérifier.)
- Judith Butler, Precarious Life. The Powers of Mourning and Violence (Verso, 2004) — vulnérabilité primaire et déni : « a primary vulnerability to others, one that one cannot will away without ceasing to be human » ; les formes contemporaines de souveraineté nationale comme effort pour surmonter « an impressionability and violability that are ineradicable dimensions of human dependency and sociality ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,83.)
- Butler, Precarious Life — le deuil comme désorientation du « je » : « The disorientation of grief — "Who have I become?" or, indeed, "What is left of me?" "What is it in the Other that I have lost?" — posits the "I" in the mode of unknowingness » ; passage de la mélancolie narcissique à la considération de la vulnérabilité d'autrui, d'où peut émerger un principe de protection fondé sur « an apprehension of a common human vulnerability ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,84.)
- Butler, Precarious Life — vulnérabilité différentielle et précarité ontologique : « I do not mean to deny that vulnerability is differentiated, that it is allocated differentially across the globe » ; « to speak in its "name" is already (and perhaps only) to fathom its possibility » ; « becomes highly exacerbated under certain social and political conditions, especially those in which violence is a way of life and the means to secure self-defense are limited » ; « Mindfulness of this vulnerability can become the basis of claims for non-military political solutions, just as denial of this vulnerability through a fantasy of mastery [...] can fuel the instruments of war ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,84.)
- Butler, Precarious Life — statut inargumentable de la thèse : « these dimensions of human vulnerability [...] function, in effect, as the limits of the arguable, even perhaps as the fecundity of the inarguable » ; « reimagining the possibility of community on the basis of vulnerability and loss ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,84.)
- Butler, Precarious Life, préface — grievabilité et national melancholia : « Some lives are grievable, and others are not; the differential allocation of grievability that decides what kind of subject is and must be grieved, and which kind of subject must not, operates to produce and maintain certain exclusionary conceptions of who is normatively human: what counts as a livable life and a grievable death? » ; « a national melancholia, understood as a disavowed mourning, follows upon the erasure from public representations of the names, images, and narratives of those the US has killed ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,83.)
- Butler, Precarious Life — deuil refusé, victime paranoïaque, napalm : Bush appelant « an end to grief » dix jours après ; « the paranoid victim who regenerates infinitely the justifications for war » ; les images des enfants brûlés au napalm au Vietnam, « precisely pictures we were not supposed to see », qui révélèrent « the precariousness of those lives we destroyed ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,83.)
- Butler, Precarious Life — cadres, humanisation/déshumanisation, visage levinassien : les récits du World Trade Center qui « stage the scene and provide the narrative means by which "the human" in its grievability is established » vs « we cannot find in the public media [...] the narratives of Arab lives killed elsewhere by brutal means » ; « through what logic of exclusion, what practice of effacement and denominalization » ; les visages de ben Laden / Arafat / Saddam : « they are framed surely, but they are also playing to the frame [...] invariably tendentious » ; « personification sometimes performs its own dehumanization ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,73–0,74.)
- Non indexés, signalés dans le cours — (à vérifier sur l'édition avant tout usage) : Judith Butler, Frames of War. When Is Life Grievable? (2009), prolongement direct de la notion de « frames » et de « grievability » — non retrouvé au corpus Weaviate, mobilisé seulement comme arrière-plan conceptuel. Contexte historique (attentats du 11 septembre 2001, guerre d'Afghanistan et d'Irak, discours de G. W. Bush). Rapprochements interprétatifs, tous non indexés : Levinas (S9c2, l'exposition et le visage — Butler dialogue explicitement avec lui dans le texte, mais la mise en série est notre construction) ; Arendt (S8c12, le droit d'avoir des droits — la vie hors-cadre comme perte de la place dans le monde) ; Fanon (S11c4, le corps surdéterminé du dehors par le regard) ; le paradoxe de la valorisation (S1c7) ; la politique du corps en assemblée annoncée pour le cours suivant. (Tous non indexés au corpus — à vérifier.)
- Saba Mahmood, Politics of Piety: The Islamic Revival and the Feminist Subject (2005) — le dilemme féministe : « women's active support for socioreligious movements that sustain principles of female subordination poses a dilemma for feminist analysts » ; « women's subordination to feminine virtues, such as shyness, modesty, and humility, appears to be the necessary condition for their enhanced public role in religious and political life ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,81.)
- Mahmood, Politics of Piety — la critique de la résistance et l'universalité présupposée du désir de liberté : « the universality of the desire — central for liberal and progressive thought, and presupposed by the concept of resistance it authorizes — to be free from relations of subordination » ; « this positing of women's agency as consubstantial with resistance to relations of domination, and the concomitant naturalization of freedom as a social ideal, are not simply analytical oversights » ; « Freedom is normative to feminism, as it is to liberalism » ; « does the category of resistance impose a teleology of progressive politics on the analytics of power… ? ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,81.)
- Mahmood, Politics of Piety — contre l'orientalisme et l'essentialisme, le désir comme construction discursive : « if we accept the notion that all forms of desire are discursively organized… it is important to interrogate the practical and conceptual conditions under which different forms of desire emerge, including desire for submission to recognized authority » ; « we cannot treat as natural and imitable only those desires that ensure the emergence of feminist politics » ; « liberal assumptions about what constitutes human nature and agency have become integral to our humanist intellectual traditions ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,82.)
- Mahmood, Politics of Piety — l'agency au-delà du couple soumission/transgression, la lecture de Foucault, le corps : « ethics… refers to those practices, techniques, and discourses through which a subject transforms herself in order to achieve a particular state of being, happiness, or truth » ; « the subject of Foucault's analysis is not a voluntaristic, autonomous subject who fashions herself in a protean manner… the subject is formed within the limits of a historically specific set of formative practices » ; « the body is not a medium of signification but the substance and the necessary tool through which the embodied subject is formed ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,78–0,82.)
- Mahmood, Politics of Piety — la domination masculine n'est pas niée : le discours de la piété est « shot through… with assumptions that secure male domination » ; l'analyse « must also engage the entire edifice of male superiority upon which this discourse is built ». (Vérifié au RAG, cert. ~0,82.)
- Non indexés, signalés dans le cours — (à vérifier sur l'édition avant tout usage) : Gayatri Chakravorty Spivak, « Can the Subaltern Speak? » (1988) — la thèse de l'impossibilité pour la subalterne de parler et d'être entendue, le terme « subalterne » repris de Gramsci, la position la plus basse occupée par la femme, l'exemple de la sati dans l'Inde coloniale, et la formule « white men saving brown women from brown men » (des hommes blancs sauvant des femmes brunes d'hommes bruns) — citations et reconstruction de mémoire, non retrouvées au RAG. Rapprochements interprétatifs, tous non indexés : Las Casas / la controverse de Valladolid 1550 (S7c2, « qui parle pour l'Indien ») ; Kandiaronk / Lahontan (S7c3, la voix amérindienne retournée contre la civilisation) ; la saison 10 (« parler pour les sans-voix ») ; le paradoxe de la valorisation (S1c7) ; le double critère de la série (indifférence vs annexion). (Tous non indexés au corpus — à vérifier.)